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mercredi 4 août 2010

Marc Morvan & Ben Jarry

Marc Morvan & Ben Jarry sont deux artistes qui se rencontrent en 2006, après avoir chacun évolué dans d’autres formations musicales dans les années 2000. Marc menait le groupe Three Guys never in, Benjamin était bassiste de Moesgaard et a joué avec Matt Eliott.
Venant du pays nantais, Marc écrit et compose les titres de leur opus Udolpho sorti en 2009 et Benjamin y apporte sa griffe dans les arrangements de violoncelle.

Depuis la sortie de Udolpho, le duo reçoit des critiques élogieuses de toutes parts, légitimes et méritées.




Unique en son genre, les 11 titres qui ornent ce superbe album, également beau par son enveloppe, sont composés de manière originale, contemporaine et classique, mêlant un style actuel dans les arrangements et le format des chansons à une griffe mélodique nostalgique.
Udolpho se savoure, se décortique, se dévoile au fil des écoutes après avoir mis une bonne gifle dès la première. La surprise et l’originalité viennent aussi du fait que Marc Morvan et Ben Jarry soient français. Leur musique transgresse les frontières, les influences anglosaxonnes. Avec ces 10 purs joyaux mélodieux, on voyage autant dans les pays slaves, sur les tours de châteaux écossais (pochette de l’album), les plaines américaines ou sur les cimes néo zélandaises ; Voyage musical majestueux intemporel et inaltérable de qualité.



Dans le fond, les airs dénotent de ce que l’on entend habituellement. La guitare et le violoncelle se parlent, se répondent, se courtisent avec élégance et finesse. Les deux instruments se respectent, les partitions non écrasées par un éventuel télescopage, sont limpides et s’unissent avec clareté, parfois avec fusion et ardeur comme sur la fin de The Magical gloves of K.S.
La dentelle instrumentale du fond est couronnée par les textes de Marc, poétiques, qui résonnent tels des sonnets de Du Bellay, passionnés et esquissés comme des peintures de Blake. L’âme de Udolpho est romantique. Les textes en anglais sont recherchés, c’est un travail d’écriture admirable.




Marc étoffe l’instrumentation et lyrisme de ses compositions avec ses mots mais aussi, ce qui m’est apparu réellement troublant à l’écoute, sa voix. Le chant est le troisième instrument et la présence de la voix de Marc est l’essence d’Udolpho. L’interprétation des paroles tient un rôle liant et fondant, primordial même car le grain de voix harmonieux et très juste de Marc Morvan est charismatique. Son chant balance de nobles particules dans les airs d’Udolpho; Douceur et volupté, son chant d’aède apporte une oralité à la guitare et au violoncelle de Benjamin Jarry pour former une tierce somptueuse.



Notes de Marc Morvan sur Udolpho, suite sur le myspace...
myspacemarcmorvanundbenjarry
"Nous voulions pour ce disque un titre qui renvoie à l'imaginaire littéraire, car l'idée principale était de raconter des histoires. Voici quelques éléments pouvant éclairer notre travail sur chaque titre, même si les références convoquées ne sauraient en figer l’interprétation. Il s’agit toujours de traces, de souvenirs, transformés par l’imaginaire. Le titre du disque « Udolpho », provient du roman gothique anglais "The mysteries of Udolpho" d'Ann Radcliffe, publié en 1794. Il y a dans une de nos chansons « Emily », une jeune femme attentive à ses premiers sentiments amoureux, égarée dans la campagne anglaise. Cette Emily, je n'y avais pas pensé à l'époque de l'écriture de la chanson, pourrait tout à la fois ressembler au personnage principal du roman d'Ann Radcliffe (Emily St Aubert), comme à ses lectrices, des femmes, plutôt jeunes en majorité, au goût prononcé pour le romanesque. C'est donc d'un roman pour jeune fille dont il s'agit, mais pas seulement : Walter Scott notamment, en avait loué les qualités littéraires."

« From the lair of the desert’s king » évoque l'accablement d'un personnage peu héroïque, dont la femme a été enlevée par 717 soupirants armés, et promise au Roi du Désert. Aussi veule qu’il puisse être, il part quand même à sa recherche, mais meurt enseveli sous une avalanche de sable… gris ; car si « l’orient est rouge comme le vin », le désert est gris depuis Delacroix ! Cette chanson doit autant aux films de sabres japonais, qu’au Peckinpah d’«Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » auquel je pensais au préalable en jouant l’intro de guitare."

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