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dimanche 23 juillet 2017

Marco Rea

Marco Rea est, au même titre que Stuart Kidd, un des auteurs-compositeurs interprète d'indie-pop écossais des plus talentueux. Il transporte avec lui un univers artistique plein de style, de classe et de lyrisme. Marco est presque anachronique. Il aurait été dans son élément de 1950 à 70. Le musicien de Glasgow dépose dans ses chansons autant de musicalité que de littérature, de peinture et partage son émotion très naturellement. Son élégance et sa préciosité transposées dans ses compositions offrent un résultat efficace, parfaitement intelligent et perfectionniste. Pour mes oreilles, c'est de l'or.



Marco épouse toutes sortes de claviers. Peau à peau, il excelle au clavecin, piano, synthétiseur, moog, joue de la basse, de la guitare classique et électronique. Il n'est pas seulement technicien, il invente et crée des mélodies sublimes qu'il chante avec tout autant de créativité. C'est au sein des BMX Bandits qu'il met le pied à l'étrier, plus exactement, le pied sur scène et dans les studios d'enregistrement, notamment pour l'album de 2009 Rise and Fall of BMX Bandits et pour celui de 2012 BMX Bandits in Space où il joue de l'orgue, de la flûte, de la guitare, du piano, chante et acte en guise de producteur. 2011, il prend part au groupe chorale The Store Keys comprenant Stuart Kidd, Roy Moller et Stevie Jackson des Belle and Sebastian, qui signe son album solo I can’t get no la même année. En 2014, Marco joue de la guitare sur la bande son du film musical God Help the Girl de Stuart Murdoch et en 2017, participe au magnifique album de Linden son ami de Barne Society, label collectif de musiciens écossais.

Si beaucoup d'artistes et groupes écossais font appel à lui, c'est en 2010 avec le projet The Wellgreen partagé avec Stuart Kidd, que Marco Rea déploie ses ailes et sous sa crinière brune, son sourire.
TheWellgreenPiggledyPop2012
StevieJacksonPiggledyPop2011
KiddPiggledyPop2014
GodHelpTheGirlPiggledyPop2009
LindenPiggledyPop2017



Marco Rea propose en solo l'année 2015 son premier album varié et coloré, comme le souligne son nom, Wallpaper Music. Il est toujours possible d'acheter la version numérique alors que la version cassette audio a vite été vendue. Ce petit bijou pop, chef d'oeuvre sunshine, m'accompagne depuis deux ans. Je m'y replonge souvent et me dandine à chaque fois comme si c'était la première. A commencer par le dandiesque et galbé instrumental Wallpaper Music qui oblige à se trémousser et à danser. La rythmique revitalisante est souriante. Caisse, basse et orgue se dandinent sans scrupule. Cette ambiance poursuit sa course guillerette avec la haute en notes et en couleurs Someone's Picture. Les harmonies glorieuses et immédiates invitent à chanter. Les fans des Euro Childs avec qui Marco travaille et de Doctor Cosmos y trouveront au détour des arrangements psychédéliques et très pop leur bonheur absolu.

Time arrive et subitement son charme d'antan, son romantisme évoquant le passé et des châteaux de sable, tournent et virevoltent aériens pour toucher les âmes sensibles. L'humour de Marco resplendit dans le tempo galopant de Sunday où son esprit rieur brille dans les flûtes, le piano et la batterie à la façon des Kinks et des Beatles. Puis Seen Her In The Sky vient surprendre avec sa mélodie jouée au piano délicate et mélancolique. Toute la personnalité de l'artiste transperce l'album.



On sautille sur des harmonies pop pour en quelques secondes s'émouvoir tendrement sur des notes captivantes de douceur comme sur All One. Les voix en chorale habillent celle de Marco, cristalline, qui sillonne les partitions avec un charme fou. Le mélange des notes de la basse, du piano et des cymbales vont se confondre au texte plein de poésie, d'images de voyage imaginaire, de bord de mer et ses bateaux, ses badauds, qu'observe un coeur brisé et isolé. Le titre To poursuit dans le même style, mêlant présent et passé, la solitude aussi avec le traitement élégant rempli d'espoir et d'optimisme de son auteur qui scintille à la guitare électrique. Le paysage et l'atmosphère des highlands subjuguent sur When You Fall Down où le soleil se pose sur la neige et les collines que survolent les oiseaux avec le piano majestueux. A l'écoute du chant somptueux de Marco qui zigzague et nous emmène le long des chemins dans les landes, la mélodie de Try qui suit marque autant la ballade de son rythme ondulant et balançant. Yesterday's Sun, magnifique et alternatif, déroule ses notes aussi envoûtantes et langoureuses qu'un What a wonderful World quand les touches de piano se mettent à gondoler, belles et nostalgiques, sur Il Strada Per il Villagio. La pop délicieuse de Family Plan crée de nouveau une ambiance inattendue, consolidant l'effet palette de peintre, d'harmonies et de notes prestigieuses que Marco Rea sort de ses instruments tel un magicien. Wallpaper Music est un tourbillon de chansons, un bouquet d'instrumentaux, composés avec inspiration et émotion, un cocktail d'airs très réussis à se procurer vivement.
MarcoRea



