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dimanche 15 septembre 2013

Denison Witmer

Denison Witmer signe un album éponyme le 30 avril 2013 qui est une des plus belles productions de l’année. Apparu en 1995 en Pennsylvanie où il grandit, avec une cassette nommée My Luck, My Love, il signe les EP River Bends en 1999 et l’album de 10 titres Of Joy & Sorrow en 2001, aussi beau que puisse être une signature de Neil Young, Donovan ou Elliott Smith. L’artiste compose des mélopées gigantesques garnies d'airs dansants, d'arrangements efficaces et d'orchestrations alt-country d’une finesse absorbante. Sa voix d’une force mélodique impressionnante porte et fleurit les notes qu’il joue à la guitare avec brio sur Philadelphia Songs, album de 9 titres qui précède son magnifique disque de reprises Recovered de 2003 que je conseille fortement. C’est un album qui rend hommage à Leonard Cohen avec Suzanne, Neil Young avec Love in Mind, Alex Chilton de Big Star avec Nightime, Carole King avec So Far Away et une chanson que je vénère particulièrement du génial Graham Nash, Simple Man. A travers cet élégant travail de reprises, Denison Witmer nous convie à decouvrir ses influences, ses références qu’il met en musique avec grâce. Son don pour composer des mélodies se classe au rang de celui de Paul Simon, Jackson Browne et Donovan avec qui on peut tenter la comparaison, présente dans diverses formes dont son amitié musicale avec Sufjan Stevens qui rappelle celle de Donovan et de Dylan. 
Featuring de Denison Witmer sur Atlanta des Catch Bees 
Denison Witmer qui accompagne Sufjan Stevens sur ses albums l’invite en retour sur Are you a Dreamer de 2005, album entièrement écrit et composé par Witmer, sur lequel Stevens vient jouer les parties de piano, de claviers, d’orgue, de banjo et chanter. Ce cinquième album est aussi produit par Don Peris, son ami et jadis, professeur de guitare. Depuis les amis inséparables ont participé à l’album de Rosie Thomas en 2007, These Friends of Mine. La chanteuse américaine reprend même la chanson Paper Doll écrite par Denison Witmer. Rosie Thomas viendra contribuer ensuite au sixième album de Witmer, Carry the Weight, enregistré en 2008, à Seattle offrant en featuring la présence du batteur James McAlister (Sufjan Stevens, Clare & the Reasons, Welcome Wagon etc), Noah Harris au chant et au piano, Blake Wescott (The Posies, Pedro the Lion, The Long Winters, Rosie Thomas etc) qui chante, joue de l’orgue, guitare et basse. Entouré de ses amis, Denison Witmer fait scintiller ses guitares folk en ajoutant des orchestrations pop et des paroles poétiques, métaphoriques qui évoquent aussi Nick Drake. En 2011, le troubadour propose un nouvel album de 11 morceaux là encore, de toute beauté, The Ones Who Wait. L’âme acoustique qui parcourt les titres est ornée de cor, de trompettes, tambourins et en plus d’apporter un chant cristallin et chaleureux sur ses textes qui établissent une sorte de bilan sur la vie, ses expériences heureuses et malheureuses, Denison y assure les guitares, la batterie, l’orgue et le banjo avec un talent très émouvant. 
  En avril dernier, le splendide album Denison Witmer vient nourrir les platines et propose derechef 10 titres qui accrochent l’oreille et ne la quittent plus. Pour enregistrer, Witmer s’entoure de ses amis Spencer Cohen à la batterie, William Fitzsimmons à la guitare et au chant, Devin Greenwood à la basse, accordéon, orgue, chant et guitare, Don Peris au mellotron et guitare, Sufjan Stevens au piano et chant. Denison Witmer est à se procurer et à rencontrer sur scène absolument. Ce dernier album étant enregistré à New-York, le titre Much Farther to go qui met en musique la ville et joué par Denison Witmer, Sufjan Stevens, Rosie Thomas et son mari Jeff Shoop résume joliment le plaisir qu’a la clique d’amis à jouer ensemble. denisonwitmer