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vendredi 27 juin 2014

Math and Physics Club

Math and Physics Club, trio pop américain de Seattle, fait partie des 10 groupes privilégiés de Piggledy Pop. Parmi ceux-ci, il y a aussi les Lucksmiths et Fred Astereo avec qui les Math and Physics Club partagent la scène à maintes reprises. Signés en 2004 sur le label australien Matinée Recordings, leur premier EP, Weekends Away ne tarde pas à être remarqué par les amateurs du genre, à être chouchouté par les radios indépendantes et blogs. Suit en 2005, Movie Ending Romance, EP de quatre titres, brillant et efficace. Après une tournée aux côtés des Lucksmiths, une compilation comprenant les Acid House Kings, Loveninjas, et les Sambassadeur, Math and physics Club sort en 2006 son premier album éponyme.
MatineeRecordings

Dans les règles de l’art pop, avec le travail de l’ingénieur son et producteur Kevin Suggs (Walkabouts), le groupe composé de Charles Bert (chant, guitare), James Werl (guitare), Ethan Jones (basse), Kevin Emerson (batterie) et Saundrah Humphrey (violon), compose 10 titres fantastiques et magiques; Coup d’éclat pour un opus. Annonciateur d’une suite royale, Math and Physics Club freine néanmoins ses productions, la paternité de Charles et James, puis le départ de Kevin et Saundrah leur faisant faire un petit détour. En 2007, le EP Baby i’m Yours permet d’aider à patienter ces trois années pour enfin pouvoir savourer ce superbe deuxième album, I Shouldn’t Look as Good as I do, paru en juin 2010 dont je parle là : mathandphysicsclubPiggledyPop

En novembre 2013, le groupe amoureux des Smiths et de Tullycraft revient avec l'album Our Hearts Beat Out Loud et sa première balade qui ouvre le disque, We Won't Keep Secrets, dansante, joviale aux guitares dynamiques et au texte romantique. Toujours tirés à quatre épingles, les arrangements sont brodés de fil d'or avec des guitares affûtées garage pop, à la Johnny Marr, des tambourins et une basse qui embrassent une rythmique jangle estivale comme sur Tied To a Stone qui nous raconte les aventures du groupe. Les mélodies ornent des chansons narratives, sortes de keepsakes pop joyeux. We're Not Lost, enflammée, reprend avec finesse le titre de l'album, qui avec des rythmes bondissants et des airs vitaminés est une langoureuse et littérale déclaration d'amour, confirmée avec le rock Long Drag et ses hands-clap musclés. Mandolines et ukulele, guitares aiguisées, basse élancée, batterie vigoureuse montrent un Math and Physics Club au top de sa forme. Orchestré avec élégance et finesse Our Hearts Beat Out Loud explose de sonorités spontanées et parfaites. My Crooked Arms, mélancolique et majestueux, plein de galanterie, avec le chant affirmé du gentleman Charles, intime et éloquent confirme ses sentiments "you still the one that i adore".

Puis We Didn't Run From Anyone, charismatique, titre phare à mes oreilles et surement le plus représentatif de l'univers Math and Physics Club lâche les guitares qui vombrissent sous les doigts de James Werl et de Charles Bert, où les baguettes de la batterie de Kevin Emerson tient une allure géniale au fil de l'écoute, tout comme le fait le resplendissant Ethan Jones à la basse. I Know It's Over offre une rythmique voltigeante et un harmonica dévergondé pour un thème des plus nostalgique, style musicale antinomique où le combo australien excelle pour continuer avec Thank God I Met You et son banjo qui brille sur des harmonies folk et country. Je tire mon chapeau à l'ingénieur Bob Schwenkler qui a su avec un équipement analogique ciblé vintage mettre en place un album râblé et mélodiquement dense. Les guitares rock reprennent de plus belle sur That's What Love Is, dansant, virevoltant qui parle avec poésie d'un groupe de pop, d'une affection particulière, pour terminer dans le même esprit avec le somptueux Road Carry Me Home. La délicatesse du piano, du chant de Charles, du violoncelle de Jen Grady du dernier titre contiennent énormément de charme et de cachet à l'image de l'album entier. Je suis toujours conquise et étonnée, après 10 années de compositions, de tournées, de belles signatures, et ce luxurieux Our Hearts Beat Out Loud se savoure en boucle, me faisant éspèrer une autre décennie d'albums et de concerts des Math & Physics Club.
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