dimanche 16 juillet 2017

Seth Swirsky

Seth Swirsky est un auteur-compositeur américain réputé depuis les années 80. Seth est autrement artiste, multi-facettes, multi-casquettes. De façon passionnée, il crée et offre. Il aime aussi se perfectionner et s'instruire, toujours et encore. Il est écrivain, cinéaste, musicien, journaliste politique etc. Pour ses succès d'antan qui lui ont permis de se faire un nom dans le milieu et gagner un peu d'argent pour en vivre, on ne compte plus les récompenses ni le temps de ses titres chantés par d'autres passé au top des charts. Parmi eux, Love is a Beautiful Thing écrit pour Al Green. Il écrit pour Rufus Wainwright, The Go-Go's, Peter Allen,The Four Tops, The Spinners, The Delfonics, etc... pour plus d'une trentaine d'interprètes.

Ce qui l'anime c'est le baseball, les grands joueurs de ce sport avec qui il correspond depuis des années. Il partage cette passion en publiant ses lettres et échanges avec ces sportifs. Seth Swirsky signe Baseball Letters en 1996, Every Pitcher Tells A Story en 1999 et Something to Write Home About en 2003. Il fait paraitre son succulent dernier ouvrage d'un profil totalement différent et fort instructif en avril 2017, 21 Ways To A Happier Depression.



Seth Swirsky concocte aussi des chansons pour son projet solo en signant en 2005 le formidable Instant Pleasure puis en 2010, le somptueux Watercolor Day. Il y a un an, Seth nous offre son tout dernier album à tomber, Circles and Squares dont le titre Far Away est nominé chanson de l'année au Hollywood Music and Movie Awards. Parallèlement, l'américain s'allie à Mike Ruekberg pour former le groupe The Red Button qui sort l'album She's About to Cross My Mind en 2007 suivi en 2011 de As Far As Yesterday Goes.

En plus de composer, écrire, ses passions épousent la pop lorsqu'il tourne le documentaire Beatles Stories. Ami de Davy Jones des Monkees, Seth est fan des Beach Boys, Beatles, Donovan, Graham Nash qu'il interviewe pour son documentaire où l'on apprend que John Lennon sur ses derniers jours comptait voter Ronald Reagan et avouait être embarrassé par la naiveté des paroles de sa chanson Imagine. PS : Autre trait de la personnalité de Seth Swirsky que j'apprécie c'est qu'il ne vote pas à gauche. Démocrate dans sa jeunesse, il fait un virage assumé à 180 degrés avec les années ; Chose rare, appréciable, dans le milieu de la musique et de l'art, en général, qui ne respire pas la tolérance. Ses convictions ne le complexent pas. Cela fait du bien.



Après ce génial Beatles Stories, Seth retourne étudier et obtient ces deux dernières années à 55 ans un Masters Degree in Clinical Psychology avec lequel il soigne ses patients atteints d'anxiété et de dépression à coups de pop musique en les initiant à la création et l'inventivité.

