Translate

samedi 18 avril 2020

Carwyn Ellis & Rio 18

Le gallois a sa place réservée sur Piggledy Pop et comme de coutume, il revient en 2019 avec une pièce maîtresse de son répertoire, l'album brulant de bossa enregistré à cheval entre le Brésil et le Pays-de-galles : Joia! signé Carwyn Ellis & Rio 18
Chronique Piggledy Pop de 2017: "Je suis une fan absolue de Colorama conduit par Carwyn Ellis et de son projet parallèle Bendith. A chaque réception d'album, je suis mordue. Le gallois travaille depuis un an sur Some Things Just Take Time, magnifique nouvel album qui paraitra vendredi prochain, le 1er septembre 2017."



"Le Pays de Galles regorge de précieux artistes et Colorama, de Cardiff, y dépose sa pierre pop psychédélique depuis 2008 avec un premier album Cookie Zoo. (...) Entouré sur scène et en studio d'une brillante bande de musiciens, Colorama marque les esprits des poppeux dès cet opus trouvant un public de plus en plus solide au fil des concerts comme celui de Glastonbury en juin 2009 quand son meilleur ami et bassiste avec qui il fonde le groupe, David Fletcher, meurt. Un deuxième album suit en septembre 2009 ; Magic Lantern Show offre des titres en anglais et en gallois, dont Dere Mewn devenu depuis un hymne contemporain pour les gallois. "
Colorama2016
Bendith2017
Colorama2017



Joia! ouvre avec le sautillant et jovial Unman où le tempo glisse dans la voix charismatique de Carwyn, des guitares et des rythmiques caliente avant de lancer la cavalcade de cordes de guitares bossa sur Tywydd Hufen Iâ (le temps pour une crème glacée). La samba resplendit avec l'entrée des caixa, capoeira, claves, flûtes et peaux tendues des caisses sur le texte ensoleillé qui invite à une après-midi sur la plage maquillée de rires d'enfants sous un ciel bleu garni de mouettes.



Dant Melys (dent sucrée) et sa batterie assurée par Domenico Lancelotti, sa rythmique tropicale par André Siquiera, sa basse exotique par Kassin et la fournaises de guitares par Carwyn Ellis, est une mélodie pop typée sixties excellente, fondante comme une crème chantilly dont le profil gourmand et sensuel prête à rougir. L'enchantement poursuit avec Duwies Y Dre et son tempo groovy du synthétiseur et du piano joués par l'auteur-compositeur gallois toujours aussi magnifique chantant dans sa langue natale, accompagné Shawn Lee pour la rythmique et les 'hooo hoooo hooo' chantés à la façon de Marcia Griffiths sur son Feel like Jumping.



Cette touchante déclaration d'amour est suivie par la superbe Gwên (sourire) pleine aussi de poésie et de sentiments, un bijou vif et coloré par la grâce de Carwyn à la harpe, les notes joviales, le tempo étourdissant et le fabuleux Damian Hand à la flûte. Puis Olion (vestiges) entraîne par sa rythmique sacrément dansante et panachée quand Ymosodwyr Anweledig dénonce les anonymes qui attaquent et se défoulent via internet et leurs écrans, les hargneux faciles, sur une orchestration époustouflante.



La guitare et le vibraphone habillent l'air duveteux de Hen Beth Cas qui évoque un voleur à la tire qui rôde et traîne sans pour autant que cela intéresse les autorités qui le laissent courir. Undiú, superbe instrumental orné des choeurs de Nina Miranda conduit vers le dernier titre Diolch Amdani (merci pour cela), monumental et émouvant par ses sons, ses rythmes et les mots interprétés par Carwyn Ellis & Rio 18 qui signe un Joia! sculpté et somptueux. Au sommet de son art, le musicien mêle avec brio le gallois aux instrumentations brésiliennes pour former un mélange efficace qui se place dans le panthéon des disques Piggledy Pop, comme son single paru il y a trois jours Cherry Blossom Promenade, un bijou mélodique qui promet une suite fournie et flamboyante en 2020!
CarwynEllis&Rio18

