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lundi 13 janvier 2020

Music For Your Heart


   
Sandra Zettpunkt est un personnage dans le milieu de la musique indépendante. Née à Hambourg, elle vit en Suisse depuis plusieurs années. Fée de la pop, sa personnalité est appréciée et admirée pour ses activités musicales diverses mais aussi pour sa grande humilité et sa générosité. Intelligente, instinctive, artiste équilibrée, elle est aujourd'hui animatrice de radio et journaliste musicale. Son émission Golden Glades diffusée sur la radio allemande ByteFM a une grande renommée chez les fans d'indie pop. Elle tient également un site du même nom où elle rédige des chroniques sur des groupes qu'elle souhaite faire connaître.




Extrêmement discrète et attachante, son jugement visionnaire est fort respecté. Ses articles et ses choix sont sans fausse note, surtout ils sont légitimes. Sandra est une musicienne. Oreille absolue née en 1973, elle commence son aventure musicale a seize ans. Guitariste, bassiste, pianiste et batteuse, elle oeuvre essentiellement à la batterie et à la basse au sein de multiples groupes d'Hambourg ( The Legendary Bang, Die Fünf Freunde, Camping, Kanton, Kajak) qui sont signés sur le label réputé Marsh-Marigold Records au catalogue panaché : Cats in Summer, Elegant, Purelove, Caramel, Soda Stream, Kristallin, Alaska, Brideshead etc.

 

Activiste de la pop, tout en commençant son émission de radio en 1996 et jouant sur scène avec ces diverses formations, elle révèle une autre corde à son arc, particulièrement brillante, celle d'auteur-compositeur. En 2009, elle signe le disque Turning Marvel sous le pseudonyme qui coule d’eau de source, Music For Your Heart.
Sandra compose, écrit les 12 titres, chante et assure elle-même tous les instruments. Co-produit et supervisé par Raymond McGinley des Teenage Fanclub, le disque est enregistré à Glasgow et à Hambourg, avec la touche de mastering de Bob Weston de Shellac et la collaboration de Volker Zander de Calexico à la contrebasse. Les harmonies magnifiques sont fascinantes et la voix de Sandra, merveilleuse. Les amateurs de Nico ou de Cat Power seront séduits, ajoutant une sensibilité artistique et un timbre de voix dans le sillage de Sibylle Baier et d'Aimee Mann.



Le véritable bijou Turning Marvel s'ouvre sur Unwound qui de suite accroche l'attention par sa chaleur et sa douceur. La voix sublime sur les guitares et le tempo coordonnés monte crescendo puis forme des boucles et des zigzags envoûtants. L'effet est maintenu sur Her Blue Dots Theory, son orchestration cristalline et alternative parsème gracieusement les mots nostalgiques. Puis The One libère délicatement ses rythmiques pop dansantes offertes par le jeu bondissant de la contrebasse, du clavier et du chant. Embrace The Change vient tracer un bilan élégant et lancer un regard courtois sur le passé. Logiquement The Sky Seems Lower Than Before évoque la mémoire et un nouveau départ sur une mélodie portée par des notes sensuelles, les mêmes jouées sur An Evening With, intimiste et raffiné. Parmi les cordes à l'arc de l'artiste, il y a les langues étrangères. L'anglais est écrit et chanté avec perfection quand le génial Steve McQueen délivre un texte émouvant dans sa langue natale sur une instrumentation voltigeante. La langue allemande y est touchante et sa noblesse resplendit.



Gleaming Hearts continue a charmer par son rythme langoureux et ses mots pudiques avant le lyrisme feutré et féminin de Another Day, Another Dawn et le duveteux deuxième titre en allemand, So Nah. L'interprétation précieuse et juste de Insight Into sur l'harmonium mélodique dénoue une histoire romantique improbable grâce à une force de caractère qui se dévoile note par note, mot par mot. Le dernier titre When The Night Begins le démontre ; Solide, harmonieux, blindé de la voix somptueuse de Sandra qui termine en chantant 'this is not a place for someone with a tender heart' avec une douceur infiniment touchante. Je classe Turning Marvel de Music For Your Heart sur le chevet des meilleurs disques Piggledy Pop et vous invite à écouter l'émission Golden Glades de Sandra Zettpunkt qui ouvre son coffre fort pop chaque deuxième mercredi à 20h sur ByteFm. 
MusicForYourHeart
GoldenGlades



