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jeudi 21 novembre 2013

Monsieur Mo Rio

Derrière le joli nom de Monsieur Mo Rio, excelle le multi-instrumentiste allemand Moritz Finkbeiner. Originaire de la région de Stuttgart, Moritz joue du piano, orgue et clavecin au sein du groupe Metabolismus qui opère une musique pop psychédélique, rock alternatif et indiepop depuis les années 90 et assure nombre de festivals, concerts, notamment avec Thurston Moore (Sonic Youth). Monsieur Mo Rio qui apprend le français au lycée, lance son projet en solo dès 1998, en écrivant et chantant en français. Ses mélodies naives et rétro, d'abord enregistrées sur cassettes, sont regroupées sur l'album Click et Craque en 1999 puis sur Bonne Chance en 2002. Cet amoureux de Kevin Ayers commence à chanter en français en s'exerçant sur Puis-Je et s'en sort fort bien avec ses textes qui sont loin de sa langue maternelle. Evidemment, l'accent charmant se lie parfaitement à l'atmosphère naive-pop, sunshine-pop et à l'élégance des thèmes évoqués comme l'amour courtois, la campagne avec ses villages, ses hirondelles et ses chats. La pop baroque de Monsieur Mo Rio est orchestrée toute en finesse et néo-psychédélisme avec du clavecin, des violons, flûtes, clarinette et une basse étincelante comme sur Toutçamefaitfou qui offre un tempo bossa nova délicat. Le cor et le trombone accompagnés de sittar, de carillons et de choeurs beachboysiens, colorent des mélopées pleines d'enchantement, ornées de flower-pop et de textes qui marquent l'intérêt de Moritz pour le soleil, l'ivresse, l'amour, les jeunes filles et la poésie, remerciant Guillaume Appolinaire dans Le Bestiaire
 
Depuis le délicieux Bonne Chance, Moritz ne cesse d'écrire et de garder son objectif, sa sensibilité rétro et vintage en délivrant une série de cassettes audio fabuleusement nostalgiques et romantiques. Suite aux 13 cassettes entre 1998 et 2002, dont Mademoiselle du Carousel, Tape to New-York City, et Disques à vendre, nom drôle et saugrenu pour une cassette, le compositeur Monsieur Mo Rio poursuit avec Jogging Mystique, Danse avec moi et une série d'EPs, pour enfin nous ficeler un second superbe album en 2012, The Sun Express. En anglais cette fois ci, la musicalité y est toujours aussi séduisante, pop, sur les thèmes du bestiaire, du soleil, de l'amour et de la nostalgie. Les orchestrations pop sunshine et bossa sont habillées de flûte avec Tom Lynn, de trompette et de cor avec Christoph Wagner, de violons avec Annette Blattmacher et Inga Von Ohlshausen, de violoncelle avec Coco Hampel, de batterie avec Robert Steng, et foule d'instruments assurés par Moritz qui convie sa soeur musicienne Julia Finkbeiner à l'enregistrement. L'âme des Kinks, de Roger Nichols, des Beatles et des Left Banke rode dans les 16 titres de The sun Express où les orchestrations sont belles et efficaces, les chansons enveloppées d'une myriade de sons, d'ambiances dans l'instrumentale Sunshine Serenade, intemporelle et magnifique, le savoureux psychédélisme bossa de Green Leaves ou encore les rythmiques bréziliennes de My Friends. La voix limpide et solaire de Monsieur Mo Rio nous emmène en voyage dans le temps et l'espace de manière quasi onirique avec Time, l'instrumentation années folles de Strange Boy, la précieuse Doris Day évoquée dans Blackhole Memory, ou encore la distance et l'escadrille d'harmonies sur Fly. La pop de The Sun Express est merveilleuse, envoûtante, et le vaillant Monsieur Mo Rio dont l'univers réchauffera les chaumières cet hiver, en concert demain vendredi 22 novembre à Esslingen, nous concocte actuellement de nouvelles chansons. Piggledy Pop sera au rendez-vous de cette nouvelle parution.