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dimanche 16 mars 2014

Donna Regina

Les Donna Regina sont depuis les années 90 le duo electro-pop le plus bossa et ensoleillé d'Allemagne. Couple à la vie, à la scène, Regina et Günther Janssen offrent une pop dans la lignée de Stereolab, Lali Puna et Saint-Etienne dont l'élégance et la préciosité, la précision dans leurs compositions electro-pop me touche. Etant une grande admiratrice de leur univers musical, de filmographie et littéraire, je suis encore séduite par leur nouvel album au joli nom Holding The Mirror For Sophia Loren, sorti le 28 février 2014.
Extrait Piggledy Pop de 2010 : Donna Regina qui aime chanter Avec le Temps de Leo Ferré est vite repéré par le label Rough Trade et sort l'opus Lazing away en 1992. Le duo downtempo passe les frontières de Cologne. Suit en 1993, Almaty sur lequel ils reprennent La Madrague, 1994 parait For her Beautiful Heart avec également des titres en français comme Loin de Moi et On dirait.
Regina et Günther rencontrent en 1996 leur nouvel acolyte multi-clavieriste Steffen Irlinger. Leur style electro low-fi fuse et de vrais instruments comme le piano, les guitares, mandoline, métallophone, cuivres complètent les mélodies organiques. La voix cristalline de Regina voltige de plus belle dans A quiet Week in the House de 1999 et ses titres splendides comme Star Ferry II.

2002 est la sortie de leur cinquième disque Northern Classic et le trio passe le Rhin, direction la France. Alors que Regina s'amuse à reprendre C'est la Ouate de Caroline Loeb, le trio présente Late en 2003 à son public de fans naissant et joue sa pop mélancolique à Paris où le producteur du label Tricatel, Bertrand Burgalat, est accroché. Ensemble ils enregistreront le superbe et tricatelien album A Collection Of Little Secrets, sorte de carte postale sonore, un puzzle remixé des cinq premiers albums. Ces quatorze morceaux sont parsemés de rythmes chauds, de sons électroniques limpides et dansants.
Slow Killer apparait en 2005 et Regina continue ses prouesse vocales, oxygenées et aériennes. L'album reparait en 2007 en vinyle et le label Berlinois Karaoke Kalk qui s'occupe des intérêts du trio depuis 2000, concocte toute une vague de cds et vinyles réussis et probants ; Karaoke Kalk est un label prolifique qui ne manque pas de distinction avec Thorsten Lütz aux commandes.
The Decline Of Female Happiness sorti le 18 juin 2010, constitué de 10 titres pop dont Until you do, Perfect stranger, Lost Sunday et le sublime Diamond of the day, sont bossa et dansants. Les autres titres sont plus electronica et résonnent sur des paroles introspectives, féminines et sensuelles. Il y a du son analogue mélangé à du Kinks, du Velvet Underground, du Astrud Gilberto qui fait danser de Berlin à Bueno Aires et à Paris.
DonnaReginaPiggledyPop2010

Revoici cette année nos plus frenchy des musiciens allemands qui non seulement chantent en français mais s'inspirent pour leurs chansons de la culture française, comme de l'américaine, de la japonaise ou de l'espagnole. Dès les premières notes de Holding The Mirror For Sophia Loren, c'est l'immersion dans la délicatesse du chant, du texte et de la mélodie. Les claviers déroulent un tapis de synthétiseurs et piano romantiques qui s'allient dans un kaleidoscope de couleurs déclinées en français, inspirées par leur séjour à Paris et leur intérêt pour Le Corbusier. Puis le jazzy et sensuel Carlos fait entrer trompette, clarinette et harpe jouées par le berlinois Volker Griepenstroh, suivi de Cities qui évoque New-York, Londres, Paris etc sur un tempo enivrant et dansant et sur le chant noble et aérien de Regina. La guitare acoustique, le piano espiègle de Lift me up proposent une suave et optimiste transition avant le presque electro indus et planant Koyasan qui nous emmène dans les airs au-dessus des montagnes près d'Osaka au Japon où les Donna Regina ont une renommée très importante. For the Love of propose des synthétiseurs typés années 80 et des notes de piano mélodieux que Janssen utilise tel un maestro sur un texte amoureux qui se poursuit sur I wanna Know, rythmé et hypnotisant qui fait place au passionné Escuchame chanté en espagnol au clavecin voltigeant qui rend hommage aux écrits du berlinois Graw Böckler sur le Buenos Aires contemporain. I know how est un plongeon feutré et harmonieux qui change d'atmosphère, jouant une electro quasi pastorale avant le très Kraftwerkien Gatsby, inspiré par l'auteur F. Scott Fitzgerald, pour continuer avec In The Company Of Friends, mélancolique et joyeux à la fois. Le titre parle des amis parmi lesquels se trouvent Wolfgang Flur de Kraftwerk qui fait partie des férus admirateurs de Donna Regina, comme Andy Thoma et Jan Werner de Mouse on Mars. Leaving boucle le magnifique Holding The Mirror For Sophia Loren avec des arrangements délicats et oniriques orchestrés par le producteur polonais Michal Jacaszek, qui image bien les liens sacrés entre Donna Regina et la pologne où le groupe consacre toujours une grande tournée. Piggledy Pop est toujours aussi fan de la douceur de l'univers Donna Regina qui signe là encore un sublime et subtile Holding The Mirror For Sophia Loren.
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