vendredi 10 avril 2020

Avery Leigh’s Night Palace

Avery Leigh’s Night Palace ( Avery Leigh Draut ) est activement à travailler sur son premier album à paraitre bientôt . L'artiste originaire d'Athens (USA) vit à Brooklyn et se consacre ces trois dernières années à l'écriture et la composition de ce bijou de tempérament et musicalement aquilin. A ses côtés, ce sont mis au travail deux ingénieurs du son et producteurs de caractère eux aussi : Drew Vandenberg (Toro Y Moi, Kishi Bashi) et Andy LeMaster (Conor Oberst, of Montreal), ainsi que ses musiciens et compagnons de scène Dillon McCabe à la guitare et synthétiseur, William Kissane à la batterie et Zack Milster à la basse.
Déjà en 2018, le single Night Shade et son allure surf-pop nous apporte un sacré indice sur la qualité de sa volonté et de sa griffe artistique. Le titre paraît sur la compilation Summer Singles comptant dix titres interprétés par une belle brochette de noms et mise en place par le producteur et musicien Jesse Mangum (Elf Power).



Sur ce prochain album d'Avery l'electro-pop céleste et dansante marque le profil des mélopées, soutenues d'un ensemble d'instruments à vent et à cordes comprenant de la harpe. Diplômée de chant classique, l'américaine fait ses armes avec The Pittsburgh Symphony Orchestra ou en accompagnant au chant d'autres musiciens comme Andrew Bird et Kishi Bashi.

The Zombies (Cover)

La musicienne qui était connue depuis 2014 sous l'alias Wanda sur la scène d'Athens, haut lieu de l'indie-pop, signe ce 10 mars 2020 le single Into the Wake, Mystified. Ce mélange d'arrangements pop alternatifs au son new-yorkais dotés d'une fibre intimiste m'évoque la modernité dans les harmonies de Darwin Deez et le moment où ce météorite est sorti de nulle part il y a dix ans. Le titre prometteur composé par Avery Leigh Draut qui joue au clavier et à la clarinette autant qu'elle fait rayonner son magnifique timbre de voix soprano est un réel coup de coeur Piggledy Pop. AveryLeighDraut

mardi 7 avril 2020

M G Boulter et Samantha Whates

M G Boulter est un auteur compositeur originaire de la côte du Sussex qui aime traiter du thème maritime dans ses mélopées folk. Professionnel depuis des années, jouant avec Blue Rose Code, Emily Portman’s Coracle Band et The Lucky Strikes il accompagne sur scène les groupes américains Simone Felice Group et The Duke and the King. Il met sur sillons son travail solo d'écriture dès 2013. Son premier disque The Water Or The Wave séduit et son second With Wolves the Lamb Will Die est salué par la critique, nommé 'Best Folk Albums of 2016’ par le Daily Telegraph.



Cette année 2013 est aussi marquée par sa rencontre avec Samantha Whates. Leur amitié et leurs affinités artistiques nourrissent un premier duo qui a quatre mains signe un EP au parfum nautique The Boatswain’s Manual. Paru en 2014, le disque est une ode à la mer que connaît bien Samantha qui grandit à Montrose sur la côte Est de l' Ecosse. Les deux artistes font rayonner leur sensibilité, leurs souvenirs d'enfance, de pieds nus dans les coquillages, libérant harmonieusement leur joie de vivre sur partitions.

Samantha Whates est une musicienne prolifique, guitariste, flûtiste, elle compose et chante depuis des années, signant en premier lieu un EP en 2015 avec James McArthur & The Head Gardeners, suivi de son travail solo magnifique en 2016 Dark Nights Make For Brighter Days, puis récemment en novembre 2019, le petit chef d'oeuvre Waiting Rooms fleuri d'une folk orchestrale vertigineuse, comprenant piano, guitares, luthe, violoncelle, clarinette, percussions, harmonica et violons . SamanthaWhates




Les deux amis M G Boulter et Samantha Whates se retrouvent une nouvelle fois pour nous offrir le splendide EP How to Read ce 6 mars 2020. Cette fois, le thème de leur inspiration est une passion qu'ils partagent, les livres. Leur amour de la littérature est décrit avec humilité et élégance, proposant une ambiance duvetée de librairie pour décrire des personnages et le quotidien au fil des pages tournées.



