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lundi 10 février 2014

Summer Fiction

Venant de Philadelphie, Summer Fiction est le projet guidé par l'auteur-compositeur Bill Ricchini qui enfant passe ses vacances en bord de mer du Jersey, souvenir de balades avec sa soeur sur la plage, son walkman sur les oreilles qui marque son esprit et son travail de musicien. Après un premier album Ordinary Time en 2002 dont le titre A mountain, A peak apparait sur le film Stuck in Love, puis un second de génie en 2005, Tonight I Burn Brightly, il songe à de nouvelles compositions et enregistre la plupart des titres de l'éponyme Summer Fiction chez lui dans sa chambre pendant deux ans en ficelant les arrangements avec ses musiciens à l'université de Pennsylvanie. Ce fan d'Harry Nilsson inspiré et talentueux, signe d'abord deux singles Chandeliers puis By The Sea pour aboutir sur ce superbe album pop et fondant en 2011.
She's bound to get hurt ouvre le bal mélodieux avec du clavecin, des violons, les âmes des Byrds, Burt Bacharach et de The Left bank sont de la partie. Les voix en chorale malaxées, souples et puissantes sont dansantes et le saxophone donne envie illico de rester en leur compagnie. La pop et folk By the Sea qui suit offre une ambiance maritime, dialogue entre Suzanne sur sa chaise de plage et son chéri, de nage, de pique-nique romantique où le chant d'Eliza Jones qui est membre de Buried Beds répond à celui de Bill Ricchini sur une guitare cristalline et un piano délicat. L'instrumentale Diamond Beach poursuit dans la même veine. Entouré d'une équipe d'amis musiciens, Ricchinni invite à l'enregistrement le leader de B.C Camplight, Brian Christinzio qui est au piano, les trompettistes Chris Aschman et Nathan Slabaugh, Justin DiFebbo au clavecin et clavier, Monique Canniere au violon et James Rappaport au violoncelle, Larry Geiger au saxophone, les batteurs Tommy Bendel et Phil Robertson, Kimberly Hall à l'accordéon, Dave Hartley à la basse, Torin Greenwood aux percussions, glockenspiel et vibraphone, Scott Newcomer au trombone, Andrew Lesser à la clarinette, Robert McLung et Ryan Procini aux guitares. Ricchini qui produit, écrit, compose et chante, joue de la guitare, des percussions et fait les arrangements de cuivres et de cordes. Proposant une pop baroque inspiré de Brian Wilson, les titres suivants sans aucune fausse note ni grain de sable dans la mécanique pop sont peaufinés avec un soin judicieux.

Chandeliers nous emmène poétiquement en voyage aérien à cheval sur un clavecin et un piano voltigeants qui plaira aux amateurs de pop délicate à la Camera Obscura, Jon Brion et Lawrence Arabia quand le chaleureux et typé Kids of Catalina n'interrompt pas l'escursion en nous invitant à siroter un coca-light avec Sarah sous son "brown beret" à la plage en parlant au soleil, à la mer et aux coquillages . Dores et déjà, Summer Fiction porte son nom comme un gant, d'autant plus quand la guitare ispanique nous mène au port dans Carry On qui est ornée de rythmiques exotiques et iliennes pour évoquer l'amour sous les palmiers. Tandis que l'accordéon, le trombone, le cor, les trompettes nous cueillent l'oreille, l'instrumental Waltz (Summer Fade) et suivi par le langoureux To : Alone qui parle d'une fin d'aventure d'été sur une clarinette classe et élégante "It rained all through July, Now it’s farewell and goodbye, To: alone, Covers blown, This letter I send, To my old fair-weather friend It’s the end". Les cuivres de Lipstick Traces évoquent là aussi goulument et rondement l'histoire d'amour estivale qui laisse des empreintes avec des airs old-fashionned des années 30. Le country folk Throw Your arms around me, rythmé et ravissant conclue l'album avec une éfficacité harmonique incroyablement belle tout comme It's Getting Dark, dernier titre virevoltant qui évoque les illusions perdues d'un amour évaporé avec une joviale innocence et une noble naiveté. Le sens de l'orchestration et des arrangements que possède Bill Ricchini est magnifiquement accordé aux mélodies sur Summer Fiction, vivement recommandé par Piggledy Pop.
SummerFiction