samedi 11 janvier 2020

David J

J'écris sur David il y a huit ans : " A la fin des années 70 et au début des années 80, déferle une vague d’excellents groupes post-punks, gothiques, cold-wave, comptant les Clash, Television, The Cure, New Order, Sonic Youth, David Bowie, Sisters of Mercy, Joy Division et le groupe anglais Bauhaus qui prend forme en 1979 avec Peter Murphy au chant, Daniel Ash à la guitare, le batteur Kevin Haskins et son grand frère David J Haskins à la basse. Tandis que Peter Murphy part du groupe pour une carrière en solo et soigner ses problèmes de santé, le quatrième album Burning from the Inside est signé par Ash et les frères Haskins. Bauhaus split en 1983, mais le trio continuera sous le nom Tones of tail puis Love and Rockets et cette même année David J se lance en solo avec son opus Etiquette of Violence. (...)



David J qui commence son aventure en solo révèle un grand don pour l’écriture de ritournelles pop, ornés de saxophone, tambourin, harmonica, banjo, de textes magnifiques et par dessus tout gansé de sa splendide voix, fragile et émouvante. Avec Crocodile Tears and the Velvet Cosh en 1986, Songs from Another Season en 1989, Urban Urbane en 1992, The Birth Caul en 1995, The Moon and Serpent Grand Egyptian Theater of Marvels en 1996, Estranged en 2003 et Not Long For This World en 2011, David J travaille aux albums de Love and Rockets en parallèle et collabore aussi à des projets live comme le groupe The Sinister Ducks dans lequel jouent Alex Green et le mythique Alan Moore ( ce qui inspirera à David J un EP nommé V for Vendetta signé en 1984), il joue également de la basse dans le groupe Voltaire."
DavidJPiggledyPop2012



Après An Eclipse Of Ships en 2014, Vagabond Songs en 2017, paraît ce 18 octobre 2019 le grand artistiquement et magnifique esthétiquement, en version CD ou double vinyl, Missive To An Angel From The Halls Of Infamy And Allure. Chacun est accompagné d'un livret soigné et charmant. L'artiste nous offre un album périscopique, sorte de résumé de ses 36 ans de carrière et de collaborations variées sur 16 titres. Avec lui à l'enregistrement, une flamboyante flopée d'artistes, comme Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), Paul Wallfisch (Swans) le producteur, et d'autres encore...



Le premier titre splendide nommé Mozaic est un hommage au bassiste mythique des Who, John Entwistle, décédé dans un hôtel de Las Vegas en 2002. L'instrumentation riche de flûte, sitar et violon nous emmène dans le temps et l'espace, de Los Angeles à Barcelone. Puis la guitare liée à la contrebasse, les balais frottés et le piano de Blue Eyes In The Green Room font resplendir le grain de voix de David qui aime orner sa poésie de couleurs 'green eyes', 'red scarf', 'girl in yellow' etc. Baudelaire est un titre hommage à Peter Laughner qui l'a écrit et mis ici en majesté grâce au violon de l'artiste tchèque Karel Holas avant la harpe et les instruments traditionnels indiens de la féerique (I Don't Want To Destroy) Our Beautiful Thing. Le tempo se fait gaillard sur LovelornEmily Jane White vient prêter sa voix.



Clandestine Valentine et Of Purgatory And Perfume sont griffés du style David J que nous admirons depuis des années, réunissant le grain de voix profond, un jeu de guitare délicat et boisé, du lyrisme et de la sensualité, des astres et des sentiments mêlés sur des mélodies alternatives, ascensionnelles. Migena And The Frozen Roses et son allure psychédélique typée d'Anton Newcombe sied à la perfection aux mots romantiques déclamés par David. Quand No Floods Can Drown joué à la guitare acoustique, enregistré sur la plage avec le bruit des vagues en arrière-fond précède le piano taquin de Robert Vasicek, le tambourin vif et la trompette radieuse de Joel Rhodes sur Pre-Existing Condition, on ne peut que fondre sous l'effet magique qu'a David J, en changeant de décor, d'ambiance et d'instrumentation. L'artiste gentleman signe un autre bijou, Copper Level 7, plein d'un champ lexical choyé par l'anglais proposant des couleurs, des étoiles, des chambres d'hôtel.