Samantha et Matthew trouvent le temps l'an passé de se rencontrer dans un café de Southend on Sea pour poser les mots et accorder les notes. Le cinq titres prend forme dans les embruns et How to Read, Agatha Christie, I Love the Library, Holden Caulfield & the Likes, My Life in Seven Bookshops sont des délices musicaux pour les amateurs de bouquins mais aussi pour les amoureux d'arrangements délicats et fins. Avec le brio du multi-instrumentiste Douglas Whates à la production, How to Read de M G Boulter et Samantha Whates est à mes yeux une perle précieuse acoustique que je mets illico dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. MGboulter

lundi 6 avril 2020

Lisbonne Telegramme

Lisbonne Télégramme est un groupe de Montréal conduit par les deux auteurs-compositeurs Maritza Bossé-Pelchat et François Dufault. Leur univers mélancolique, impulsé par la poésie de Maritza est somptueux et voluptueux. Les sentiments, l'adversité, les souvenirs se mêlent sur les arrangements grandioses aux allures cinématographiques. Apparu en 2015 avec le premier disque Miroir d'Automne, suivi des singles Oublie et Les Accidents en 2018 puis l'album Hors Circuits en 2019, Lisbonne Télégramme ponctue son parcours artistique du splendide EP La ville s'endort ce mois d'avril 2020.



L'atmosphère lyrique et nostalgique, dans une veine croisée du répertoire de Autour de Lucie et le velours de Mazzy Star, scintille dans l'ombre grâce aux arrangements lumineux de François et la voix stellaire de Maritza. Une pléiade d'instruments vient nourrir l'orchestration cristalline et distinguée. Les amis du label Sale Cabot se joignent à ce travail soigné et inspiré, Martin Farmer, Éric RathéDavid Thiboutot, Antoine Corriveau, Catherine Leduc, Marc Chartrain, Patrick Gosselin (Le Couleur) et Jacinthe Riopel (Françoise). FrancoisePiggledyPop2018

Maritza est originaire de L'Ancienne-Lorette, ce berceau français au sein de Québec. Elle y chante enfant dans une chorale, puis se met à la basse et à la guitare et plus tard, intégrant l'école de journalisme, en 2003 signe l'album indie-pop Comment j'feel, accompagne diverses formations comme par exemple Band Joe du batteur José Major qui joue avec Jérôme Minière et Marie-Pierre Arthur. 2012, elle impose son travail d'auteur-compositeur, alliée à José sur un EP de cinq titres magnifique orné d'instruments à vent et à cordes, signé Maritza. Le thème de la séparation et de l'amour est décliné d'élégante et pudique manière inspiré de son enfance, Maritza d'origine Dominicaine ayant été adoptée. Le flou et le doute transpercent ses textes et ce qui touche est son parcours du combattant qu'elle réussit en glissant entre les lignes, de manière innée, des notes folk ensoleillées.



François Dufault est une pépite dans le milieu indie-pop. Grâce à lui, à son talent de musicien arrangeur et à son esprit fédérateur, depuis qu'il crée le label Sale Cabot en 2004, la musique indépendante canadienne a un tapis de roses devant elle. François dans le privé diplômé de commerce, consultant en finances, leadership et communications et assure pendant une décennie l'écriture, composition et production pour son groupe The Blue Seeds. Le style subtil et narratif de François fait resplendir sa curiosité et sa générosité artistique. Guitariste talentueux, il ne manque pas d'idées pour orner ses chansons d'histoires mais aussi d'arrangements alternatifs, atmosphériques, fleuris d'ambiances dignes de bandes-son de cinéma.