Seth Swirsky fait résonner ses influences dans ses compositions indie pop. Je conseille chaleureusement les albums de ce maestro de la pop, cathédrales d'orchestrations et d'harmonies pop flamboyantes. Seth a le talent de Burt Bacharach, Harry Nilsson, McCartney dont il est savoureux de se nourrir dès à présent, sans tarder. Les constructions sont alternatives, fines et intelligentes comparables aux morceaux de Brian Wislon. La voix de Seth, ses mots poétiques et positifs, créent un ensemble brillant. Il écrit des titres vibrants et romantiques qui mêlent les instruments, les ambiances, les messages, les lieux pour enivrer et faire voyager. De l'Espagne à l'Ecosse en passant par Liverpool et la côte ouest américaine, on fait autant de sauts dans l'espace, dans le temps que de pas de danse. Les mélodies sont marquantes, légères et solides, intimes et douces, variées, colorées de piano, de guitares, de violons et trompettes. Impossible de se détacher des atmosphères que dessinent Seth Swirsky qui reste en boucle dans mes écouteurs et dans ma liste des artistes pop phares de Piggledy Pop.
SethSwirsky




dimanche 9 juillet 2017

Sophie Scholl - La Rose Blanche - Die Weisse Rose

Sophie und Hanz
Sophie Scholl Die letzten Tage est un film allemand sorti en 2005, réalisé par Marc Rothemund récompensé de l'ours d'argent au Festival de Berlin et nommé pour l'oscar du meilleur film en langue étrangère. Julia Jentsch dans le rôle de Sophie Scholl et Alexander Held dans le rôle de Hans Scholl sont tous les deux remarquables. Auparavant, il y a eu La Rose Blanche, film de 1982, réalisé par Michael Verhoeven. Il y a une bibliographie sur Sophie et le mouvement de la Rose Blanche très fournie, un mémorial à Munich, des noms de rues, un prix de littérature, le nom du pont de Strasbourg qui relie le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme...Le pont de la Rose Blanche... Un symbole qui j'espère ne reste pas qu'au niveau des pieds mais monte aussi jusqu'au cerveau.

Hanz Scholl 1942


Sophie Scholl est la Rose Blanche. Avec son frère Hans Scholl qui choisit le nom, ils montent un réseau de résistance au régime nazi en 1942. Tous les deux sont pacifistes. Leur démarche se veut sans violence et ne réside que dans les mots, les tracts distribués ou envoyés par la poste . Ce cercle clandestin était constitué en majorité d'universitaires attachés aux valeurs de la Liberté : Sophie, étudiante en biologie et philosophie, son frère Hans et ses amis de la faculté de Médecine, Christoph Probst, Willi Graf, Alexander Schmorell, né en Russie. Orthodoxe très pieux, il sera canonisé en 2012 par l'Eglise Orthodoxe Russe. Tous sont arrêtés et condamnés à mort, décapités, pour haute trahison en 1943.



Sophie a alors 21 ans. Elle est garde d'enfants. Elle étudie la journée à la faculté des sciences de Munich et la nuit venue, avec Hans et les amis, dès le printemps 1942, ils rédigent des tracts, les tapent, les mettent sous plis, les timbrent et les envoient. Pour disperser au maximum les tracts envoyés à des intellectuels, médecins, journalistes, écrivains, professeurs, libraires, Sophie se dévoue pour prendre des trains de nuit, avec sa valise pleine des tracts, qui partent de Munich et sillonnent l'Allemagne. A son arrivée dans ces villes, seule, elle tracte et glisse des paquets d'enveloppes dans les boites postales. Elle se désigne volontaire pour le faire parce que selon elle une fille prend moins de risques au contrôle des SS dans le train. Des milliers de tracts signés la Rose Blanche seront éparpillés et lus dans tout le pays.
Alexander Schmorell

Christoph Probst et Alexander Schmorell2


Les cinq amis ne sont pas seuls. Nombre d'autres résistants les rejoindront et connaitront le même sort l'année qui suit. Il y aura six essentiels tractages. Sophie et Hans sont des protestants très croyants, Willi est fervent catholique, en 1933, il devient chef de la Neudeutschland, une organisation catholique pour la jeunesse qui sera interdite par Hitler comme toute autre organisation pour la jeunesse autre qu'hitlérienne. Christoph, lui, demande le baptême en prison après son arrestation et se convertit à la foi catholique. Quant à Alexander, sa foi est vivace. Il y a le professeur Kurt Huber qui entrera en contact avec les deux membres fondateurs de la Rose Blanche, Hans et Alexander, très influencés par leur professeur, qui rejoindra le mouvement et sera aussi arrêté puis exécuté.

From Leaflet 3, extrait du Tract 3.
"We will not be silent. We are your bad conscience. The White Rose will not leave you in peace!"




