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mercredi 5 octobre 2011

Sunday Sunday

Sunday Sunday est le pseudonyme ensoleillé de Gilles Mallet qui sort le splendide album The Death of Johnny H en 2010. Le disque est un véritable phénomène phonique, l’artiste est un personnage atypique dans le paysage musical pop français. Multi-instrumentiste accompli et très complet, Gilles Mallet n’est pas un jeune premier puisqu’il jouait auparavant au sein du groupe Polyethylene et il orne désormais en solo Sunday Sunday de multiples sonorités et ambiances . The Death of Johnny H. est comme un film qui déroule ses séances, au fil des 13 titres, avec des textes travaillés et poétiques. La voix de Gilles est ronde, d’une justesse absolue sur les mélodies lumineuses. Au prime abord, le mariage piano-voix cristallin et l’intimité dans les mots évoquent l’univers de Chris Garneau. Puis en poursuivant l’écoute, battant la rythmique en crescendo, tour à tour en écoutant les titres Bank, Perhaps, New Gold Star, on retrouve du son Beatlesien, quand John Lennon touche par sa perfection vocale, ou encore Bob Dylan dans les partitions folk, de la beauté mélancolique rappelant Nick Drake.



La douceur balance avec le tempo et avance en osmose avec les textes, de manière osée, inspirée. Après la magnifique Northern Star, Coffee emmène malgré son titre dans un moment hypnotisant. La guitare électro-acoustique de 2 many people, suivie de la basse, la batterie et le piano, enrubannée dans le grain de voix de Gilles, joue une composition digne d’une ritournelle d’Elliott Smith. Idem pour Bruce Wayne, où la guitare chevauche sur le tempo du metallophone dévergondé. A radiolise in my acid stomach me rappelle l’atmosphère de Sigur Ros, une voix celeste qui se confirme plus grave et intérieure sur Beautiful Grave Sunday Sunday brille et où Gilles Mallet se révèle plus créateur que jamais. At your funeral explore la ballade avec le synthé qui devient psyché sur les mots plus mordants au fil du déroulement de The Death of Johnny H. qui est un album incroyable, une fleuraison de titres qui s’écoutent sans parcimonie. Le final I know i am a lake est une composition d’orfèvre, à l’image de l’album qui est un astre mélodique. Signé sur Katatak, Sunday Sunday s’ouvre un cap et un horizon pop avec encore de beaux jours devant lui.
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