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samedi 3 mai 2014

The Changes

The Changes est un groupe de Chicago qui depuis 2003 compose et joue des chansons pop qui plairont aux amateurs de REM comme à ceux de Phoenix. Avec deux EP auto-produits en poche, le groupe part sur les routes en 2005 et participe notamment au Lollapalooza où le label indépendant Drama Club Records les remarque. En 2006, l'entrée en studio d'enregistrement fournira un superbe album de 12 titres, Today is Tonight. Je remercie chaleureusement Philippe Lavergne de Country Club qui de ses Etats-Unis me conseille des albums avec un goût constamment exquis et m'a glissé à l'oreille ceux de The Changes.

The Changes naissent quand le batteur Jonny Basofin et le guitariste David Rothblatt qui est auteur-compositeur du groupe et chanteur, forment leur premier groupe au lycée, jouent dans les bars. Puis Jonny rencontre le chanteur et guitariste Darren Spitzer. Le trio colle immédiatement sur le plan artistique et personnel quand le bassiste Rob Kallick intègre la formation. Réels amis, Darren dit dans une interview "The Changes are all growing up, and also growing closer than ever. I really don’t know a band that has a friendship like ours". En 2003 ils enregistrent un cinq titres, au joli nom de First of May sur lequel parait la chanson Such a Scene qu'ils réenregistrent pour l'opus Today is Tonight qui ouvre symboliquement sur When i Wake, dansant, rythmé à la douce saveur électro-pop, incroyablement dynamique et qui accroche d'emblée l'oreille pour poursuivre l'appréciation de On a String, une de mes préférées par ses arrangement ficelés au tempo décidé, au chant élègant sur une mélodie qui s'accorde au texte. L'attention est attirée avec le très poppeux Water Of The Gods qui nous embarque en balade guidée par les guitares, basse et batterie alliées sur du hands-clap frénétique. Sisters où les quatre chantent en symbiose évoque l'amitié et le sentiment amoureux sur un beat groovy envoûtant représentant le "heartbeat" fusionnel dont il est question. L'intimité et le swingue dans la voix, la délicatesse du glockenspiel qui se niche dans l'univers electro-pop forment une composition efficace, aussi virevoltante que House of Style, sensuelle et disco, à la batterie enthousiaste. La cascade de guitares et de claviers continue sur Moderne Love dans une veine pop rock abondante et progressive. The Changes réussissent à juxtaposer les éléments de l'indie-pop à l'electro avec justesse et maitrise.

Twilight, plus clairement disco-pop ensoleillé avec ses choeurs, son tempo endiablé et convaincant prépare à The Machine qui  persuade et interpelle avec l'accompagnement du chant du quartet et des instruments qui s'imbriquent à la perfection jusqu'à la nouvelle version de Such A Scene, attachante par sa rythmique et ses guitares instantanées, presque féroces. Arrive le suave In the Dark qui parle de séparation sur une mélodie magnifique de charme . Puis l'originale Her, You And I dont le thème reste personnel à son auteur me fait penser à une mélopée de Phoenix, entrainante et toujours dans une progression drapée de suspens, avant la dernière chanson, When i Sleep qui répond à la première pour boucler la boucle. Avec son chant précieux, à la limite de la vulnérabilité et sa batterie galvanisante, son clavier princier et ses guitares taquinantes, le funky et les harmonies vocales présents sur l'ensemble de l'album clôturent l'écoute avec beauté.

Après six ans, The Changes remet le couvert avec éloquence en signant le deuxième album American Master qui en tous points à la même griffe que le premier, dévoilant la personnalité de David Rothblatt dans sa constance et sa force pour la composition et l'écriture. A Mystery ouvre le bal pour être suivi par le succulent et dodu Bones. Puis la folkeuse balade, No One Wants to be Alone qui fait penser aux 3 Paul, Weller, MacCartney et Simon est voltigeante. Mask à l'univers inquiétant du personnage masqué dans un château fourni de bougies et de fantômes est réussie, un peu rock et parfois seventies qui laisse place à Logan Square, impeccable, plus proche de l'atmosphère de Johnny Marr avec des choeurs pop raffinés. I woke Up emmène avec ses guitares engageantes qui font penser à Wilco, mais aussi au The Spinto Band, The Futureheads, The 1900s, The Thrills, Ted Leo and the Pharmacists, Stephen Malkmus, Metric, The Walkmen, Kaiser Chiefs, The Cinematics, groupes avec qui The Changes a partagé la scène ces dernières années. Gas Station Girl nous cueille aussi avec sa voix en écho, la batterie et la basse irrésistibles qui ornent le refrain entêtant et dansant. It was Saturday, charnel et flamboyant de cordes, continue de prouver le talent de The Changes pour la création de pépites pop.

Quand In My Mind débarque, on comprend qu'il reste des cartouches à David Rothblatt et à Darren Spitzer dont le savoir-faire se marie pour un résultat somptueux. La mélodie géniale et le profil aérien et enlevé de In My Mind restent justement en tête quand s'invite Stays in your Heart, funky, groovy, rock et pop d'une qualité infinie. Never Blue est une déclaration d'amour, langoureuse fort séduisante avec des choeurs beachboysiens, dernier titre de American Master qui prouve le don d'auteur-compositeur de Rothblatt et l'osmose qui règne au sein du groupe tant les éléments, les instruments se mêlent de manière naturelle et limpide. The Changes qui aiment Sea and Cake et Aluminum Group, deux autres groupes de Chicago, proposent deux albums magnifiques d'un groove contagieux et définitivement séduisant.
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