Sophie Scholl

Le premier tract fait essentiellement référence à la bible et cite Saint-Augustin, le second dénonce la Shoah et l'Holocauste, le troisième appelle à faire tomber le national-socialisme, le quatrième dénonce la politique militariste du Führer. Pendant l'hiver 42/43, la Rose Blanche se développe, est au sommet de son activité. Le cinquième tract "Appel à tous les Allemands" est celui que Sophie distribue dans tout le pays à des milliers d'exemplaires. C'est l'escalade des actions du mouvement qui en quelques jours marquent de leur signature tous les murs de Munich, sabotent la centrale électrique plongeant la ville dans le noir pendant une semaine. A l'université de la ville où se trouve le noyau dur de la résistance, les enseignants ne contrôlent plus la situation. Le 16 février 1943, les événements font paniquer les autorités et des chefs SS arrivent de Berlin pour faire la morale aux étudiants de la faculté qui crient, huent et se ruent sur la sortie en les bousculant. C'est dans les mêmes jours que Kurt Huber rédige le sixième et dernier tract de la Rose Blanche. Il sera tiré à 2000 exemplaires dénonçant les atteintes à la liberté du Parti national-socialiste, appelant à se soulever contre cette oppression.
Christoph Probst

Le 18 février Hans et Sophie Sholl prennent l'énorme risque d'aller déposer des piles de ce tract en plein jour dans les couloirs de l'université, en faire voltiger une liasse du balcon principal. Ils seront surpris par le concierge qui les dénonce. Sophie et Hans sont emmenés par la Gestapo, interrogés et torturés à la prison de Stadelheim pendant deux jours et deux nuits. Cela n'apparait pas dans le film, qui reste pourtant très fidèle aux procès-verbaux mais l'interrogatoire a été violent. Sophie arrive avec une jambe cassée sous ses béquilles le 22 février devant le tribunal du peuple présidé par le féroce SS Roland Freisler, ancien communiste. Le procès est expédié, en moins de trois heures c'est la sentence, peine capitale. Ce tribunal ne respectera même pas la loi autorisant 99 jours avant l'exécution. Sophie (21 ans), Hanz (25 ans) et Christoph (23 ans) seront tués le jour même à 17h juste après avoir eu le droit de dire adieu à leurs parents. Les témoignages relatent le grand et terrible courage de Sophie pendant les interrogatoires, le procès et quelques minutes avant d'être décapitée. 
Willi Graf


Dans les jours suivants, Alexander (25 ans), Willi (24 ans), Kurt Huber (50 ans) sont exécutés, les autres membres seront arrêtés, torturés, décapités ou déportés dans les camps. Certains survivront, d'autres pas.



Sophie Scholl

Ce qui a réuni au départ les vaillants camarades de la Rose Blanche c'est une vraie et pure amitié. En 1942 quand Hanz enrôlé est envoyé sur le front de l'Est à Gagarine, Hanz tombe amoureux de la Russie. Il fait la connaissance des paysans russes et son ami Alexander qui est aussi au front fait la traduction. En rentrant, quand les deux amis se retrouvent le soir avec les autres, c'est souvent qu'ils entonnent des chansons russes. Hans joue de la guitare depuis ses 16 ans et avec Sophie ils lisent beaucoup, vont au cinéma et fréquentent les musées régulièrement. Les frères et soeurs s'écrivent et leurs lettres de 1937 à 1943 seront publiées. Ils y échangent leurs avis sur leurs lectures. Ce sont tous les deux de grands lecteurs, dans leur correspondance ils parlent de Goethe, Rilke, Hölderlin, Schiller, Lessing, Bloy, Gide que Hanz traduit, Maritain, Bernanos, Cocteau, Claudel, Dostoïevski, Aristote, Pascal, Kant, Jünger et Thomas Mann qui touché par la mort des jeunes Scholl leur rendra un vibrant hommage de Londres en juillet 1943 où l'écrivain en exil s'écrie sur les ondes de la BBC "Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés".

"Il faut avoir un esprit dur et un coeur tendre" - Sophie Scholl
"La vie, c'est une grande aventure vers la lumière" - Hanz Scholl



Sophie Scholl

Kommode


Kommode est le nouveau projet de Eirik Glambek Bøe des Kings of Convenience accompagné de son ami d'enfance Øystein Gjærder Bruvik à la guitare, au chant et de Anders Waage Nilsen à la batterie, ces deux musiciens étant les membres du groupe Skog. Mais je suis en train de me demander s'il est possible que vous, mes chers lecteurs, ne connaissiez pas encore les Kings of Convenience...! Si c'est le cas, c'est très mal.
Vous êtes obligés d'aller là : KingsOfConveniencePiggledyPop2009
Pour être absolument absous, encore par là : WhitestBoyAlivePiggledyPop2008



