Translate

jeudi 22 août 2013

Bart Davenport

Ce brillant auteur-compositeur californien aurait pu écrire le Da Capo de Love dans une autre vie. La voix de Bart Davenport rayonne de sensualité sur ses compositions velvetiennes, folk, pop, bossa teintée de lounge. Prolifique, inspiré, ses débuts sont des bolides et il signe sur des chapeaux de roue 3 albums en 3 ans : son opus éponyme de 2002 signé sur le label Paris Caramel, le génial Game Preserve de 2003, album sucre d’orge pour l’été puis en 2005, Maroon Cocoon, grandiose, tous deux signés chez Antenna Farm Records. Cette collaboration permet de pérenniser le travail d’orfèvre de Bart avec l’excellent Palaces qui parait par la suite. Les mélodies qu’il griffe de sons influencés des Beatles, The Incredible String Band et Donovan, sont une tapisserie d’harmonies qui rendent hommage aux sixties et aux seventies. Bart Davenport commence la guitare à 8 ans et compose très tôt , travaille aux arrangements de cordes et des rythmiques pour ses albums et part à la conquête des scènes en solo au travers des Etats-Unis jusqu’en Europe. Esthète de la pop musique, compositeur et interprète, arrangeur et producteur de ses albums, il devient en bonus un parfait showman lors de ses concerts. Bart n’est pas un débutant car il brûle les planches depuis les années 90 tout d’abord au sein du groupe de San Francisco The loved Ones où il joue de la guitare et chante, puis au sein de The Kinetics qu’il met en place avec son ami d’enfance Xan McCurdy, membre de Cake.


En 2000, tandis qu’il officie comme bassiste pour les Persephone’s Bees, il présente en simultané ses compositions lors de lives partagés avec d’autres amis, Eric Shea et Devendra Banhart. C’est alors qu’il entre en studio, enregistre ses premiers albums et repart sur les routes, recevant Peter Bjorn and John en Californie, allant jusqu’en Espagne et en Allemagne pour la première partie des Kings of Convenience. En 2006, ce Mozart de la pop à la voix suave de baryton qui rappelle Bert Jansch dont il est fan, intègre la formation The Honeycut en tant que chanteur et compositeur et signe l’opus The Day I Turned to Glass en 2006 qui remportera illico un franc succès. Les festivals et les médias internationaux accueillent la tournée des Honeycut ce qui pour autant ne détourne pas Bart Davenport de l’écriture en solo de Palaces signé en 2008.

  
L’artiste qui connait bien l’Europe sillonne l’Espagne où désormais un groupe de musiciens l’accompagne, les Biscuit, ainsi que l’Allemagne où il retrouve son deuxième label de Hambourg Tapete Records ( Lloyd Cole, Lacrosse, Nom de Guerre, Next Stop: Horizon etc). Il continue d’écrire sans relâche pour un autre projet nommé Incarnations en chantant et composant l’album With All Due Respect en 2011, puis toujours pour Honeycut, sortant un deuxième album en 2012, Comedians

Bart Davenport nous offrira cette année 2013 son dernier album solo Physical World, encore tout chaud puisqu’en fin d’enregistrement, qui sera sous format cassette sur le label Burger Records. Aimant les collaborations, composant pour d’autres artistes ou groupes, j’admire sa force de production mais je préfère son travail solo qui, à mes yeux, est plus centré, intense et lui ressemble davantage et délivre son aura, son élègance, sa personnalité drôle, délicate qui ressort belle et charismatique dans ses propres albums. Je conseille en plus un moment divin en écoutant un album de reprises Searching for Bart Davenport où il rend hommage aux musiciens qu’il aime, Arthur Lee, Kings of Convenience, David Byrne, Gil Scott-Heron etc et permet ainsi de se dévoiler encore plus.