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dimanche 10 juin 2012

Yann Destal

Yann Destal est un auteur-compositeur français, qui fait et écrit de la musique depuis sa tendre enfance. Il commence par la clarinette, puis le piano au conservatoire, la batterie, et sera batteur dans son premier groupe de rock formé avec David Lewin. Il entre plus tard à l’American School of Modern Music à Paris, où il rencontre Romain Tranchart. Ils y étudient le jazz et le duo français, nommé Modjo, sort chez Barclays en 2000, le titre Lady, succès international qui lancera la vague French Touch. Modjo sort son premier album éponyme en 2001, qui remporte au passage une Victoire de la musique et le duo part pour une longue tournée.

  

Yann Destal de retour à Paris travaille à ses propres compositions, s’entoure en studio à Paris de Bertrand Burgalat, de l’anglais Paul Kendall (Depeche Mode, Wire, Goldfrapp) et de l’américain Stephen Hague (Orchestral Manoeuvres in the Dark, Peter Gabriel, Pet Shop Boys, New order, James etc). Ayant une écurie de renom à la production, les compositions de Yann Destal prennent forme, percutantes et enivrées. C’est Yann qui joue presque tous les instruments, guitare, piano, clarinette, batterie, basse et il accompagne son talent de technicien de sa voix mélodieuse et puissante. Alors que les titres s’envolent dans une atmosphère cinématographique, s’enchainent comme un bande originale, ce qui surprend au prime abord c’est son chant décomplexé, aux ressources infinies. Sa voix hypnotisante joue des notes frénétiques qui attirent l’oreille et nous fait pénétrer dans ses compositions, nous embarque sans scrupule. Ca fait du bien cette absence de tabous dans le chant chez un artiste français, cette jolie manière d’utiliser la voix comme un instrument, avec précision mais aussi une liberté touchante, en la lâchant avec tout ce qu’elle peut contenir de sensible. Cette rareté, cette particularité font de Yann Destal un musicien et interprète hors normes, une personnalité unique de la scène rock française.



Personnage sur scène, ses textes imagés et ses arrangements variés profilent une âme de cinéphile. L'écoute se fait comme rythmée par le déroulement d’une bobine de film, créant des décors. Derechef, il nous invite d’une main de maitre à le suivre dans son univers musical. Cette indépendance créatrice, le jeune artiste la met en oeuvre dans un nouvel Ep Stay by me, orné de 6 morceaux qui envisagent de façon surprenante du rock, de la pop, du jazz, de la soul, habité par ses influences musicales. Je retrouve à l’écoute des titres du Ummagumma de Pink Floyd mêlé à Saint Saens, Yes ou les Who avec du Morricone, les Monkees avec Barber, Polnareff avec Curtis Mayfield... 



You Know me, habillé de guitares, du piano, de percussions offre en rock symphonique efficace, mixé avec goût, il monte en puissance avant Let Me Be Mine qui enchaine l’attention attisée par le grain de voix de Yann Destal qui glisse sur les cordes de la guitare acoustique. Le régal sonore se poursuit dans un costume de pop orchestrale, grosse caisse, synthétiseurs, guitares électriques qui élèvent la mesure et l’émotion. Yann Destal réussit une reprise glam rock du Oh Darling des Beatles, démontre un talent immense de musicien et un sérieux don de production. La beauté harmonique de Life it Goes On, puis Need you so, continue d’envoûter et de faire voyager dans un rock progressif, psychédélique d’une qualité excellente. La voix telle un cri du coeur émeut tout au long de l’écoute jusqu’à Stay by Me qui boucle les 6 titres, et où les choeurs la mette en exergue, renforcée, encore plus vivante et vibrante. Stand by me et sa belle pochette illustrée de Fabrice Destagnol est un disque de haute couture, confondent et original. Yann Destal offre là un travail d’assembleur stylé et élégant. Créateur et moteur de sensations, l’artiste qui apparait au cinéma en 2010 dans Orphée New Wave de Marine Alice Le Du et en 2011 dans Les pseudonymes de Nicolas Engel est à découvrir le 14 juin en concert au Bus Palladium, Paris.

SiteYannDestal
Par esprit de famille, promenez un oeil sur les peintures et dessins de Fabrice Destagnol qu’Edward Hopper aurait surement apprécié : SiteFabriceDestagnol