Les deux artistes bien ancrés dans leurs univers respectifs se complètent sous le nom de Lisbonne Télégramme invitent à les visiter avec délicatesse et brio. J'ai un grand coup de coeur pour La ville s'endort et l'instrumental Galaxie parus il y a quelques jours. Enregistrés en 2014, ils sont remaniés et remasterisés par Francois ce printemps 2020 comptant Martin Farmer à la batterie, Éric Rathé aux guitares et aux synthétiseurs, Maritza au chant, sans oublier la patte Pachiderme Design pour l'attirante pochette du disque en la personne de Marc-André Beaudoin, dessinateur et musicien, fondateur du groupe Françoise. LisbonneTelegramme

jeudi 2 avril 2020

Rodrigo Amarante

Rodrigo Amarante de Castro Neves est un musicien et auteur-compositeur brésilien né à Rio de Janeiro. En 1997, il met en place la formation de rock indiepop Los Hermanos et signera quatre albums : Los Hermanos en 1999, Bloco do Eu Sozinho en 2001, Ventura en 2003 et 4 en 2005. En parallèle il est actif au sein d'un big band nommé Orquestra Imperialle et du groupe Little Joy que Rodrigo fonde avec Binki Shapiro et Fabrizio Moretti (batteur des Strokes) pour signer le disque flamboyant de rock alternatif indépendant Little Joy en 2008.



Amarante signe son premier album solo, Cavalo en mai 2014 et ce disque est un magnifique objet, plein de son pedigree, de sa personnalité et de son brio artistique. Panoramique de ses talents musicaux, on y trouve une ambiance bossa, brésilienne, rock, pop, et même des mots en français très émouvants sur le titre mon nom.
Cavalo, 'cheval' n'est certes pas une nouveauté mais parce qu'il est intemporel, il me touche et entre dans le top du chapeau des disques Piggledy Pop. Le thème de l'expatriation, de la séparation de sa terre natale est omniprésent dans les mots, l'exil y est dessiné élégamment en portugais, anglais, français et quelques lignes en japonais sur le titre Cavalo.



Le chef d'oeuvre solaire enregistré à cheval entre Los Angeles où vit le musicien et Rio où il a ses racines, s'ouvre sur les notes brésiliennes de Nada em vão avec sa guitare et ses mots délicats chantés par Rodrigo accompagné de Moretti aux choeurs. Puis le tempo s'élance énergiquement sur Hourglass, pépite sculptée pop psychédélique. Fleuri d'une instrumentation grandiose, les deux compères Moretti et Rodrigo Barba (batteur des Los Hermanos) sont aux commandes pour les rythmiques enjouées et caliente du titre.



Arrive Mon nom, émouvant, écrit en français pour évoquer l'exil et le sentiment de déracinement inexpugnable. La poésie lyrique mélodieuse et les images botaniques éloquentes offertes en acoustique en deviennent ardentes.
"Je suis l'étranger, Et ça peut se voir, Je ne parle pas Tout à fait comme toi, Je viens de la plate-bande où les aubergines se violacent dès l'aube, Elles sont comme moi, Toutes terrifiées Nous avons été repiqués sans nos racines. Depuis, nos radicaux sont tout mous, Tout ses fruits touchent le sol..."



Suit le magnifique et torride Irène avec ses cordes de guitare frottées et le timbre de voix de Rodrigo qui tangue et chaloupe, langoureux. Le tumultueux et dansant Maná vient derechef coller un furieux coup de soleil aux oreilles avec sa cavalcade de rythmiques brésiliennes. Moretti à la batterie fait équipe avec Noah Georgeson aux synthétiseurs avant le troublant grand piano en écho de la majestueuse et métaphorique Fall Asleep. L'élégance et la sophistication de The Ribbon ne ralentit pas l'allure, nous invitant à un voyage médiéval, courtois et épique, d'un chevalier qui quitte son noble père pour suivre et protéger une femme 'queen of hearts' escortée et guidée par ses anges. La basse magnifique de Todd Dahlhoff et les suaves rythmiques de Barba accompagnent les cuivres fondants de O Cometa et les voix cristallines comme sur l'éminent titre phare Cavalo.



