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lundi 14 avril 2014

Roy Moller

La palette de chansons que signe Roy Moller sur son tout nouvel album One Domino fait voyager dans le temps, l'espace et les arts, parlant du passé, d'Edimbourg à Berlin, de l'architecture à la peinture avec beaucoup de poésie, qui avec la musique est la sève de l'auteur-compositeur écossais.
Il y a deux ans, j'écrivais un billet sur Roy Moller que j'admire : "Roy Moller est un auteur-compositeur interprète écossais que je nomme souvent sur Piggledy Pop parce qu’il est très actif, parce que ses projets en solo mais aussi ceux pour les autres, sont nombreux. Généreux, il aime partager la musique avec ses pairs et opère dans diverses collaborations depuis les Huxleys en 1989 alors qu’il n’a que 16 ans, puis en 1994 il rejoint le groupe Meth O.D en tant que guitariste et forme le projet instrumental The Wow Cafe. En 1997 il participe à l’écriture de The Boy With The Arab Strap, signant en binôme avec Stevie Jackson Seymour Stein et Chickfactor. Il co-écrit aussi sur les autres albums de Belle and Sebastian, Dear Catastrophe Waitress, les singles I'm A Cuckoo et Funny Little Frog, faisant une apparition sur la vidéo The Wrong Girl. Proche de Stevie Jackson, Roy Moller collabore à son album I can’t Get No en y chantant, jouant percussions et piano aux côtés de Rose Melberg, Sarah Martin, Bob Kildea, Chris Geddes, etc... "


Dans le portrait que je trace, j'évoque Bob Dylan, les Kinks, Beatles, Kevin Ayers, Leonard Cohen et Burt Bacharach comme influences mais au fil du temps, Roy Moller devient lui-même une référence dans le monde de la musique pop- indépendante. Il est sans cesse inspiré, enthousiaste et depuis le début de sa carrière, écrit mille et une chansons pop, folk, rock qui swinguent et balancent une joie de vivre brulante. En 2003, sa bonne humeur éclate avec l'EP Maximum Smile, suivi en 2005 des 3 titres sur Fermez La Bouche et la même année 6 titres sur Second City Firsts qui constitueront l'album Speak When I’m Spoken To et dont les 11 titres sublimement pop psychédéliques galopent au son des guitares, claviers sixties, flûte et violon. Musicien, ménestrel et poète, Roy est un prince des mélodies, des harmonies en participant à I Would Write A Thousand Words:tribute to the Television Personnalities puis en lançant le projet The Company avec Stevie Jackson, une communauté d'artistes amis qui font flotter des particules d'humour, de drôlerie et qui jouent du cor, du violon, violoncelle, du sitar, du glockenspiel, batterie, accordéon, de la viole, de l'harmonica, de la trompette, de l’harmonium ; La compagnie est montée avec les autres membres de Belle & Sebastian et les mêmes talentueux lurons, Moller, Jackson, Stuart Kidd et Chris Rea des Wellgreen, qui accompagnent aussi The Euros Child, et qui parallèlement forment les The Store Keys qui mettent en musique parfois le poète George Gallacher .
RoyMoller
StevieJackson
StuartKidd
TheWellgreen

Février 2008, Roy signe avec les Hermit Crabs Join The Dots puis en décembre My Ever Accumulating Losses sur The Glasgow School Of Art Goes avec The Company qui l'accompagne aussi pour Brother Love sur la compilation de juin 2009 d'Indietracks. En 2010, le single More Fool You annonce le futur album de 2011, Playing Songs No One’s Listening To, succulent et magique où Roy Moller apparait de plus en plus proche des univers de David Bowie, Lou Reed et Bob Dylan. L'album contient des titres majestueux comme Rhythm From The Rails, My Skyscrapers, Downstate Update, aux harmonies riches et colorées et aux textes d'un lyrisme infini. L'âme de poète, en commun avec Reed, Dylan et Cohen, fleurit les chansons de Roy Moller mais aussi ses écrits littéraires et poèmes, salués par la critique cette année qui seront récompensés par une publication dans le Appletree Writers de poésie. Outre la poésie, Roy Moller est musicalement fort influencé par Lou Reed et vient d'écrire une oeuvre musicale dédiée à l'artiste new-yorkais, My Week Beats Your Year, qui sortira également cette année.