Kommode déboule comme une météorite 'dance-music' en 2017 avec le premier titre Fight Or Flight Or Dance All Night. Tout est dit, c'est plutôt clair quand on se penche sur les paroles. En ce début de mois de Juillet, la gourmandise reste affûtée avec la présentation du deuxième titre qui paraitra sur l'album Analog Dance Music, le fabuleux Captain of your Sinking Ship. Dans les deux morceaux, la brise pop norvégienne est porteuse de bossa, de jazz, d'un tempo dance-pop orné de sunshine pop, mêlant des mélodies joyeuses pour des thèmes moins drôles, ce qui facilite le message. La définition du label Brilliance Records s'accorde parfaitement au sentiment qui saisit à l'écoute des titres : "Kommode succeeds in creating music that would be the ideal soundtrack to a midsummer’s party, surrounded by friends, kissed by the sun, wine in hand, overlooking the ocean in the south of France."
Kommode c'est très beau, un patchwork galopant d'influences musicales très contemporain avec des arrangements fins, une orchestration parfois funky, parfois disco, assurés par les trois amis qui opèrent avec talent et amusement certain. Leurs voix sublimes se glissent subtiles sur les harmonies. Le jeu de basse d'Eirik va comme un gant au rythmiques d'Anders qui font rimer samba et funk sur les accords grandioses d'Øystein. Pour ceux qui sont prêts à avoir sacrément chaud en se trémoussant cet été, le vinyle blanc Analog Dance Music est en vente ici : Kommode





Paddy Hanna

J'aime Paddy Hanna depuis les sublimes disques Join the Army de 2013, Leafy Stiletto de 2014, les singles Austria et Underprotected de mars et décembre 2015. "Paddy Hanna fait partie de ces artistes prolifiques et complets, auteur-compositeur et interprète au coeur de quatre projets, il joue de la guitare, du clavier, de la batterie et aime la scène où il est comme un poisson dans l'eau. Basé à Dublin, l'irlandais est actif au sein des groupes Grand Pocket Orchestra, Skelocrats, Ginnels et No Monster Club. Il n'arrête jamais (...) Pour fêter la Saint-Patrick en communion avec les amis irlandais, Leafy Stiletto est l'album parfait à savourer. Pop, dansant, harmonieux, le disque est croustillant de mélodies, techniquement sublime et Paddy y chante comme un rossignol punk sensible au retour du printemps. Sa voix, puissante et solide, s'amuse à faire des loopings (...) Paddy Hanna est un personnage, un musicien inventif et généreux qui délivre sur disques et sur scène son monde musical fleuri et varié fort stimulant. "
Pour la suite, c'est par là : PaddyHannaPiggledyPop2015



Cette année passée, Paddy a participé au magnifique projet associatif My Lovely Horse Rescue aux côtés de Duke Special, Neil Hannon, We Cut Corners, The Late David Turpin, No Monster Club, Sissy et Gar Cox, toute la joyeuse équipe du collectif de musiciens dublinois, le label Popical Island. Pour apporter leur aide, les artistes signent l'EP de sept chansons, My Lovely, dont le fruit de la vente est totalement reversé à l'association irlandaise qui protège et soigne les chevaux, poneys, ânes, abandonnés ou négligés.
MyLovelyHorseEP





Avec la sortie en mars 2017 du single Bad Boys et Sunday Milkshake d'une cambrure pop fracassante, les fans se délectent du deux titres . Composés avec soin et inspiration, arrangés avec une orchestration délicate de cordes et de cuivres, ils sont habillés de textes toujours éloquents, amusants et colorés. Paddy a un don de compositeur ensorcelant, griffe des thèmes qui nous emmènent dans des sphères littéraires, cinématographiques, dans des histoires qu'il interprète d'une façon singulière. Il utilise ses cordes vocales comme un arc. Son chant peu être aussi tendu que relâché, ses émotions telles des flèches parsèment les mots où les notes de son harmonica. Sa voix typée et originale resplendit sans cesse. Les mélodies de Bad Boys et de Sunday Milkshake sont riches de rythmes, de style, et délivrent de la matière dans les instruments comme dans les thèmes. Le conteur prophète au charisme infini aime broder sur des sujets réalistes qui même clamés de manière directe et franche deviennent magnifiquement poétiques. Nous sommes de nombreux fans mordus par l'univers indiepop de Paddy Hanna. Le personnage fait partie du panthéon Piggledy Pop et j'espère un nouvel album bientôt. PaddyHanna