I'm Ready rappelle avec une jolie instrumentation mélancolique la notion de courage et de gestes insensés que cela peut précipiter, notamment avec la perte de repères. La foi et la spiritualité ne quitte pas le voyageur qui se voue au rosaire avec une classe infinie sur le dernier titre Tardei qui offre la présence aux choeurs de Adam Green, Devendra Banhart, Fabrizio Moretti, Josiah Steinbrick et Kristen Wiig. Le navigateur pose pied sur une terre où il fait une rencontre, hisse son drapeau pour ne plus en partir et termine sur une note empreinte de beauté. Cavalo est un keepsake d'histoires qui passent les continents et visitent des temps anciens, garni de mélodies splendides et d'une interprétation époustouflante de son conteur Rodrigo Amarante. A savourer avec les premiers rayons de soleil partout et à toute heure. RodrigoAmarante



lundi 30 mars 2020

Alpine Decline

Alpine Decline, duo sino-américain, fête ses dix ans de carrière avec à son actif dix magnifiques albums dont le dernier Return to Desolation Lake paru en 2018. Jonathan Zeitlin et Pauline Mu commencent leur aventure à Los Angeles avec un album éponyme en 2010 suivi la même année de Visualizations, puis 消失​/​Disappearance en 2011, Night Of The Long Knives en 2013, Go Big Shadow City en 2014, Life's A Gasp en 2015, Ink et l'album acoustique 原声现场 en 2016, Action Moves Away From The Center en 2017 avant cette pépite pop de dix titres éditée par le label chinois Maybe Mars de Beijing.



Return to Desolation Lake est doté d'une pop shoegaze, atmosphérique et alternative qui séduira les amateurs des Field Mice, Brighter, Red Sleeping Beauty, St-Christopher, Mercury Rev. Les mélopées tour à tour à la substance jangle et obscure, lyrique et vintage, subjuguent de qualité mélodique. Les notes électroniques aux allures rétro, le tempo d'une douceur primitive, le chant velouté de Jonathan créent une ambiance indiepop dès les premières notes exquises de Blameless. Leur signature hypnotique est pertinente, exécutée par les guitares qui se font garage-pop sur le dansant Dispatch from the Guest House.



L'éclectisme des arrangements de A Place Where I Can Thrive émane de la vie et de l'expérience de l'auteur-compositeur. Jonathan, nait dans l'Ohio, vit à Los Angeles avant de partir vivre en Chine tout en signant ses premiers disques sur Laitbac, un label français. Pour lui il n'y a pas de séparation entre les deux mondes, juste le langage, divisé entre la Chine et l’Amérique, il conçoit ses paroles de manière fort poétique espérant que chacun y perçoive sa réalité, ses expériences, ses angoisses, ses bonheurs, ses peurs, ses colères et ses amours.

A l'écoute du fondant et émouvant Lies to Protect You, Alpine Decline réussit à capter les émotions : "And I write to you in this corrupted language, and I will wait for you beyond these broken lines, beyond these hollow times. And I'll weave your likeness into holy visions, your name in poetry, your voice in the breeze through dream fields. But I'm not telling any lies to protect you."



Le langoureux I Still Believe in You poursuit dans la luminosité et l'optimisme "How do I save myself? How do I get back to health? And do I believe in miracles?...When the fever comes down, you will still be around. I still believe in you…" quand Float a Balloon dégaine les cordes électriques et les claviers aiguisés offrant une tension mécanique réussie. Après l'instant cold-wave, Diamond Cutter et sa rythmique synthétique, sa voix réfléchissant multiples échos est un petit bijou addictif.  Peace in the Present Tense, aux arrangements et à l'orchestration de cuivres mêlés à la basse, dessine une ambiance progressive profonde et frissonnante.



