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mardi 3 décembre 2013

The Ballet

The Ballet est un trio new-yorkais, mené par l'auteur-compositeur et arrangeur Greg Goldberg et ses deux amis, Craig Willse qu'il rencontre en 2005 à l'université, par sur les bancs de fac mais dans la salle de professeurs, et Marina Miranda. Dès 2006 ils signent leur opus Mattachine! puis en 2009 Bear Life, ces deux albums sont actuellement déjà tous vendus et désormais en version digitale seulement. La synth-pop des débuts est aérienne, dansante, arrangée à la manière des compatriotes  Voxtrot ou des écossais de Belle and Sebastian. Le lyrisme qu'appose Greg Goldberg dans ses textes est envoutant. Sur ces deux premiers albums, les mots sont naifs, francs avec des thèmes contemporains évoqués comme les relations amoureuses et ses ambiguités. D'autres sujets de société comme la guerre y sont soulignés poétiquement, avec beaucoup d'élégance et le chant sublime de Goldberg leur donne davantage de magnificence. Les compositions sont jouées essentiellement au synthétiseur mais il y a aussi des mélodies enorgueillies de guitares, de violons, de handclaps comme When You Go Dancing, des rythmiques endiablées sur I'm Going Through a Personal Transformation, du glockenspiel ravissant sur Kitty
Le cocktail de sonorités pop, parfois lo-fi, revient avec le dernier album sorti en juin 2013 au nom éloquent, I Blame Society. Les instruments prennent place au côté du synthétiseur, la basse y est royale et nous love dans une ambiance joviale et dansante. L'electro-pop de The Ballet est sucrée, charmante et les mélodies qui se suivent sont d'une qualité constante. Signé chez Fortuna Pop, l'album est abouti, efficace, avec des textes qui traitent des mêmes thèmes mais avec des expressions moins juvéniles, des formes plus matures et profondes. Batterie, basse, guitares et violons nous convient à une escapade pop dès Alright, parfait titre pour attaquer le repertoire offensif. Cruel Path, nous emmène dans la rythmique sensuelle du mouvement des hanches avec Greg qui entonne "we should go dancing" quand la basse continue ses taquineries sur Difficult Situations avec des guitares sixties et des maracas ensoleillés. Le délicieux Feelings aux sonorités eighties qui ranimerait toute la scène de Manchester pose le décor et le beat libéré donne infiniment envie de les balancer ces hanches. Le tempo et la résonnance splendide des guitares sur Meaningless, au profil coldwave est touchant par sa mélodie et son texte "i’ve got no wedding dress, i’ve got no diamond ring, no vows or crowd to address, i guess my love is meaningless" mettant le doigt sarcastique et mordant sur le sujet qui lui tient à coeur, le mariage. Too Much Time, plus gai que Is Anybody Out There, continue dans l'élégance et la délicatesse et sont suivis du brillant Turn You. Sorry sort la cavalerie de synthétiseurs et d'effet dans le chant nous propulsant dans les années 80, pour conclure sur le génial All the Way que les amateurs du Velvet Underground pourront apprécier. The Ballet sont indéniablement les héritiers du grand Lou Reed de par les harmonies intelligentes de Greg Goldberg mais aussi évidemment, par la belle bataille qu'ils mènent pour le respect des individualités et leurs libres choix. Ramesh de Voxtrot et Linton des Aislers Set viennent jouer et chanter sur les albums de The Ballet qui après avoir assuré des concerts avec Hidden Cameras, Voxtrot, Dear Nora, the Felt Tips, de Stockolm à Munich, de Londres à Glasgow, sera présent au Popfest de New-York en juin prochain avec The Smittens, Making Marks, les Silkies et croisons les doigts, peut-être un jour à Paris.