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dimanche 7 septembre 2014

Jim Noir

En 2005, je diffusais Jim Noir dans mon émission d’indie-pop sur Radio Campus. Cette année là, il sortait son premier disque, enregistré à Manchester, chez lui, sur son ordinateur. Inconnu à cette époque, Alan Roberts alias Jim Noir est devenu depuis une référence de la pop électronique psychédélique. Ce garçon est un phénomène ; Il joue lui-même tous les instruments sur ses disques, basse, guitare, claviers, batterie et chante. En plus d'être l'égérie d'adidas pour les musiques de pub, son allure british élégante, sa personnalité fantaisiste et juvénile font de lui un artiste à part dans le monde de la pop. Car Jim Noir dès 2005 frappe fort avec son opus Tower of Love, qui comprend Eanie Meany et My Patch les deux titres les plus entendus dans les pub, les jingles, les films, les séries etc. En 2008, son album éponyme Jim Noir confirme le talent de l’artiste qui entouré de ses musiciens pour les concerts, assure des tournées internationales. Son extravagante apparence cache une grande sobriété et un savoir-faire efficace. Ses mélodies alternatives superbement composées et exécutées rappellent l’univers des Beach Boys avec une pointe d’humour et de naïvité en bonus. Naturel, instantané, Jim Noir parvient à véhiculer son âme rafraichissante derechef dans le dernier ep de 6 titres, Zooper Dooper, paru en Novembre 2010.

J'écrivais en 2008 "Le jeune anglais garde pourtant la tête sur les épaules avec cette soudaine gloire, difficile exercice quand on sait que sa tête est naturellement dans la lune. Jim Noir est atypique, une sorte de clown de la pop, avec un humour excentrique unique; british jusqu'aux bouts des ongles. C'est chez lui que l'aventure commence, devant l'écran de son ordinateur où il compose des mélodies fracassantes de sons sixties; ce dont il parle dans Computer Song. Gérant des samples de voix et des logiciels de composition, il s'amuse à créer des airs electro-pop psychédéliques. Son premier album sera d'ailleurs enregistré au domicile de ses parents, dans la banlieue de Manchester."
Après l'excellent Jimmy's Show de 2012, c'est toujours à Manchester que Jim Noir compose Finnish Line annoncé pour novembre 2014 dont le titre The Broadway Jets en téléchargement libre sur son site fait office de mèche. Etant fan, je ne suis effectivement pas objective. Le nombre de fans accroit depuis presque une décennie, nous sommes donc nombreux à manquer d'objectivité et c'est tant mieux pour Jim Noir qui prépare actuellement ses cordes, démêle ses câbles pour une sacrée belle tournée qui débute le mois prochain en Angleterre.

L'artiste qui choisi son nom de scène en rendant hommage à Jim Moir alias Vic Reeves a écrit et composé 13 fantastiques morceaux en 2012 sur Jimmy's Show, qui avec ses deux sublimes titres X Marks the Spot et The Tired Hairy Man With Parts nous transporte d'emblée dans l'univers pop psychédélique du maestro. Sur ses textes naifs et enfantins, l'orchestration et les arrangements sont très étudiés et matures. L'excentrique est exigeant, cette qualité tartine chaque titre de personnalité drôle, frivole alliée au perfectionnisme. Son don pour créer des mélodies entêtantes étincelle tout comme son interprétation car là encore Jim Noir joue tous les instruments et chante avec l'exactitude pour les choeurs de Brian Wilson. Son travail de bonne facture paie. Après Tea, Sunny parcourt ses influences sixties toujours flamboyantes et justes. On pense à Harry Nilsson, Gruff Rhys, avec cette griffe singulière Noir qui au fil des années se confirme. Aimant l'orgue, entouré ici par le New York Brass, Jim utilise beaucoup les samples electro pour broder comme sur Ping Pong Time Tennis, dansant et planant, suivi du poppeux Driving My Escort Cosworth To the Cake Circus où le musicien excelle à la guitare. JJC Sports est Groovy, rythmé de tempo bossa qui continue la bonne humeur ambiante pour une ballade, mug de thé à la main dans un jardin anglais admirant clopin-clopant, oiseaux, poissons, arbres, fleurs sous le soleil. Les harmonies irradiantes épousent les étoiles sur The Cheese of Jim's Command, moderne, fleuri de synthétiseurs. Puis l'histoire de Old Man Cyril attire l'oreille délicatement, avec sa trame psyché à la Sergent Pepper qui dans le même schéma déroule le tapis sonore à Timepiece. Praise For Your Mother change de climat avec une guitare plus jazzy, un boogie rafraichissant où les trompettes du New-York Brass nous cueillent. Son profil de compositeur s'approchant de Donovan, Herb Alpert, des Kinks agrémenté des notes sixties délicieuses de Under the tree, avant dernier morceau de l'album, ornée de flûte, guitare, basse fait de Jim Noir un grand compositeur de pop qui ne joue pas des coudes pour être dans le sillage des grands. Fishes and Dishes termine l'album Jimmy's Show avec une mélodie alternative parfaite, prouvant le talent, l'expérience, l'aura de dandy fantasque de Jim Noir qui ne se prend jamais au sérieux, devenu certainement le Yoda le moins sage de l'indie-pop.
JimNoir