La virevoltante Chained to the Mast qui évoque la fuite éperdue d'un élément piégé et égaré dans une masse amène vers la fin du disque. L'énergique Through the Floor termine avec le tempo psyché et brillant de Pauline à la batterie et les images d'étoiles, de feu, d'exil dans un endroit caché où il fait bon vivre.

Le stylé pop underground Return to Desolation Lake d'Alpine Decline balance entre le triste et le joyeux armé d'une musicalité vibrante et du talent infini de guitariste et de compositeur de Jonathan, impressionnant et charismatique. En 2014, Decline Alpine participe à la compilation française État des Lieux de Plaisir de France avec son titre vrombissant Personnal History . A vos casques !
AlpineDecline



samedi 28 mars 2020

Scott Mannion

Scott Mannion est un auteur compositeur originaire de Nouvelle Zélande, co-fondateur avec son ami Jonathan Bree du label Lil'chief Records en 2002. Ce label grandiose compte dans son gotha les albums des deux fondateurs et accueille Lawrence Arabia, The Ruby Suns,The Brunettes, Princess Chelsea, Dog & Wolf et The Tokey Tones.
Scott déménage en 2013 pour partir en Espagne où il vit toujours aujourd'hui, dans un petit village médiéval niché dans les montagnes non loin de Valence. Il s'autorise une pause professionnelle mais pour travailler sa musique et écrire ces dix magnifiques titres qui ornent Loving Echoes paru en juin 2019. Le disque absolument peaufiné et harmonieux est un bijou pop. Évoquant sa rupture sentimentale laissée derrière lui en se fiançant à la peintre greco-americaine Julie Karpodini, Loving Echoes est fourni d'arrangements et d'ambiances romantiques splendides.



Tandis que son ami peintre Ben Lustenhouwer offre la couverture du disque, se joignent à Scott pour l'enregistrement Ryan McPhun des Ruby Suns, à la co-production et à l'écriture de quatre des dix titres, Clara Viñals aux choeurs, toute sa tribu d'amis du label : Alistair Deverick, Emily Zuch, Chelsea Nikkel (Princess Chelsea), Clara Bosch, James Milne (Lawrence Arabia), Jonathan Bree, Kari Hammond, Hayden Eastmond Mein, Li-Ming Hu et sa nouvelle clique espagnole : Adrián González Cortés, Amparo Díaz Soriano, Ezequiel Lázaro Alcaide, Inmaculada García Soriano, Lara Despaigne Zacarés, Laura Agustí González, Sergio Sánchez Lacalle.
JonathanBreePiggledyPop2018
LawrenceArabiaPiggledyPop2020
JonathanBreePiggledyPop2014

Depuis son aventure d'Auckland avec The Tokey Tones et deux albums, se sont écoulées seize années avant ce retour magistral. Mais quand le perfectionniste lâche enfin son travail, serein et abouti, c'est beau à pleurer. Smoke ouvre les volets sur les notes lumineuses de Scott au piano, glockenspiel et guitares, accompagné de Jonathan à la basse, de Li-Ming au clavecin. La voix envoûtante si pleine de musicalité et d'âme poursuit la séduction sur Be Your Mine et sa rythmique voluptueuse dans les caisses, la basse et les effets féeriques d'écho accentués par l'accompagnement des voix de Chelsea et James.



Scott troque le Hammond et le Yamaha pour le son merveilleux de ses guitares acoustiques et les touches sensuelles du Simmons, de l'omnichord et du Wurlitzer pour fleurir sa déclaration d'amour pénétrée et décidée, Do It for You. La cavalcade de mélodies pop psychédéliques et groovy continue avec l'excellente Not Exactly Deep, son tempo alternatif et sa brillante instrumentation fournie de saxophone, violons et violoncelles.
Le talent de guitariste saute aux oreilles sur Juniper Tree au chant délicat et aux pistes majestueuses dans leurs loopings, zigzaguant entre les cordes orchestrées. L'ambiance rétro sixties saupoudrée ajoute au profil nostalgique superbement dessiné sur les partitions quand le Roland de Ryan sur Somebody else's Dream et la maestria de Scott sur You Are the Substance That I Can't Live Without viennent chatouiller la platine de sonorités atmosphériques.



