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vendredi 16 mai 2014

Constantin Veis

L'excellent label situé à Seattle, Jigsaw Records a la fine idée et le juste goût de signer Constantin Veis le 6 mai 2014 pour son nouvel album Resurrected Elsewhere sous le pseudo The Glamorous Life Savers. Constantin Veis qui grandit aux Etats-Unis, originaire de Grèce, est un as de la pop, auteur-compositeur qui fait swinguer les dieux de l'Olympe, apparait avec son opus Memory-la en 2002. Avec son frère Alexis Veis, Constantin forme le duo Fantastic Something dès 1983, concocte deux albums géniaux : l'opus éponyme en 1985 puis en 2001 le brillant et chaudement recommandé, Songs in a Small Room. A l'époque, c'est le label de Mike Alway, le fameux Cherry Red, qui au beau milieu de ses nombreuses bonnes intuitions, accueille les frères Veis. Les notes que déverse Fantastic Something sont estivales, sucrées et saupoudrées de mellow pop délicate et élégante à l'image du duo, dans la veine des Pale Fountains, The Monochrome Set, Blueboy, ou The Weather Prophets.

Constantin en solo quitte son nom cette année pour le pseudo charmant The Glamorous Life Savers qui effectivement, via ce nouvel album Resurrected Elsewhere, ressuscite le glamour avec sa griffe pop, mélodieuse, inspirée par ses expériences, la littérature comme sur son titre de 2002, Run Again Tom Sawyer. Sur ces 12 récents morceaux, il réussit là encore à compresser ses aventures et ses histoires bucoliques en carte postale musicale. Constantin est l'héritier spirituel de Burt Bacharach et de Harry Nilsson, imprégné des Beatles et de Simon & Garfunkel. On soupçonne dans ses textes une pureté dans les sentiments, une imagination fertile de qualité, un don pour l'orchestration. Le stylé ultra pop Sweet Hill Observatory ouvre le bal avec la voix chaleureuse de Constantin qui entonne "all my life i know there are feelings i won't show" sur des guitares fantastiques. La bonne humeur harmonieuse et dansante se poursuit sur True and Diamond, toujours aussi fournie de guitares et d'une basse balançant des notes bossa et indie à souhait quand Always been this Way déroule une rythmique efficace et un harmonica récréatif sur un texte mélancolique qui roucoule aux oreilles. Le titre Wish this Side was Gold véhicule l'âme de Simon & Garfunkel avec de l'excellence dans les arrangements.


La performance vocale est offerte comme un bouquet de pop. Constantin brille dans l'interprétation sur The First World i ever Made, plein de fraicheur et de poésie médièvale emmenée par la flûte, la guitare classique et les choeurs. L'esprit classique continue avec la trompette et la mandoline du sublime Excess Rings Of Mellow Tones qui fait penser à Nichols et à Donovan. Puis sur Swing The World By Its Tail, les orteils et les hanches se tortillent, avec une basse qui taquine, un rythme pop disco enveloppé d'une batterie et de guitares électriques démoniaquement subtiles. Sur la géniale Everybody Calls Her The Same Love, le groove continue avec du mélodica et une basse volcanique qui ferait sauter les tresses de Stevie Wonder quand le sunshine pop Barb Wire Cults résonne beatlesien avec une finesse dans la mélodie, dans le jeu de cordes où les harmonies sont parfois garage ou surf pop. Le soleil brille et les UV percent toujours sur la balade One Night Between Two Days et ses arrangements orchestrés folk avec le piano travaillé, précieux, qui arrive dans le somptueux, délicieux et croonant Jesus Fell In Love. Tandis qu'on voit (presque) la lumière divine, de manière plus sure, il y a de la luminosité dans les harmonies et le chant radieux, cristallin de Constantin. L'écoute de Resurrected Elsewhere se termine avec In 2000 Years From Now When We're All Still Around, beau, lyrique et sereinement maitrisé dans la construction. Les thèmes, les mélodies, les structures musicales et vocales donnent envie de s'envelopper de l'univers stellaire de The Glamorous Life Savers.
ConstantinVeis