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samedi 14 mars 2009

Kevin Ayers


Kevin Ayers est un envoyé du dieu de la pop, le genre de muezzin que l’on rêverait d’entendre chaque matin au réveil. Originaire du Kent, fils d’officier de la Marine britannique, il intègre adolescent la scène musicale de Canterbury en créant les Soft Machine aux côtés de Mike Ratledge et Robert Wyatt ( fondateur de l’excellent Matching Mole; Wyatt collabore récemment à divers projets d’Elvis Costello, David Gilmour, Bertrand Burgalat). Ensemble, ces deux figures du sud de l’Angleterre, avec Hugh Hopper, Brian Hopper, et Richard Sinclair, seront les Wilde Flowers en 1963.

1963, l’année où les Beatles jouent à gogo au Cavern de Liverpool. Love me do résonne dans le nord alors que les Soft Machine dans le sud font sonner les guitares et claviers d’un rock progressif naissant. (Soft Machine, nom du roman de William Burroughs.) En 1969, il accompagne son copain de Soft Machine, David Allen, à la création du groupe Gong puis entame sa carrière solo en offrant Joy of a Toy. L’album n’a pas l’accueil mérité et ne se vend pas. C’est pourtant une perle pop, des titres grandioses à la guitare acoustique, accompagnés de flûtes, piano, violons. Fantastique.
1970, Shooting at the Moon sort. Dès lors Kevin Ayers poursuivra son travail de création et d’interprétation avec plus d’une quinzaine d’albums et des complicités avec des pointures comme Jimmy Hendrix en 1968 ou encore Syd Barrett des Pink Floyd en 1970; ils composent tous les deux Singing a Song in the Morning.

Dans la foulée, un jeune guitariste, Mike Oldfield, vient se joindre à Kevin Ayers et petit à petit se forme un ensemble d’artistes de talent appelé The Whole World.
Le génie d’Ayers passe à la trappe; ignorance à ras les pâquerettes des critiques et du public, que rencontre aussi le phénomène Gainsbourg en France. Guitariste, bassiste, pianiste, Ayers est pourtant, avec Barrett, un des plus grands compositeurs de pop anglaise, entier et égal à lui-même; il ne se corrompt jamais à faire des courbettes aux majors et à l’industrie de la musique.
Dans les années 80-90, il joue beaucoup, sillonne l’Europe, enregistre Diamond Jack and the Queen of Pain en 1983, Falling Up en 1988, puis le précieux Still Life With Guitar, album acoustique de 1992. Les années suivantes seront ornées de lives aux Etats-Unis et Europe jusqu’en 2000, quand Kevin s’installe définitivement dans le sud de la France.

2007, Gary Olson des Ladybug Transistor le rejoint. Ils partent à Tucson et New-York pour enregistrer Unfairground. Ce disque est un réel bijou, la voix de Kevin scintille au milieu des guitares, trompettes, tambourins, violons, claviers. Unfairground est un grand album, brillant et riche d’une instrumentation de cordes et cuivres, probablement la meilleure sortie de 2007 à laquelle participe Euros Childs des Gorky’s Zygotic Mynci (piggledy 15/11/08) qui nommera d’ailleurs une de ses chansons Kevin Ayers sur l’album Airbag. Participent également à l’enregistrement les membres de Neutral Milk Hotel , des Teenage Fanclub, le chanteur des Trash Can Sinatras, Robert Wyatt joue sur Cold Shoulder, ses amis de Soft Machine, Bridget St. John, égérie de John Peel, chante en duo avec Kevin sur Baby Come Home, Candie Payne, chanteuse et compositrice de Liverpool, sœur du batteur des Zutons. Le disque est un cocktail de générations, symbole d’une pop intemporelle, de bon goût, classe et efficace, astrale … « Encore un beau sourire, et apres ca je peux partir, Puis-je m'asseoir aupres de toi, pour te regarder? J'aimerais bien la compagnie de ton soleil »
kevin-ayers.com

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