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jeudi 27 décembre 2012

Lawrence Arabia

Il y a des rencontres magiques, bénies des dieux, comme celle avec Lawrence Arabia alias James Milne, qui vous hydratent de bien-être dans une traversée du désert. Ce jeune artiste à la barbe hirsute n'est ni Jésus, ni un ayatollah paumé dans ses montagnes de Nouvelle-Zélande. James Milne est le nouveau Jonathan Richman, un disciple des Beach Boys qui propose après un opus éponyme génial en 2006, son deuxième album en janvier 2010, joliment nommé Chant Darling. Même s'il a quelque chose d'un digne héritier de Brian Wilson, ce James là aurait plus en commun avec le premier ministre tasmanien Sir James Milne Wislon (1812-1880). Avec son port de tête indétronable et son style sophistiqué, second degré, Lawrence Arabia n'est pas né de la dernière pluie. Membre des Ruby Suns, de Okkervil River, de The Brunettes, il se produit sur scène également avec Feist et d'autres talibans de la pop.
RubySunsPiggledyPop
OkkervilRiverPiggledyPop


 
Chant Darling est un disque d'une absolue drôlerie et auto-dérision, galbé d'un esprit sarcastique des plus fins. Les paroles sont succulentes. L'ambiance sixties qui garnit les 10 titres, tantôt psyché, tantôt groovy, amène la pop à son solstice. Ses morceaux dégainent des partitions de guitares et trompettes festives et enthousiastes. Look like a fool, titre beatlesien en ouverture, présente la voix de James, envahissante, tendue, d'ailleurs proche de celle de John Lennon. Les distensions de guitares accueillent la flûte et les choeurs poppeux, puis les cordes des violons. Le mistral vient rafraichir la torpeur des arrangements dans le second titre The Undesirables, mélancolique, pour enchainer sur 8 autres chansons torrides et toniques. Chant Darling est un disque calibré, franc, façonné par Lawrence Arabia pour faire swinguer dans les chaumières. 


Ce troubadour tasmanien sort un talisman truculent en Juillet 2012, étonnant, surprenant qui s’écoute en boucle et se savoure davantage au fur et à mesure des écoutes. Désormais expatrié en Angleterre, Lawrence Arabia enregistre The Sparrow à Londres. Il est rejoint par Elroy Finn, frère réputé de Liam Finn pour son don de percussionniste et son talent de batteur ainsi que de Connan Mockasin auteur-compositeur anglais, ingénieur du son et bassiste. Derechef, Lawrence Arabia écrit des mélodies pop psychédéliques incroyables pour The Sparrow. Travelling Shoes comporte des guitares surf pop qui reviennent puissantes sur The Listening Times, balade ornée d’une fibre sixties présente dans tout le disque. Les influences des Beatles et Beach Boys, se croisent dans des compositions qui amènent à penser à  Lennon, Gainsbourg ou Divine Comedy. Les envolées lyriques de choeurs se marient à la voix joueuse et tonifiante de Lawrence Arabia sur Lick Your Wounds ou encore la nostalgie et mélancolie old-school des années 60 dans le superbe Bicycle Riding. The 03 accorde basses et guitares taquines à un clavier psyché déluré et un clap-hands gaillard. Puis la classe de Gainsbourg et le charisme de Lennon transpirent sur Early Kneecappings, ou les arrangement de cordes et cuivres montrent l’aisance de son auteur dans le style chamber pop. L’ambiance piano-bar, flash-back, fleurit les deux titres The Bisexual et Dessau Rag, où le trombone, le cor, la trompette et la guitare acoustique jazzy sont dansants et drôlement chaloupés. Legends qui véhicule l’âme des Beatles, joue une pop orchestrale efficace et savamment exécutée. The Sparrow est une oeuvre sophistiquée et symphonique, pop et émouvante, dansante et mélodieuse qui prouve tout le savoir-faire et l’inspiration sans borne de Lawrence Arabia, pianiste, guitariste, qui a aussi la casquette du chef d’orchestre pour les arrangements de cordes et les partitions de cuivres. Chapeau à Lawrence Arabia qui signe avec The Sparrow un album encore meilleur, en constante évolution. A se procurer absolument !