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dimanche 24 juin 2012

Séverin

Il y a des rencontres "d’oreille" comme celle faite au Bus Palladium la semaine dernière en découvrant Séverin en  live. Apparu sur la scène pop en 2005 remportant le CQFD des Inrocks, le duo qu’il forme avec Lafayette, One-Two, sort en 2006 l’album Love Again, puis le single Annie Mall, suivi de l’EP digital et l’album The Story of Bob Star en 2008, écrit en anglais et complétement composé par Séverin. Multi-instrumentiste, Séverin est aussi un excellent interprète. Ornées d’instruments comme le vibraphone, piano, glockenspiel et synthétiseurs, des guitares surf et rock sur Where’s my head at, les mélodies sont enivrantes, dansantes, joyeuses, proches de l’univers pop psyché des Kinks, de la britpop de Divine Comedy comme sur Carry Me Home, ou encore de l’esprit eighties de Pulp et de Taxi girl, Jacno, sur Bob Star ou Me & Helen. Tous les titres sont un absolu délice contemporain avec une ligne directrice, la griffe de son auteur-compositeur. 
SéverinEnNoirEtBlancMP3
Séverin qui désormais signe de son nom, non solitaire, compose l’album Cheesecake en 2009 entièrement interprété par 14 chanteuses, en français et espagnol, sur des airs pop et bossa. Au Bus Palladium le 14 juin dernier, Séverin avait invité quelques amis de ses projets antérieurs, dont Constance Verluca avec ce titre que j’adore, Johnny. Il y avait aussi Lafayette qui a chanté son superbe Les dessous féminins. Leurs présences a donné un caractère familial à la soirée et le concert de Séverin, très réussi, était épatant, cocasse, très attachant. J’allais voir Yann Destal qui m’a ravie, et Séverin que je découvrais a enchainé pour donner un live admirable. Inspiré, il doit avoir une besace pleine de chansons. Cette démarche d’offrir ses titres à 14 chanteuses vient peut-être du fait qu’il n’avait pas envie de les chanter lui-même. Quoiqu’il en soit, c’est fort de savoir écrire pour chacune d’elles, se fondre le temps d’une chanson à chacun de leurs univers féminin. Un exercice digne d’un Stephan Sweig de la pop.


  

Il présente en 2011 L’Amour triangulaire, avec en bonus cette fois ci sa voix si belle et délicate qui porte les 10 titres. Les chansons sont époustouflantes, dansantes et les textes, imagés, modernes, mélodiques sont truffés d’humour, de caractère et de sensualité. Les synthétiseurs, les guitares et la basse, batterie, mis en beauté par le producteur Julien Delfaud, sont majestueux. Le 28 mai 2012, Séverin signe son troisième album éponyme qui pour moi est un des meilleurs albums de la pop française. Touchée par l’opus Dans les graviers parce que complétement identifiée au texte, je suis épatée par son brio dans l’art de la composition et de l’écriture. Que ce soit des notes de claviers, des guitares soft aux envolées de synthétiseurs endiablées sur les oh oh oh chenapans de Séverin, que l’on s’identifie ou pas, les airs pop de l’album touchent, marquent et s’écoutent en boucle sans lassitude possible. Séverin, non seulement dévoile une âme d’artiste colorée, généreuse et prolifique qui est enveloppante sur scène, mais en plus il offre à la série de groupes pop français qui depuis les années 2000 n’ont rien à envier aux anglosaxons, son travail et sa sublime personnalité. Au panthéon des disques de Piggledy Pop! SéverinSite 

  One-Two