samedi 1 juillet 2017

The Green Fields

The Green Fields est un projet conduit par Chris Mondia depuis 2003 lorsque qu'il signe l'album Melodies For Afternoon. L'artiste de Philadelphie est un musicien multi-instrumentiste en plus de composer des mélodies et d'écrire des textes incroyablement beaux. Chris joue de la guitare, de la basse, mandoline, harpe, piano, percussions et batterie, glockenspiel et des amis viennent parsemer ses chansons de trombone, banjo, trompette, wurlitzer etc. L'âme des mélopées est pop, arrangée tantôt folk, country, sunshine et tantôt britpop dans la veine des Kinks et des Beatles dont son père, musicien également qui lui a appris à jouer du piano et de la guitare, est un grand fan.

Ses premières armes, Chris les aiguise au sein de Ella Megalast, formation indiepop profilée shoegaze, puis tourne et joue avec son second groupe The Aerial Tour Instrumental en signant l'album Introducing The Way Out…!!. Suite à la séparation, c'est l'occasion de se lancer en solo. Nourri d'influences colorées et parfumées depuis sont adolescence quand Chris pioche dans les disques de ses parents, il est mordu par le son des sixties et des seventies. Il aime retranscrire ce profond intérêt dans ses partitions. Les fantômes de Jimmy Webb, Burt Bacharach, Roger Nichols, Beach Boys, Glen Campbell, Byrds, Love, Small Faces et d'autres artistes de country, folk traditionnel, pop seventies allant de Charlie Rich, Tammy Wynette à Gene Clark et Gram Parsons réapparaissent dans son travail d'arrangeur.



Le 30 juin 2017 sort un nouvel album après 14 ans d'attente. I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming que j'ai reçu il y a une semaine ne me quitte plus. Tous les titres sont somptueux et dignes d'un travail de très grand compositeur et arrangeur que la presse qualifie de profilé façon Brian Wilson. Chris Mondia a pris le temps de peaufiner et sculpter un véritable bijou alternatif et brillant de pop. Les textes y sont poétiques, à l'image de son auteur qui sensible à ce qu'il voit, à son environnement, dépose délicatement ses contemplations dans ses mots. L'ambiance est tendre, joyeuse, mélancolique, picturale et printanière. Comme un impressionniste, il agrémente ses chansons de couleurs, de saisons, de traits, d'ombres, de lumière et de sentiments. L'album I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming est imprégné de la nature et de sonorités proches des univers de Gorky’s Zygotic Mynci, Belle & Sebastian, Ladybug Transistor, du label américain Elephant Six de Robert Schneider. Pour planter le décor, The Green Fields commence avec la pastorale et instrumentale The Young and Often Spring.



L'introduction jouée à la guitare acoustique nous plonge dans les effluves subtiles et euphorisantes du printemps naissant. Les notes sixties dansantes des guitares, des violons et des trompettes sur When The Blowing Wind Comes portent une énergie qui gonfle les voiles harmoniques. La performance vocale de Chris apporte un bonus à la structure mélodique en mutation permanente. Le chant, les arrangements sont souriants, dansants, solidement groovants. Les claviers motivés se marient joyeusement à la guitare sur Shadow On The Ocean qui sautille dans tous les éléments brillants de l'instrumentation. Les harmonies mutent, évoluent, s'entremêlent à la perfection comme une broderie de dentelle pop. L'orgue sixties sur les guitares garage de Words That Stay sont impeccables d'originalité et de grâce beach boysienne dans les choeurs. Le titre progresse et tel une chrysalide s'ouvre sur des arrangements alternatifs resplendissants. Quand arrive Now I'm Not Sure dans les oreilles, mon cerveau s'arrête net sur la qualité du jeu de guitare, la voix de Chris et ce texte amoureux nostalgique qui mêle les sentiments à la perception de la musique. La rythmique s'emballe comme un coeur tambourinant pour ralentir le temps de l'instrumental Still I See Your Face suivi du délicieux Fair and Tender Ladies.