Scott Mannion brille de mille feux sur We should never Forget qui éparpille les morceaux de son coeur brisé dans l'instrumentation alternant avec le joli son du cor et son chant éminent. Puis Your Kinda Love déroule une mélodie sunshine pop délicieuse et positive. Les cuivres chaleureux, le tempo dansant, les glissades d'archets se marient parfaitement au duo Mannion-Viñals. 9 Years termine l'écoute avec la finesse et l'exigence de Scott Mannion comme on tourne précieusement la dernière page d'un roman. Me faisant fondre, je classe cet entêtant testament sentimental et musical Loving Echoes dans le panthéon 2019 de Piggledy Pop.
ScottMannion

jeudi 26 mars 2020

Jim Basnight

Jim Basnight tient une place d’envergure depuis plus de quarante ans dans le rock'n Roll. Avec sa personnalité attachante, son tempérament de lion, son énergie power pop, americana et pop psychédélique, la star des scènes underground signe le brillant Not Changing en mai 2019. Son univers inspiré des références Lou Reed, Bowie, Beatles, Beach Boys, Kinks, est aussi blindé de son expérience personnelle passée au sein du groupe Moberlys actif dans les années 80, pionnier du style power-pop. Puis il crée les groupes The Rockinghams, The Jim Basnight Band et The Jim Basnight Thing. L'américain de Seattle loin d’être un débutant maintient sa constante et fringante ardeur qui dynamise et réveille.





Les mélopées de Jim sont des bonbons rock et garage sans prétention moralisatrice ou politique, jouées pour créer des sensations, jouées avec un plaisir qui s'entend et se savoure. Not Changing offre une cascade de guitares assurées en grande partie par Jim. A ses côtés il y a le guitariste Bruce Hazen, la bassiste Garey Shelton, Steve Aliment aux choeurs et le batteur Dave Warburton.
Pour les amoureux des Sex Pistols, Jam ou Psychopaths, le groupe mythique des Morbelys déjà éternel poursuit son aventure avec Jim Basnight. Ce bijou, réel cadeau, ouvre sur les guitares scintillantes de Code to live By, entraînantes et colorées du thème de la liberté qui attrape et s'empare illico de l'attention.



Le tempo langoureux de Not Changing nous emmène dans l'histoire de la musique, celle de Jim qui depuis 1977 fréquente toutes les scènes de renom américaines et qui n'échangerait sa vie rock'n Roll pour rien au monde. Le tempo fait monter la température sur Big-Bang avant la magnifique Avenue of the Star aux accents T-Rex. Puis Making Love for a Living déclenche la rythmique endiablée avec la voix rebelle de Jim qui brille à la guitare.
Suicide Evening qui suit est un bijou émouvant et absorbant par ses arrangements et ses mots interprétés avec élégance avant le petit chef d'oeuvre Best Lover in the World et son rock brut, garni de cordes électriques flamboyantes. Le rock de Jim, imagé, lucide, spontané est efficace sur son magnifique hommage à son compatriote Kurt Cobain.



