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dimanche 17 juin 2012

Marshmallow

Le disque des Marshmallow est tout fraichement sorti et il destine au voyage, à l’escapade sous le soleil ( à ce point que même mon facteur chafouin ou ma boite à lettres fantôme lui a fait faire une promenade ). En voiture Simone ! Le disque tourne dans la platine, la chauffe et on s’imagine soit à Deauville en décapotable soit en Chappy fumant sur les sentiers du Mont Chopine. Puisque je suis dans le détail géographique, je profite de suite pour rectifier l’origine du groupe qui n’est pas clermontoise mais Egletonnaise et vichyssoise. Bref. Depuis 2003 les Marshmallow sillonnent la France dans leur minibus, assurant des concerts, des festivals jusqu’à la sortie du premier EP chroniqué ici : MarshmallowPiggledyPop
 
J’écrivais en 2009 : ce quator donne un profil mod’s au désuet et aride crâne de Giscard. Avec les Marshmallow dans le ouïes on a envie de grimper au sommet du Puy de Dôme à 100 à l’heure, d’imaginer Vercingétorix danser le jerk avec des nattes psychédéliques sous son casque à cornes. Fred Gamboa au chant et guitare avec son timbre de voix me fait penser à un Doherty gaulois. Son chant porte les titres avec maturité, frénésie et un savoureux dosage d’excentricité qui manque au rock français. Fabien et Julien assurent à la guitare électrique hallucinante et à la basse punk un rock d’une qualité mélodique désaltérante, sans oublier le son des baguettes dévergondées du dernier arrivé dans la clique, le p'tit bout'gnat à la batterie, Pierre. Les quatre musiciens chantent et forment un chœur d’une énergie tenace et orchestrent leurs titres avec une homogénéité à faire pâlir les rockeux anglo-saxons. Les textes véhiculent une ambiance de plage, de vacances, communiquent une franche et bonne humeur.

L’album A l’heure d’été paru le 4 juin dernier est un régal mélodique absolu. Les 11 titres qui échelonnent cette perle sont dansants, les paroles en français sont ensoleillées, les papapapa brûlants rythment les airs pop qui (pas forcément dans l’ordre) évoquent les chinois de Dutronc, la berlue de Hardy, le Revolver des Beatles, le Who loves the Sun du Velvet Underground et la sunshine pop des Beach Boys dont les Marshmallow assurent la première partie au Grand Rex. La note mods british qui habille l’ ensemble accompagne à merveille les textes français et cela mérite qu’on tire son chapeau. Les thèmes de l’amour, du voyage, de l’été sont traités avec fantaisie, duveteux et fourmillants de métaphores élégantes à la française. 


C’est musicalement impeccable, écrit et joué avec dextérité. La batterie de Pierre Durand et les percussions du réalisateur Yarol Poupaud qui participe aussi aux choeurs, les guitares de Fabien Peuch, la basse de Julien Zanetti et le chant leader de Fred Gamboa voltigent, taquinent, se fondent à la voix de Fred. Le chant de Fred Gamboa donne du tempo aux mots, tantôt écorché, spontané comme sur Bloody Mary à la paille et Enervé, rieur, frivole et chenapan dans A l’heure d’été et La logique de l’homme-canon. Marshmallow nous transporte dans ses loopings, au soleil Au fond du désert et sous Des palmiers sur ton Uniforme, à plein gaz sous Les Baobabs, en parachute ou sur les autoroutes dans 123° Fahrenheit. Le groupe balance des sons sucrés, donne du mouvement estival et jovial aux 11 titres, sans exception, nourris d’harmonies vocales chaloupées et d’arrangements pop festifs. La qualité de la production de Yarol Poupaud (guitariste de FFF et compositeur de la BO de Bus Palladium), du new-yorkais Mark Plati ( Bashung, Bowie, Rita Mitsouko, Cure) sur Les Baobabs, ainsi que de Julien Gaulier (des groupes British Hawaii et Hey Hey My My) est admirable. A l’heure d’été est au top des albums Piggledy Pop 2012 et les Marshmallow en tournée viennent nous donner le vertige à Paris au Nouveau Casino le 18 juin puis aux Francofollies de la Rochelle le 13 et 14 juillet.
 MarshmallowMyspace