En 2012, sa fibre poétique, sa voix magnifique qui a des intonations proches de l'autre musicien poéte écossais Lloyd Cole, sa passion pour l'Ecosse avec ses couleurs et son paysage, son amour des auteurs, des peintres, réapparaissent sur le fabuleux The Singing’s Getting Better dont j'écris ceci à sa sortie : " Avec ce titre évocateur, il est peu surprenant de découvrir un album comprenant des balades ‘Roy’ales puissantes, griffées de son auteur, devenu jeune papa entre temps, porteur de bonnes vibrations folk et rock sur Mis-Spent Youth, pop sur l’excellente Pop Music Bores. Tout ce qui est bon à l’oreille y est présent, le clap-hands, le violon de Heather Wellcoat, l’harmonica, glockenspiel, la batterie dynamique de Ian Stoddart et la superbe voix de Monica Queen sur I remember Dreams ou le velvetien All The World. Les orchestrations géniales contiennent l’âme sixties et folk traditionnelle qui se marient à la perfection. Son ami multi-instrumentiste Jonathan Lilley alias Sporting hero, présent dès le premier album Speak When I'm Spoken To, aussi leader de The Gracious Losers, co-produit les titres avec Roy et y redessine le paysage pop. "

Le "scottish" plein de qualités et de brio poursuit son travail en 2013 avec des singles Beneath The Tarmac dont Golden Grey décrit l'amour qu'il porte à sa ville, puis Hidden Realms et Street Oblique qui annoncent la venue du sublime dernier album One Domino. Roy Moller y est aussi volcanique que les collines de la royale Edimbourg qu'il chérit tant et met à l'honneur dans ses 11 compositions. Marc Riley, animateur sur la BBC et musicien, membre de The Fall et qui a joué avec les Happy Mondays, Pixies, Massive Attack et les Cocteau Twins dit "A week ago I’d never heard of him, now I’m his biggest fan" et décrit Roy comme le "Scotland best-kept secret". Roy Moller qui est un guitariste brillant, peaufine Honey Berlin à la guitare électrique et une rythmique endiablée sur le thème de Brigid Polk alias Brigid Berlin, personnage glam du Berlin des années 70 et proche amie d'Andy Warhol dès 1964. L'ambiance artistique, les claviers et les guitares vrombissantes poursuivent sur When i paint my Mantelpiece, qui rappelle le When i paint my Masterpiece de Dylan, en évoquant Henry Robb un armateur fameux écossais actif entre 1930 et 1970, ou encore en citant le prophète d'un culte du cargo pendant les seventies, John Frum.


L'electro-pop Obelisk métaphore faisant référence aux deux aiguilles de Cléopâtre, qui se trouvent l'une à Londres l'autre à New-York, sonne pop des années 80 pour rendre hommage à New Order et son titre Your Silent Face, son new-age qui est fort présent sur le dansant Edinburgh City Control qui ouvre l'hommage enflammé de Roy pour Edimbourg. Redpath poursuit dans le thème en remémorant les peintres comme Gustav Klimt et Redpath (exposée au national galleries of scotland), de l'époque beatnik, qui avaient en inhalant des produits divers, une vision drôle de la religion. Textbook, Textbook repart au quart de tours avec des guitares rock, le chant immédiat et séduisant de Roy qui accompagne un texte épineux d'un type abandonné par sa petite amie, quand Street Oblique avec son piano romantique, sa guitare espiègle et comme le précise Roy enregistrée "late one Thursday evening on what sounds like a full moon" nous ramène à Berlin pour une déclaration d'amour. Puis les guitares aiguisées et mariées au clavier psychédélique nous ramènent à Edimbourg sur Where I Am Is Here qui souligne les endroits favoris de Roy comme Princess Street et le pub The Old Chain Pier où il boit sa toute première pinte, en rendant honneur aux beaux yeux de la réalisatrice Margaret Tait qui tourna un film sur la ville. A Glorious Sunset Mistaken For Dawn, plus electro-disco, est une bande son profilée pour Edimbourg, titre emprunté à Debussy pour décrire le "Wagner’s Das Rheingold", quand le vigoureux Vincent surgit, avec une rythmique vagabonde et ronde sur les distorsions de guitares. Vincent été un ami qui contrairement à Van Gogh dit Roy, avait ses deux oreilles, au point d'alerter tout le monde qu'il y avait une fête un samedi soir chez Roy, fête qui a priori, a laissé un souvenir indélébile. Pour conclure ce tour de magie, le titre One Domino, folk et somptueux, évoque la théorie du domino utilisée pendant la seconde guerre mondiale en 1943. Chaque chanson est une histoire narrée par Roy Moller qui nous dépeind des univers variés avec un don pour la création mélodique et l'interprétation, tellement pop et "scottish", pour finir par un pléonasme, que Roy est devenu l'ambassadeur de la scène alternative pop écossaise et comme je le décrivais auparavant, le héro pour nombre de groupes comme les Belle & Sebastian qui lui ont dédié la chanson Roy Walker. Roy Moller est un hérault de la pop et un héro pour Piggledy Pop.
RoyMollerOneDomino
StereogramLabelRoyMoller