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jeudi 27 février 2014

Marshall Holland

Ce jeune auteur-compositeur californien apparait en 2010 avec le génial opus Don't Jettison The Memories, où les notes ensoleillées et colorées pop alternent avec brio, arrangées et orchestrées aux petits oignons. Les références qui viennent à l'esprit en écoutant Marshall Holland ne sont rien d'autres que les Zombies, Kinks, Beatles, Bob Dylan ou encore Paul Weller, Ben Folds Five, Jon Brion. L'artiste Marshall écoute The Cowsills pour s'inspirer et durant des années écrit au milieu des champs de son grand-père, enregistrant ses mélopées sur un magnétophone couché dans les blés, en retravaillant à la maison ses harmonies et arrangements. De Sacramento à San Francisco, le musicien a dû beaucoup déménagé et après être passé par l'exercice de la recherche de musiciens dans chaque ville pour constituer un groupe, il a opté in fine pour l'apprentissage de chaque instrument. Les racines de ses inspirations viennent essentiellement de son père, Mike Holland, guitariste leader du groupe californien The Agents, actif pendant les années 80, qui a bercé le bébé Marshall et accompagné ses premiers pas .

Il compose et chante, arrange dans une veine orchestral pop des morceaux magnifiques et les habille personnellement de son jeu de guitare, basse, batterie et piano. Digne d'un travail de haute-couture, le deuxème disque Statistically I Should Say​.​.​.avec sept titres typés Weezer, Josh Rouse ou Brendan Benson parait en 2011. Là encore, les guitares puissantes rock, les tambourins et l'orgue accompagnent les "shalala", les "papapa", sur des textes narratifs où les personnages ont leurs états d'âme, voyagent dans Meet Me By The Blue Balloon, tombent amoureux dans Jennifer, se prélassent au soleil où se lassent des concupiscences comme dans le dansant Your Ego Is Too Big For Your Head au piano boogie délicieux. En janvier 2014 sort le troisième album And the Etceteras qui est un régal pop baroque, rock, où les instrumentations variées se révèlent être réfléchies et peaufinées avec une oreille absolue tout en donnant l'impression de spontaneité et de fraicheur. La justesse du chant de Marshall est belle, du velours sur ses partitions solides et catchy. La rythmique fulgurante dans les cordes de guitare subjugue dès l'ouverture de Take Me, qui offre de l'accordéon, de l'orgue hammond, de la batterie, un air obsédant qui donne envie de dodeliner du chef. Le torticoli se profile assurément avec le titre suivant At 65, écrit et composé par Michael Brooks du groupe The Agents qui parle avec poésie élégante du temps qui passe sur un tempo ennivrant qui se continue sur le beatlesien Oh Please, à l'âme sixties, revigorant et fougueux. Le poppeux Fool Me délivre une mélodie somptueuse où Marshall brille aussi au chant, fragile ici en dévoilant ses sentiments dans une relation illusoire. Le majestueux break d'une minute To the Scene of Them All est délicatement glissé là, avec sa harpe, avant la guitare acoustique et le piano softs de la splendide et nostalgique Goodbye September Days.

Le galop des notes reprend son allure baroque et orchestrale sur Radio Style dont le texte touchera tous les amateurs de musique pop et surtout les groupes qui ont démarché un jour auprès de programmateurs d'émission de radio. Le mouvement de tête ne s'arrête pas, que ce soit avec le second break instrumental au nom évocateur, In the Swing of Things ou bien avec les guitares électriques et country bien balancées et aiguisées d'Elise at Least. Les tubes se succèdent constituant un ensemble de qualité qui titille du menton jusqu'aux chevilles. La cavalcade fulmine, l'enthousiasme chemine jusqu'aux envolées rytmiques tropicales de Can I Borrow Your Pillow?, suivi du dernier instrumental The Key of Sea, orné d'une cadence bossa qui boucle l'écoute. Avec sa voix cristalline troublante, ses compositions inspirées, ficelées, Marshall Holland signe le superbe And the Etceteras qui en plus de faire vibrer l'hélix fait swinguer les cervicales. Une très belle réussite de 11 titres qui entre d'ores-et-déjà au top des albums 2014 de Piggledy Pop.
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