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mercredi 5 septembre 2012

The Library

C’est après son groupe The Mayflies, en Caroline du Nord, qui a fait paraître trois albums de 1997 à 2002, que Matt Long déménage à Brooklyn et fonde les The Library. Il s’entoure du guitariste Jeremy Burnworth, du bassiste des The Comas, Jason Caperton, du batteur Eric Puente et du guitariste leader des Seamonsters, Blake Courlang ainsi que de Jennifer Hutz aux choeurs. Bien que The Mayflies splite et signe son dernier album en 2002 Walking in a Straight Line, enregistré avec la complicité du producteur de Mercury Rev, le groupe se réunit sur scène en 2007, 2009 puis en 2012.
Dès 2009, The Library signe un premier EP de 6 titres et prend son envol avec des mélopées pop de la veine des Mazzy Star, Chapter House, Belle & Sebastian, Ride, Teenage Fanclub ou encore The Clientele. Entrainantes ou mélancoliques, les chansons sont ornées de flûtes, d’harmonica, de banjo, de trompettes et d’un arsenal de guitares et claviers. La voix parfois tendue et aigue de Matthew Long colle à la perfection aux titres dream-pop, intimistes parfois psyché de The Library dont il griffe tous les titres de sa personnalité. La même année, paraît l’excellent The Life and Times of Rosa Lee

En août 2011, Matt Long réitère avec ses compositions surprenantes, des titres efficaces sur tous les plans. Les paroles touchantes, poétiques aux allures brit-pop sous le manteau new-yorkais sont tout autant surprenantes. Trompettes et violons se côtoient joliment sur l’album de 12 titres, The King Of Silverlake. La guitare de l’opus Sometimes I wish rappelle l’élégance délicate des accords d’Elliott Smith. Le dansant When I loved You est fourni de pedales steel et d’une rythmique qui, comme dans Starry Eyed Circus Band, forment deux gaillardes baladelles pop jusqu’au soft et langoureux piano de The King Of Silverlake. Sheila redonne une certaine fougue psychédélique et rock à l’écoute avant le nostalgique All About The Big Nothing, interprété avec des rondeurs dans le chant et de la finesse dans les mots.

Ecouter : WishIKnew

Le banjo presque courtois, brillant, de 6am Sunset Blvd est une ode amoureuse à l’aube. Le soleil se lève avec délicatesse dans le titre qui suit It’s Sunny When You Make Believe, plein de tambourins, d’arpèges de guitares, de choeurs ensoleillés qui flirtent avec les percussions, évoquant les Kinks, et fait place à une promenade digne des Badly Drawn Boy, avec de l’éspèrance dans les trémolos, I still Believe. 6 Days in Madrid et le dernier morceau Follow Me Down, sentimentaux, troublants, pourraient aisément faire partie d’une nouvelle BO de High Fidelity, tant dans le sens des textes que dans le format musical qui se classe avec brio entre les sons britpop des années 80 des Smiths ou de XTC et la nouvelle vague pop psyché des Gorky’s Zygotic Mynci et des Apples in Stereo.