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lundi 28 avril 2014

No Middle Name

C'est sieur David Bailey qui confectionne et signe de sacrées mélopées pop sous le nom de No Middle Name. L'auteur-compositeur anglais non seulement façonne ses chansons comme un grand couturier en les fleurissant de loops, de bruitages, de passages parlés, en rapport avec l'ambiance et le texte, mais il chante aussi comme un doux rossignol. D'ailleurs son univers est printanier, bucolique et pastoral quand les titres parlent d'animaux, de paysages et de saisons avec romantisme et sentiments amoureux. Les guitares et les synthétiseurs mènent la danse soit folk, soit disco-pop, ou pop orchestrale. L'atmosphère y est par ses samples très cinématique, imagée avec des références variées et inspirées du 7ème art, de la littérature et de la musique. Auparavant, David faisait partie du duo The Title Sequence avec Nick Crofts, il se lance depuis 2013 avec son projet solo No Middle Name plus pop et lo-fi en présentant le single Another Season pour lequel Lindsay West apporte sa voix.

Puis en fin d'année, c'est la sortie de l'album éponyme à la fibre dream-pop, tantôt folk, tantôt shoegaze, excellemment réussi. Les mélodies et les harmonies s'embrassent et David Bailey apprête son album de sons dorés et dansants. La qualité des airs et des mots choisis montrent une application et une inspiration prometteuse. Dès Telly je pense à Nick Drake et à Donovan par le chant, le schéma naif et alternatif qui semble simple mais qui ne l'est pas au façonnage tant les accords sont fins accompagnés de "papapa" et d'un tempo délicieux. L'ésthétisme sonore qui orne Donkey est tiré d'extrait télévisés des années 70 quand la note nostalgique poursuit avec le thème de Late Bloomer, à la guitare classique comblée là aussi de samples issus d'émissions de jeunesse de son enfance. La mémoire est attisée par les guitares jangle et smithiennes sur Feels Like The 90s Again qui est une ode amoureuse délicieuse où No Middle Name entonne "she makes me feel like a kid again", se demandant si ses sentiments, partagés ou pas. Les choeurs, les parties de guitares, la batterie et le chant de David sont savoureusement pop comme sur Last One to Know, qui précise ce jeu de mélancolie pop des années 90 avec une ambiance dreamy et atmosphérique magnifique. Pour signer ce superbe album, David a eut la complicité, l'amitié de Rory Mansfield, musicien et ingénieur qui tient le label Mollusc Records qui le signe et l'encourage. Cette co-opération avec Rory Mansfield est aussi artistique sur No Sleep écrite et jouée à quatre mains. Dans une veine plus shoegaze, clairement nineties qui rappelle Ride, les Strokes, dont No Middle Name s'offre une reprise, From the Barrel of a Loaded Gun et One Day proposent le phrasé et le chant de David Bailey qui donne une touche certaine de charme. Owl et son originalité dans les bruitages suit jusqu'à Two Friends, avec sa guitare dansante, son rythme chaloupé et sa mélodie de caractère. Avec l'aide de Roy, c'est David qui produit lui-même ce remarquable et vertueux No Middle Name qui mérite réellement une attention particulière.
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