Translate

lundi 26 mai 2014

Marc Morvan et Ben Jarry "Ophelia"


Je suis admiratrice et fan de l'univers du duo depuis l'été 2010 quand j'écris: "Marc Morvan & Ben Jarry sont deux artistes qui se rencontrent en 2006, après avoir chacun évolué dans d’autres formations musicales dans les années 2000. Marc menait le groupe Three Guys never in, Benjamin était bassiste de Moesgaard et a joué avec Matt Eliott. Venant du pays nantais, Marc écrit et compose les titres de leur opus Udolpho sorti en 2009 et Benjamin y apporte sa griffe dans les arrangements de violoncelle. La surprise et l’originalité viennent aussi du fait que Marc Morvan et Ben Jarry soient français. Leur musique transgresse les frontières, les influences anglosaxonnes. Avec ces 10 purs joyaux mélodieux, on voyage autant dans les pays slaves, sur les tours de châteaux écossais (pochette de l’album), les plaines américaines ou sur les cimes néo zélandaises ; Voyage musical majestueux intemporel et inaltérable de qualité. La dentelle instrumentale du fond est couronnée par les textes de Marc, poétiques, qui résonnent tels des sonnets de Du Bellay, passionnés et esquissés comme des peintures de Blake. L’âme de Udolpho est romantique. Les textes en anglais sont recherchés, c’est un travail d’écriture admirable."
MarcMorvanBenJarryPiggledyPop2010
En 2014, David Bobee, jeune Directeur de la Scène Nationale de Rouen, demande au duo Marc Morvan et Ben Jarry d'accompagner sous forme de concerts, la tournée de la mise en scène d'Hamlet de Shakespeare . Même si ce projet a pris l'eau, un magnifique disque emmerge et sortira en Septembre 2014 sous le nom d'Ophelia avec 5 superbes titres dont Marc Morvan et Ben Jarry ont puisé les textes parmi une séléction présentée par David Bobee. L'adaptation du duo est incroyablement réussie, éblouissante de cohérence quant à l'écriture romanesque de Shakespeare. Marc et Ben avec leur jeu de notes magistrales, nous propulsent à la cour du Danemark avec élégance. Le chant de Marc Morvan sur ses accords de guitare et l'énergie de Ben Jarry qui fait vibrer son violoncelle sont enivrants. Le voyage musical dans le temps et l'espace proposé est sublime. Le duo approche le domaine passionnant du théâtre après avoir conquis celui du roman en 2009 avec toujours le talent et l'inspiration à couper le souffle. Dans l'hexagone, Marc Morvan et Ben Jarry sont les seuls à savoir toucher à l'essentiel, faire rêver d'autres contrées et d'autres époques avec leurs deux nobles clés de voûte, la guitare et le violoncelle qui pour Ophelia sont agrémentés d'un quatuor à cordes et du son divinement précis de la batterie de Basile Ferriot. Ophelia est un bouquet de mélodies, de ritournelles magiques et époustouflantes. Pour décrire ce travail d'orfèvres, j'appose à ce billet le texte original de Shakespeare qui gagne en arôme, en douceur, grâce au chant de Marc et qui je l'éspère vous donnera aussi l'envie d'écouter les cinq titres en ouvrant Hamlet. MarcMorvanBenJarry

The Ghost fait référence au spectre du roi défunt, père du prince Hamlet qui lui demande de le venger.
I am thy father's spirit,
Doom'd for a certain term to walk the night,
And for the day confined to fast in fires,
Till the foul crimes done in my days of nature
Are burnt and purged away. But that I am forbid
To tell the secrets of my prison-house,
I could a tale unfold whose lightest word
Would harrow up thy soul, freeze thy young blood,
Make thy two eyes, like stars, start from their spheres,
Thy knotted and combined locks to part
And each particular hair to stand on end,
But this eternal blazon must not be
To ears of flesh and blood. List, list, O, list!
If thou didst ever thy dear father love

The play within The Play est une conversation entre le roi Claudius et sa femme, la reine Gertrude (mère d'Hamlet, remariée à Claudius après la mort du père d'Hamlet, plein d'amertume et de reproches). L'ensemble de cordes, la batterie et le piano se marient à la partition fabuleuse de Ben Jarry et du son un peu bossa de la guitare de Marc Morvan.
KING : Faith, I must leave thee, love, and shortly too;
My operant powers their functions leave to do:
And thou shalt live in this fair world behind,
Honour'd, beloved; and haply one as kind
For husband shalt thou
QUEEN : O, confound the rest!
Such love must needs be treason in my breast
Both here and hence pursue me lasting strife,
If, once a widow, ever I be wife!
Sleep rock thy brain,
And never come mischance between us twain!
Dear Ophelia est une lettre d'amour d'Hamlet qui sombre dans la paranoia et la folie, lettre destinée à Ophelie. L'acte 3 met en scène le monologue To be or not to be. La lettre est lue par le père d'Ophelie, Polonius, seigneur chambellan qui met en garde sa fille contre les avances d'Hamlet. L'excellente mélodie mélancolique et romantique nous cueille et nous transporte avec délice dans l'Angleterre du 17ème siècle.
Doubt thou the stars are fire,
Doubt that the sun doth move,
Doubt truth to be a liar,
But never doubt I love.
O dear Ophelia, I am ill at these numbers.
I have not art to reckon my groans,
but that I love thee best, oh, most best, believe it. Adieu.
Thine evermore, most dear lady,
whilst this machine is to him,
Hamlet.”

Rose of may est l'image symbolique d'Ophelie qui est entourée de fleurs pendant toute la pièce, Shakespeare la métamorphose en rose. Ophélie apprend la mort de son père, Polonius, tué par Hamlet, perd la raison et chante, ici grâce au grain de voix de l'anglaise Eléonore James qui est installée en France et vit en Bretagne. Le chant, l'instrumentation, montrent en tous points l'avancée d'Ophelie dans le chagrin et la folie. Les arrangements de guitare et de violoncelle nous embarquent et nous enchantent, tout comme le grain de voix d'Eleonore, angélique et envoûtant.
You must sing "a-down a-down," and you call him a-down-a.
For bonny sweet Robin is all my joy
O heat, dry up my brains! tears seven times salt
By heaven, thy madness shall be paid by weight
Hey non nonny, nonny, hey nonny
And in his grave rain'd many a tear"
Fare you well, my dove
O rose of May!
sweet Ophelia
You must sing "a-down a-down," and you call him a-down-a
Go to thy death-bed
He never will come again
Thought and affliction, passion, hell itself,
She turns to favour and to prettiness
pray, love, remember
And will he not come again?
No, no, he is dead
O rose of May!
sweet Ophelia
O heat, dry up my brains! tears seven times salt

Battlefield 
Battlefield est un morceau instrumental grandiose qui est en symbiose avec le dernier acte où Ophelie se suicide, son frère Laerte qui voue une haine envers Hamlet et un sentiment de vengeance en vient aux mains avec Hamlet mais dans la bataille se blesse lui-même avec une lame empoisonnée. Au dernier moment, les deux se réconcilient avec le dénouement de l'histoire et les révélations sur les meurtres du père d'Hamlet et de celui d'Ophelie.