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mardi 3 juin 2008

The Real Tuesday Weld


Comme il n'y a plus de perles rares sur les étals des magasins de disques, d'heureuses découvertes ne sont désormais possibles que sur la toile. Tel Indiana Jones qui découvre le graal, j'écoute l'oeuvre de Stephen Coates et son groupe The Real Tuesday Weld.
Ses huit albums (At The House Of The Clerkenwell Kid 2001, Where Psyche Meets Cupid 2001, I, Lucifer 2002, Les Aperitifs et Les Digestifs 2004, The Return of the Clerkenwell Kid 2005, Dreams That Money Can Buy 2006, The London Book of the Dead 2007 et le dernier At the End of the World 2008), 7 singles et un ep L'Amour et la Morte sont une mine d'or.

Stephen Coates est un ovni. D'ailleurs il suffit de lire sa biographie pour se rendre compte qu'il n'est pas de la trempe de monsieur Toutlemonde. Il grandit en Angleterre dans une maison baignée par des mélodies des années 30, il y explore le piano et la trompette tout en lisant de la mythologie et developpant une prédilection pour les hallucinogènes. Etudiant au Royal College Arts of London, il décide de devenir moine boudhiste, part 4 mois dans les montagnes espagnoles sans fumer ni boire. Il visite un shaman et finalement poursuit ses expériences excentriques à travers le monde...la suite sur son site officiel.
Stephen Coates c'est une simple dose de talent. En créant The Real Tuesday Weld en 2000, il dit pouvoir ainsi mettre ses rêves en musique. Ses nuits sont apparemment en ébullition et il rêve de l'ancienne actrice Tuesday Weld, du chanteur rétro Al Blowlly, de Gainsbourg, des Beatles, de Morricone, de jazz, de Lucifer, de La Belle et la Bête...Ce méli-mélo donne le fameux "antique beat" comme il le nomme lui-même.

D'un album à un autre, on passe de l'ambiance music-hall, des comedies des années 20 à une audacieuse instrumentation électronique alliée au saxophone, cor, trompette, piano, ensemble symphonique. C'est une féerie d'instruments sur des textes fantastiques comparables à des scenari de films. L'album I, Lucifer est la BO du roman revisité de Glen Duncan. D'un titre à un autre, on goûte à la bossa, au son chic de l'easy-listening. C'est une valse de rétro, jazz, classique, pop, electro, bossa, psychadélisme. Coates mêle le contemporain au vintage avec brio, nous invite à traverser les années folles dans les rues de Londres ou de Paris, avec par exemple la chanson La Belle et la Bête chantée par son ami français David Guez que Stephen se charge d'accomplir le titre en anglais The Ugly and Beautiful. Les titres comme Paris Blues, The Birds and the Bees, It's a wonderful Life sont des airs pop en décalage total avec ce que propose l'industrie de la musique actuelle. Sa griffe artistique oscille entre Portishead et Burt Bacharach .
L'ensemble des albums de the Real Tuesday Weld forme une oeuvre sculpturale. C'est du style en boucle orné d'atmosphères très britishs. Le chant de Coates et ses orchestrations sidérales démontrent sans nul doute la superbe de l'artiste.
myspace.com/therealtuesdayweld

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