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samedi 27 juillet 2013

Scott Brookman

Je voue une réelle admiration pour Scott Brookman que je connais depuis des années et dont je peux dire que l’artiste constant et émouvant dans ses productions, l’est aussi sur le plan humain. Adepte de la pop sixties, surement un des ambassadeurs les plus actifs de la sunshine pop, professionnel et passionné il compose tel un prodige et écrit, arrange avec du style. Les Beach Boys et Burt Bacharach coulent dans ses veines et leur aura resplendit au bout ses doigts. Il nous comble depuis des années avec son inspiration. Généreux et curieux, il fleurit ses compositions de nombreuses collaborations avec d’autres artistes et explore, invente, en variant les instrumentations. La pop de Scott est joyeuse, chaleureuse et élégante à l’image de son auteur. 
Lycéen dans les années 80, Scott gagne une expérience scènique avec son premier groupe Poisonous Sewer Fish qui joue essentiellement des reprises et se distingue très vite en écrivant et composant des mélopées dans une veine mélodique hautement pop sixties chez lui, en Virginie. De manière artisanale, dans sa salle de bain ou son garage, sur un quatre piste, avec un kit de batterie, le multi-instrumentiste expérimente les sons de sa guitare acoustique, de sa fender, de son clavier yamaha sur différents micros et en sort une série de cassettes magistrale : Bonaparte, Hot Enough to Fry Your Dog's Brain, frozenrawheadless, In My Own Backyard, Tool for the Man, It's More Than a Hobby et A National Treasure. Dans les années 90, Scott Brookman signe un premier Ep vinyle, The Busy World of Scott Brookman, sur le label Twee Kitten Records qui précède The Man From Operations, quatre titres extraordinaires, sorti en 1998, puis le 13 titres de 1999, For Those Who Like POP.et dix ans plus tard, l’album sophomore A Song for Me, A Song for You
En 2009, Scott évoquait déjà son interet pour le cyclisme dans le titre A sinister Cyclist et réitère sur son dernier album sorti en juin 2013 avec la première plage de Smellicopter qui rend hommage à Tim E. Redmond, un type qui volait des vélos dans le voisinage quand Scott était enfant. Le superbe album que nous propose Scott Brookman contient son humour dans les textes et toujours cette dextérité pour arranger ses chansons de manière alternative, lumineuse et intelligente. Pour couronner le tout, il s’entoure d’excellence avec la présence du multi-instrumentiste Roland Wolff de Riviera, du français Mathieu Bournazel de Purple Submarine Orchestra qui taquine la basse avec brio, chante et arrange Very Anne, du guitariste Jack Shannon, ses amies Yani qui chante sur Weirdos et Violetta, qui signent le titre Delmarva Way, Nathan Goodwyn et Anthony Allen qui jouent du cor, Jimmy Ghaphery du saxophone sur I Could Use Some New Friends. L’ensemble des titres montrent le talent infini de Scott Brookman. Après le succulent opening Tim E. Redmond et les claviers, le sonnette de vélo et bruit de roue libre, piano et basse admirables, glockenspiel, ses choeurs lumineux, on retrouve la voix pop, délicate et eurythmique qui ensoleille Summer's Two Weeks Notice, beachboysienne et diablement allègre. Dans une fine logique sonore suit To Find Your Happiness, qui swingue, où le banjo fait danser les cordes du piano, de la guitare, de la basse dans un accord parfait. Puis la touche frenchy sur Very Anne grâce au savoir faire du maestro Mathieu Bournazel à la basse et au chant embrase le tempo, en enchainant sur cette irrépressible envie de danser avec Inspected by Curly et sa guitare electro-acoustique espiègle. Puis la balade Iceberglar apporte de la douceur, des notes suaves en milieu d’écoute pour laisser place au galopant et psychédélique Delmarva Way. L’album jusqu’ici reussi et fort abouti continue avec des titres incroyablement bons, I Could Use Some New Friends avec ses cuivres rutilants, Maybe Then et la voix de Scott savoureuse dans la veine de Scott Walker voltige légère et harmonieuse, voix qui nous cueille sans résistance sur Daisy Von Zeppelin où la basse, le piano, banjo et claviers sont euphoriques. Enfin, Weirdos boucle l’écoute toute en émotion, prestance et subtilité, ce qui définit et représente bien l’artiste. Evidemment Piggledy Pop conseille le sublime Smellicopter à déguster et le génie de Scott Brookman à découvrir .