La basse sur le glockenspiel et la batterie guillerette de A Lovely Sleep relance la cadence, assurée par le chant et les guitares qui donnent des frissons et de l'émotion dans les dernières secondes. Les accords de guitare sur My Dreams of Old Age, le cuivre de la trompette, caresses qui enveloppent l'audition, accompagnent un texte magnifique, blindé de respect et de sentiments amoureux qui transforme la chanson en merveille absolue et patine d'éternité. La chaleur ensoleillée de Glen Canyon, superbement produit, accroche l'attention et l'ambiance champêtre fait démarrer un déhanché incontrôlé. Will You Let Me Bend To Say enchaine ses notes cohérentes et fluides sur un début d'une douceur infinie qui se transforme en mélopée dansante et virevoltante. Puis Alania ornemente magnifiquement une fin d'album qui arrive trop vite avec ses envolées de violons sensuels et une construction alternative magique. Les sons mélangés aux silences donnent un ensemble passionnant, construisent une énergie musicale explosive pendant 4.50 minutes.
The Green Fields offre son jardin secret avec I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming. Je m'y glisse depuis une semaine et savoure tout son lyrisme, sa chaleur et sa lumière, une nouvelle fois touchée par la grâce qui renforce ma foi en la pop.
TheGreenFields



samedi 24 juin 2017

Ricky Hollywood

Le nom d'album Le Modeste Album paru en mai 2017 m'a fait sourire et cela suffit à m'intriguer. Ricky Hollywood, comme les chewing-gums, est bien français, un parisien. Il l'est d'autant plus qu'il a la délicatesse d'écrire ses chansons en français, ce qui les met en valeur sur une orchestration typée french touch, dont les amateurs de pop sont frugaux. Je le dis souvent et le répète, des auteurs-compositeurs qui se lancent courageusement dans l'écriture proche de leur culture, de leurs émotions, sont des ambassadeurs de pop qui font notre fierté tant leurs chansons sont plus émouvantes. Esthète, artiste inspiré, Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood est batteur depuis des années sur les scènes et compose au sein d'autres groupes comme Melody’s Echo Chamber ou la Féline dont la marque japonaise Shiseido a utilisé la chanson Cent mètres de haut pour leur plateforme web. Ce nouveau projet pop Ricky Hollywood commence son chemin en 2013 avec l'EP grandiose Renaturation suivi en décembre 2016 du truculent EP Ricky & les Dix​-​iples, pour lequel Ricky s'enferme à l'Orangerie du château de Boussay avec 10 musiciens non professionnels, sous la houlette de l'ami Benjamin Gilbert d'Aquaserge et de François-Xavier Richard de Le Bon Coin Forever .



Ricky qui compose les neuf chansons, chante, joue également de la guitare, de la basse et bien sûr de la batterie. Avec lui il a ses amis Vincent Mougel, guitare, basse et clavier, Mathilde Vrech au violon, Hugo Chaumet au saxophone. Pour l'album des invités sont venus y accrocher leurs talents, Arne Vinzon, Bertrand Burgalat au chant et moog, Sonia Zannad au violon, Thomas Pearce au violon alto, Bernadette Vincent à la flûte et aux choeurs Yohanna Nguyen.

Le magnifique album commence par un rayonnant morceau La vie te sourit où Ricky assure tous les instruments et nous comble d'une mélopée pop par excellence. Son texte rayonne à la Benigni et son parfum électronique léger qui flotte poursuit sur Prie pour moi, chanson où l'esprit taquin de Ricky fait solidement cavalcade. C'est un mélange d'ambiance bossa au groove sixties, sur des notes ensoleillées, voluptueuses jouées par Hugo au saxophone. On est dans le bain quand attaque le refrain de Salut, je ne te reconnais pas dont les mots sont censés montrer que la sympathie a toujours des barrières, notamment celle qui ouvre sur l'antipathie. Certains ne le savent pas, Ricky sait le rappeler en musique avec grande classe. Le gigotement idiot ne nous quitte plus quand Tu adores cette chanson entre en scène avec les effets de voix qui font des loopings et des vagues disco-pop délicieuses sur le tempo virevoltant et les violons dynamiques.