Nos oreilles s'empourprent goulûment sur la déclaration amoureuse Never Get Lost et se consument totalement sur Second Street, où les révérences et les tabous sont superflus. Les guitares et la batterie s'en donnent à coeur joie dans le style plus boogie sur Saturday Dreams qui ravira les amateurs des Stones. You Never cease to amaze continue de flirter et de charmer avec ses accords grisants et cadencés avant la pop joviale de Having fun. Percussions et lignes de guitares battent le fer brûlant et offrent un moment pailleté de rock sur Living The Way I Want qui termine Not Changing. L’artiste ne décroche pas de sa passion, avec raison. Ses mélodies enthousiastes, son élan et son inspiration panachée montrent son talent intemporel, gravé dans l'histoire du rock. L'éternel Jim Basnight qui à dix-neuf ans partage la scène avec les Ramones à New-York en mars 1977 en est un beau symbol. JimBasnight



lundi 23 mars 2020

Yenkee

Graham Cooney alias Yenkee apparaît en janvier 2018 avec le single cinglant et cintré Are You Alright. Teinté de groove, le style électro-pop y est savamment saupoudré d'instruments qui offre une impression de modernité habillée de références et de professionnalisme. L'artiste irlandais originaire de Cork est entouré d'Eoin Conway aux claviers, de Meg Cronin au saxophone, Luke O' Neill à la guitare. Yenkee poursuit sa composition soul et funky la même année avec le double titres Lander et Freedom. Le chant mélodique de Graham ajoute à la qualité de la production, faisant des loopings rafraîchissants entre les mots ciselés et élégamment inspirés.


Septembre 2019, le fulgurant Cannibal Tree de quatre titres paraît. Le talent de Yenkee se confirme et se savoure. Les jeux de cordes, de rythmiques ondulent sur la basse de Cannibal Tree. Les arrangements pop délicieux sont virevoltants et dansants. Les notes de synthétiseur de Nathanael Laffan, les cymbales offertes par Fergal Hennessy sur Would You Rather sont fructueuses. La mélopée écrite et interprétée par Graham est d'une classe dance, pop psyché dotée de la cornemuse de Liam Costello qui séduit par son âme celte.



La romantique Pearl offre une interprétation de velours accompagnée du superbe saxophone de Muireann Joyce-Hearne et d'une guitare majestueuse. Eoin vient apporter sa touche cristalline aux claviers quand la rythmique chaleureuse et distinguée inonde le lumineux Maybe, ode à la patience mise délicatement en écho par le chant de sirène d'Aibhín O' Neill et le jeu de guitare admirable. Enfin le musicien continue ce parcours avec charisme et brio en signant le magnifique single Lucy ce mois de février 2020. Il est garni de lucidité et d'une instrumentation éloquente, convaincante quant à la qualité du répertoire de Yenkee que je glisse dans le panthéon 2020 de Piggledy Pop. Yenkee

dimanche 22 mars 2020

Ducks Unlimited

Fans de Morrissey et des Go-Betweens, le duo de Toronto Ducks Unlimited compose une succulente jangle pop dans le sillage des groupes indie des années 80. Tom Mcgreevy et Evan Lewis viennent de signer un album quatre titres sophistiqué et soigné sur le fabuleux label de Madrid Bobo Integral. Les deux excellents musiciens ne font pas de canards sur le disque Get Bleak paru en novembre 2019 qui ouvre sur un tempo galopant et des guitares enflammées.



Le titre nommé Get Bleak est un petit message amical à ceux qui déménagent, quittant un endroit pour un autre en pensant que l'herbe est plus verte ailleurs et finalement sont déçus de leur choix.
Sans faire de vague l'enchantement poursuit son immersion sur le chant délicieux de Tom le long de Glaming Spears. Les notes sucrées et trempées de Annie Forever iraient comme un gant à une bande-son d'un Woody Allen tant il prête à sourire et à balancer les hanches sur le rythme voluptueux. Les cordes savamment titillées de l'Epiphone, et des Fender Jazzmaster et Mustang reprennent la cavalcade légèrement duveteuse sur Anhedonia qui rappelle les références du groupe comme les Verlaines, Orange Juice et Close Lobsters. La fin des quatre titres survient en un claquement d'ailes avec l'envie de chanter en choeur 'if you’re ever in the mood to disassociate baby, give me a call'. Aujourd'hui le duo annonce un album à venir avec en bonus du son de Telecaster, ce qui présage des mélodies sacrément galbées et épiques à se mettre dans le bec bientôt. DucksUnlimited