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lundi 2 décembre 2013

The Olms

The Olms est un nom de groupe concis mais il y a derrière cet alias deux multi-instrumentistes, auteurs- compositeurs au talent illimité et riche, J.D King et Pete Yorn. Le premier, troubadour californien qui avec sa guitare acoustique et son harmonica transforme ses chansons countryfolk en potions magiques, a signé deux albums, en 2006 American Mercury et en 2008 Here's J.D. King. Il a un coup de coeur a 10 ans en découvrant les vinyles des Beatles et d'Elvis Presley, prend des leçons de piano, guitare et apprend seul, la flûte, clarinette, basse, saxophone. Adolescent, J.D King  rencontre Thurston Moore (Sonic Youth) à New-York et créent ensemble, avec le bassiste Bob Pullin et le batteur Danny Walworth le groupe The Coachmen. A 21 ans et une flopée de chansons en poche écrites depuis qu'il a 17 ans,  on le décrit comme "a old soul", spirituel et philosophe. J.D King est un artiste complet qui pose parfois sa guitare pour dessiner et peintre, illustrateur de métier et récompensé par des awards (American Illustration), il expose, crée des bandes-dessinées et travaille pour le Newsweek, New-Yorker, Fortune, Time, etc. 
Quand au second artiste, du New-Jersey, cela fait 13 ans que l'on savoure ses compositions avec l'opus de 2001 Music for the morning after suivi depuis de 6 albums dont celui de 2009, Break-up en duo avec Scarlett Johansson, inspiré par le duo Gainsbourg/Bardot qui recolte un bon succès. Mais Pete Yorn n'est pas que ce succès commercial, loin de là. Dans la lignée de Donovan, Elliott Smith, Mark Kozelek et son ami J.D King, Yorn est un troubadour, un auteur avec des textes et des mélodies intemporelles que j'écoute depuis 2001 quand le magazine Rolling Stone le classe dans le top 10 des artistes de l'année. Day I Forgot de 2003 puis Nightcrawler de 2006 l'emmènent sur les routes partageant la scène avec Foo Fighters, REM, Crowded House etc, travaille en studio avec Don Fleming de Sonic Youth et invite sur ses propres enregistrements le guitariste Peter Buck de REM ou encore Frank Black des Pixies qui produit le dernier album éponyme en 2010 de Pete Yorn.

  

Yorn fan de l'album Here’s J.D. King invite son mentor à partager une tournée et il en résultera la jolie collaboration The Olms qui commence en 2011 avec l'album Twice as Nice. Le duo en parfaite osmose compose et écrit des titres aux résonances country avec des textes narratifs qui nous embarquent dans l'Ouest américain, bercé par une atmosphère de saloons et de l'épopée des chercheurs d'or. Leur amitié musicale nous propose en juin 2013 un superbe album nommé The Olms qui nourri des influences du duo, est solidement construit autour des styles rock progressif, country-folk, et pop sixties. Le disque offre une ribambelle de sonorités et d'instruments qui sont crédités aux noms des deux artistes. J.D King y joue de la guitare, flute, accordéon, banjo, orgue, trompette, cymbales, clarinette, violoncelle et Pete Yorn, guitare, batterie, piano, tambourin, orgue, percussions et basse. Tous les deux se partagent le hand-clapping, le chant et la composition. Tandis que J.D King me fait penser aux Byrds et The Animals sur le titre Only One Way, ses textes mélancoliques sont amoureux, pleins de musicalité sur des mélodies dignes de celles des Beatles comme Things We Said Today, On the Line, ou Wanna Feel It où l'esprit sixties vient se glisser dans les arrangements. Another Daydream et Twice As Nice contiennent des harmonies qui évoquent Pet Sounds. Le duo propose un disque magnifique, aux influences diverses et griffé de leurs propres styles qui se marrient excellemment bien. The Olms est un objet de grande qualité et ces deux fans des Kinks et des Ramones forment un duo lumineux et émouvant.