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dimanche 6 juillet 2014

Tullycraft

Tullycraft est un des rares groupes de pop légendaires encore actif depuis 1995 quand il se forme à Seattle avec Gary Miklusek à la guitare et chant, Jeff Fell à la batterie et Sean Tollefson à la basse et chant. Très vite après la rencontre de ces trois musiciens, se joignent à eux le guitariste et pianiste Chris Munford ainsi que le guitariste Harold Hollingsworth. L'équipe Tullycraft est prête pour les concerts et le premier single porte un titre qui décrit l'esprit taquin et bon-enfant des compositions, Pop Songs Your New Boyfriend’s Too Stupid To Know About. L'opus Old Traditions, New Standards fait un carton, le groupe part sur les routes américaines pour le présenter et récolte un franc succès qui passe les frontières, des labels japonais, allemands, et anglais souhaitant aussi signer leur disque. Puis à peine deux ans plus tard la naissance de Tullycraft, en 1998 sort le second album City of Subarus et suite à la participation au popfest de San Francisco, Gary Miklusek quitte le navire.

Il faudra attendre 2002 pour écouter l'estival troisième volet signé chez Darla Records, Beat Surf Fun, avec des titres ensoleillés qui seront joués cette fois lors d'une tournée internationale qui mène la bande en Scandinavie, Pays-bas et en Angleterre . Voilà Tullycraft en route pour une renommée internationale, portant le drapeau de la nouvelle twee-pop américaine, originale, qui sera reprise à maintes reprises par ses pairs : Rose Melberg, Darren Hanlon, The Smitten, Math and Physics Club etc, notamment sur la compilation de reprises Wish I'd Kept A Scrapbook: A Tribute to Tullycraft.

Au moment de la préparation de Disenchanted Hearts Unite en 2004, Harold Hollingsworth quitte le groupe, remplacé par Corianton Hale toujours membre de Tullycraft depuis, tout comme la chanteuse Jenny Mears. Tullycraft honorera le festival texan SXSW en 2006 et 2007 de sa présence pour enchainer sur l'enregistrement de Every Scene Needs A Center. Sean Tollefson, Jeff Fell, Jenny Mears, Corianton Hale et Chris Munford se retrouvent pour un sixième album en 2013, nommé Lost in Light Rotation avec l'appui des deux labels fidèles au groupe, Magic Marker Records côté américain, Fortuna Pop côté anglais ainsi que l'enrobage sonore de grande qualité exécutée par l'ingénieur Phil Ek (The Shins, Fleet Foxes, Band of Horses, Modest Mouse, The Walkmen, Irving etc). Les Tullycraft connus pour être des personnes qui ne se prennent pas au sérieux, réussissent à signer un bien bel album 20 ans après la création du groupe, stable en matière de talent et de belle humeur. Sean Tollefson concocte des textes souriants, imagés et colorés, qu'il entonne avec de l'immédiateté dans la voix et de la grâce dans les duos avec Jenny. Lost in Light Rotation offre des mélodies énergiques et ensoleillées comme From Witchita with love ou No Tic, All Tac et ses riffs de guitares fifties ornée d'une âme soul, groove et twee-pop présente dans la basse de Mark McKenzie et la trompette d'Evan Mosher. Le bondissant Agincourt ouvre l'album pour continuer sur le langoureux et mélancolique Queenie Co, les deux titres évoquant la pop dont Sean est nostalgique. Puis Lost in Light Rotation et Westchester Turnabouts, sont dansants quand les guitares rock de Chris et de Corianton, la basse groovy de Mark et la batterie stylée de Jeff qui habillent les airs d'une rythmique sixties. La plume de Sean délicatement acerbe et parfois sarcastique pour décrire le milieu indie-pop se déchaine sur From Wichita with Love, fleurie savamment de sonorités pop comme sur Elks Lodge Riot. L'ironie est légère, les rythmes voltigent sur Digging up the Graves dont les choeurs sont typés sixties et fifties via les guitares surf pop de Wake up, Wake Up pour conclure sur la superbe balade Anacortes. Plein de mélodies éfficaces, de sons accrocheurs, d'une pop romantique et poétique, Lost in Light Rotation, avec ses métaphores et ses références, est un cadeau pour les fans de Tullycraft et certainement un bijou pour attirer de nouveaux auditeurs.
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