L'amour peut être, co-écrit avec le génial Arne Vinzon, offre la présence de Bertrand Burgalat égal à lui-même, majestueux, notre wonderman national au clavier et chant. Le groove très moderne accompagne un texte drôle et sensuel. La sobriété dans la voix se fait intime et caressante, sans dogme, sur Le bain de Minuit aussi séduisant dans l'instrumentation que dans les choeurs qui voguent sur le bruit des vagues. Le casque audio déambulant sur Le Modeste Album on découvre un Ricky aussi riche d'humilité que de personnalité riante. Il y a dans son univers musical du Katerine, du Gainsbourg et de la sunshine et baroque pop typée High Llamas ou la french pop de Tahiti 80, Robin Leduc, Pokett, Olivier Marguerit, Julien Gasc, Jérome Pichon, Flop (tous présents sur Piggledy Pop). Peu étonnant de découvrir que Xavier Boyer et Mehdi Zannad apparaissent de ci, de là dans le travail de Ricky Hollywood. Le musicien enchaine la rythmique bondissante avec basse, batterie et claviers vitaminés jusqu'au down tempo de l'ego surdimensionné de Tu te regardes qui compte la participation de La Féline pour un texte mordant 'je me regarde et je m'enlise lorsque je suis en analyse, je me regarde dans ton regard et ça me fout trop le cafard'. Le disque se conclut sur Trop de bruit à la construction alternative, dansante, qui évoque le sentiment du musicien qui tente de se concentrer sur son album dans les agressions sonores environnantes dont on ne manque pas à Paris. Une série de concerts et de festivals accueilleront Ricky Hollywood cet été. A vos tablettes!
RickyHollywood



vendredi 23 juin 2017

Albé

Albé en un projet pop à l'initiative d'Alexandre de la Baume frais parce que tout récent, rafraichissant parce que tonique, en relief, mélodieux et audacieux. Ce qui séduit au prime abord chez le personnage ce sont ses airs purs, immédiats, mais il ne faut pas s'y fier. La tenue de camouflage cache bel et bien une maturité alliée à une technique de musicien assurément fertile et maitrisée. Ce qui a également accroché mon attention, c'est son don pour la composition. Ses mélodies sont subtiles et sculptées sur sa voix, vraie et puissante. L'auteur-compositeur parisien a le don de la mélodie, l'art de la déposer sur les partitions avec du charisme .



Déjà en 2012, Alexandre écrivait un EP nommé Party puis l'album In Wonder pour son premier projet SingTank. Ils sont suivis du deuxième album Ceremonies en 2014. Je connaissais le groupe mais ma préférence va à Albé qui sonne plus artisanal à mes oreilles et inévitablement plus proche de l'univers musical de son auteur, de ses influences personnelles comme David Bowie, Nick Drake, Lou Reed et les Kinks.

Les chansons d'Albé ne comptent pas en surface, elles creusent un domaine pop, sensible et intelligent, comme si l'aura d'artiste d'Alexandre n'allait pas disparaître d'aussitôt. Son aventure commence avec l'EP Face A qu'il signe ce mois de juin 2017. Il sera suivi à l'automne de l'album.



A l'écoute de Gene, qui joue sur deux tableaux : le langage, franco-anglais et sur le style alternatif des arrangements, on est surpris et conquis. Le relief est travaillé dans l'orchestration, mêlant cordes et cuivres, dans les effets de voix bruts ou en écho, dans la rythmique qui virevolte aérienne ou galope, terrienne. Suit le sublime Valises, où le voyage atmosphérique se fait langoureux. Le synthé contemporain au loin accompagne la basse qui taquine avec grâce, opulence, où trône un texte poétique électrique en français qui lie tradition et modernité. Dans son mélange des temps et des tempos, Alexandre est cohérent. Henri vient décorer l'EP d'une ambiance romantique et épidermique avec les valises cette fois posées dans une grande maison où l'ennui et le désir rodent. Puis la ritournelle Egards, est si touchante par son profil d'aveu qu'elle dévisse la tête jusqu'à la stabilité atemporelle qui passe par la qualité musicale du titre. L'orchestration lumineuse file comme une étoile. Le chant d'Alexandre y est sublime quand guitares, basse, synthétiseur, batterie et cordes se mêlent sans faille. Face A est un délice pop, empli de sensations, de sincérité, avec quatre titres cadrés qui restent en mémoire tant ils sont éperdument beaux.

Albé joue et présente ses fabuleuses mélopées accompagné du batteur Ludwig Dahlberg, du saxophoniste Adrien Daoud, de Léonard Desarthe, compositeur (du groupe La Classe aux côtés de Siegfried de Turkheim, Nicolas Ballay, Joachim Polack, David Bernfeld, Juliette Davis, chez Tricatel) et le guitariste, bassiste Emile Larroche du groupe Saint-Michel qui produit Face A.
Albé