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lundi 20 janvier 2014

Musée Mécanique

Sean Ogilvie et Micah Rabwin se rencontrent sur les bancs de leur lycée à San Diego et font de la musique ensemble depuis qu'ils ont 15 ans. Tous les deux multi-instrumentistes, ils jouent du piano, guitares, basse, accordéon et des rythmiques, décident de lancer le projet Musée Mécanique en 2005 à San Francisco puis partent vivre à Portland. Au fil des premières compositions, des premiers concerts, le groupe devient un quintet. Louant une maison victorienne, le duo Musée Mécanique y accueille Matthew Berger à la batterie, Brian Perez aux claviers et John Whaley à la basse pour jouer et signer l'opus Hold this Ghost en 2008 et une sortie européenne sur le label berlinois Souterrain Transmissions en 2010. Leur univers musical est folk, chamber pop, atmosphérique et aérien avec des textes intimes. L'orchestration est fleurie de rythmiques délicates, manuelles, comme le glockenspiel qui nous plongent dans l'ambiance mécanique du manège, de jeux d'antan et qui nous rapprochent délibérément du nom de groupe inspiré par un musée de San Francisco qui offrent des antiquités mécaniques, dont de vieux instruments.

Les mélodies que Micah et Sean offrent des mélodies sont arrangées avec des cordes, des trompettes, un accordéon, du piano et des synthétiseurs. Les guitares magistrales sont ornées des voix de Micah et de Sean, élégantes et cristallines qui sont mises en exergue par l'ingénieur Tucker Martine qui travaille avec REM, Laura Veirs, Sufjan Stevens. A leurs côtés en studio, des amis viennent participer à l'enregistrement comme les membres de John Adam Weinland Shearer ( Weinland ), Laura Gibson, Michael Hurley, Eleni Mandell ( EleniMandell ), la clarinettiste Jill Coykendall, Christina Fitzgerald qui assure flûte et oboe, le trompettiste Victor Paul Nash et Douglas Frederick Jenkins au violoncelle. Sur scène Musée Mécanique partage l'affiche avec Great Lake Swimmers, Wye Oak, Horse Feathers, Eleni Mandell, Laura Gibson, M Ward, Beach House etc.

Micah et Sean continuent de bricoler leurs chansons dans leur processus de création comme quand ils avaient 14 ans. Tels des orfèvres, diplômés d'une Maitrise de musique, ils brodent leur canevas autour d'un thème souvent onirique, cinématographique ou imagé comme une carte postale sonore en s'inspirant des musiques qu'ils aiment, de Debussy et à Ravel. L'ambiance mélancolique et désuète est réussie, le chant qui évoque Nick Drake ou Kevin Ayers avec des notes légérement psychédélique sur Our Changing Skins est superbe. La guitare sèche de Propellors ou sur The Thing that i Know est voltigeante, sensuelle et crée une atmosphère contemplative. Les harmonies qui ramènent à la fête foraine, à l'enfance sont colorées et variées, elles sont tantôt hypnotiques, tantôt fortement expressives et dansantes comme sur Like Home ou sur l'accordéon pop de Fits and Starts. La nostalgie qui plane avec l'orgue de barbarie et les claviers vintage qui rappelle le titre Hold this Ghost reste classe et entrainante. En janvier 2014, Musée Mécanique annonce la venue de son deuxième album From Shores Of Sleep qui contera les aventures des artistes en tournée et nous mènera sur les chemins empruntés ces dernières années et qui comptera aux manettes le producteur Tony Lash qui a collaboré au travail d'Elliot Smith et des Dandy Warhols, par exemple. Pour contenir l'impatience et avant de pouvoir gouter à ce nouvel album prometteur, l'écoute de Hold this Ghost est vivement recommandée.
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