Musicienne prolifique, douée et inspirée, elle rencontre Darren Seltmann en 1999, leader du groupe The Avalanches,
pour qui elle chante dès leur premier album Since I left You. Contrairement au titre, ils ne se quittent plus et se
marient en 2003. Sally Mary Seltmann tombe dans la marmite de l’indie-pop en 1992, monte son premier projet power
pop Lustre 4, rencontre Ben Lee lors d’une soirée anniversaire ( étant nés tous deux le 11 septembre), participe à
l’écriture de chansons pour le groupe Bowers jusqu’à ce qu’elle se lance en solo avec New Buffalo.
La jeune femme orchestre de 25 ans, mixe, arrange, joue la majorité des instruments et chante sur ses titres,
modelés d’une main de maître. Sur The Last Beautiful Day qui offre la participation de Beth Orton aux choeurs et de
Jim White à la batterie, Sally Seltmann assure la basse, la guitare acoustique et électronique, les claviers, le chant,
le piano ; Liste agrémentée d’orgue, saxophone, flûte, de percussions et d’accordéon qu’elle manie avec dextérité sur
Somewhere, Anywhere.
Second album paru sous son nom Sally Seltmann, Hey Daydreamer offre pour la première fois l'apparition
de sa fille Judy aux synthétiseurs, batterie et aux percussions tandis que le papa et époux Darren est aux commandes :
producteur, arrangeur, aux percussions aussi et à la programmation. Sally compose les 11 morceaux, orchestrés avec
une pluie d'instruments, distribués avec parcimonie, délicatesse et jamais de grandiloquence. Il y a donc, de la
harpe, de la clarinette, du saxophone, de l'orgue, du trombone, de la trompette, de la flûte, et la musicienne assure elle-
même et arrange parfois aussi seule la batterie, les guitares, le piano, melodion, la basse et
quelques claviers, en bonus du chant toujours merveilleux et raffiné.
Ses textes truculents dans une veine narrative ou intimiste nous embarquent facilement, collent le sourire aux
lèvres ou créent l'émotion qui fait dresser le poil. L'auteur a de l'humour et assez de fantaisie à partager dans ses textes
sagaces pour créer des ambiances, peindre des décors comme sur Billy avec sa virevoltante rythmique et sa
revigorante video. A l'écoute de Hey Daydreamer on pense aux heures de gloire du cinéma, à la littérature, aux
trillers comme sur la poppeuse The Small Hotel quand la joyeuse Needle in the Hay évoque davantage la magie de la
Mélodie du Bonheur ou du Magicien d'Oz avec ses contes et ses mystères. Puis l'instrumentation intelligente se
poursuit avec le melodion de Dear Mr Heartless où Sally aiguise sa plume et son grain de voix pour proposer un titre
savoureusement dansant, plein de cuivres et de roulements de tambour, saupoudrés de harpe
hautement présente également sur le féerique Right Back Where I Started From, racé et pomponné grâce aux
percussions et à la basse mirifique. Quant à I Will Not Wear Your Wedding Ring, typé et imaginatif, sophistiqué et
rusé, il est orchestré avec des flûtes épicées, des harpes et des trombones mutins qui offrent une ambiance
cinématographique des sixties. La harpe et la rythmique parfumées aux caraibes de Catch of the Day nous emmènent aussi sur
les plages dorées et sous les palmiers pour une piqure de chaleur avec des cuivres brulants qui accompagnent un
texte poétique. Seed of Doubt ouvre une fenêtre intime, sur l'insécurité amoureuse, agrémentée de violons et de
choeurs pop, comme Holly Drive et States and Spaces qui suivent le même schéma sentimental où Sally avoue tous
ses sincères et forts sentiments à l'élu en déroulant un tapis de vulnérabilité sur des guitares country qui évoque le
film Paris-Texas ou bien qui parle de son enfance, son chemin, ses regrets et ses satisfactions. Touchant et
émouvant, Hey Daydreamer est mis en exergue par l'instrumentation et la voix majestueuse de Sally Seltmann qui
signe là encore un album aérien, quintessencié qui fait partie de mes favoris cette année 2014.
SallySeltmannSallySeltmannPiggledyPop2012