Les cordes de guitares hypnotisantes et bossa font chavirer sur (I Walked Away From) The Girl In Yellow, pour un voyage de Lisbonne à Bruxelles en passant par Berlin. Tandis que le disque est travaillé à Los Angeles, ce titre est enregistré en Angleterre, dans la ville de Wellingborough où Bauhaus a fait ses premières armes, dans le studio de Beck qui y joue de la guitare. S'ensuit un délice de mélodie, de piano, d'accordéon et de violon sur Best Western Blues accompagnant des sentiments passionnés, une histoire sur la fin, qui déclenche un départ du soleil vers une ville pluvieuse. Missive To An Angel From The Halls Of Infamy And Allure est une lettre de rupture, griffonnée de remords et de regrets, qui ouvre la porte à The Auteur qui mène tambour battant une croisade contre les abus des producteurs hollywoodiens avec les arrangements de cordes monumentaux de Paul Wallfisch et la voix de Rosa McGowan, une des premières actrices à avoir porté plainte contre Weinstein.
Pour boucler ce tour panoramique sur son parcours professionnel et personnel, David J termine avec l'émouvant I Hear Only Silence Now qui ouvrait l'album de 1983 Etiquette Of Violence. Le musicien le joue ici au piano, partage son interprétation vibrante et élégante avec la chanteuse Emily Jane White. David J charme depuis 36 ans et si Missive To An Angel from The Halls Of Infamy And Allure sonne comme un chant du cygne, l'artiste garde sa flamme romanesque et son âme de poète bien vives. L'aura éternelle de David J, un auteur-compositeur phare, se classe aux côtés de celles de ses compatriotes David Bowie, Beatles et Rolling Stones.



vendredi 10 janvier 2020

The Ashenden Papers

L'auteur-compositeur et interprète de The Ashenden Papers est Jason Dezember, un musicien passionné et inspiré depuis ses premiers pas indie-pop aux manettes du groupe de Sacramento The Plastic Shoelaces et de son album de 2011 où il galope en cavalier solo. Ce disque est comme il me le dit lui-même, plus juvénile et lo-fi avec une pincée de punk. Ce premier volet a été reficelé en studio pour une nouvelle version cassette en 2018, accueillant Scott Miller aux rythmiques et à la basse, et Ed C à la batterie.
Jason nous offre ce 27 décembre 2019 le superbe titre Melodie Robin. Construit avec des lignes de guitares panachées, de basse et de clavier bondissants, le tout assuré par le californien, cette pépite pop offre la présence de Marie Davenport au piano, Ella Cross aux choeurs et Darcy Bluebirds à la batterie. Le tempo princier, le chant somptueux sont accompagnés de trompette pour peaufiner l'orchestration jangle-pop.



Les bonnes nouvelles abondent : la conception de l'album à venir, qui se nommera Asphodel Meadows, garni de sept chansons, dont Melodie Robin, est actuellement en cours de mixing. Il sera suivi d'un second album de cinq ou six chansons, celles-ci en cours de création seront à savourer dans les mois à venir. A suivre!
TheAshendenPapers

jeudi 9 janvier 2020

Den Baron


 

Den Baron nous vient d'Allemagne et loin d'être débutant, le musicien expérimenté Swen Keller est actif sur les scènes indie-pop depuis 1997. Son travail est empreint d'une jolie âme pop sixties, immédiate, fraîche, qui se distingue par sa stabilité et sa volonté d'arrêter la course du temps. Romantique à frémir, dansant et rythmé, son parcours inspiré commence avec le génial A dog's life de 1998, puis the Soundtrack of my life en 2000 avant de disparaître dans les nuées du XXIème siècle.

Den Baron est de retour après presque vingt ans avec le superbe single Bonving en février dernier sur le label Cloudberry Records offrant la reprise du groupe mythique suédois Eggstone, Have you seen Mary too?. Le ton est donné, l'artiste annonce la couleur pop de l'album The Story So Far qui sort en juillet 2019.



I just walked the wrong way ouvre le disque avec sa mélodie fleurie de rythmes et de papalala sur ressorts, un chant enthousiaste pour évoquer une séparation sentimentale comme sur goodbye night où claviers et guitares se côtoient joyeusement pour donner savamment envie de se trémousser. La basse, instrument maîtrisé avec brio par l'auteur-compositeur s'avance conquérante sur the girl at the door, accompagnée d'une ribambelle de cordes et d'un tempo panaché. Ido qui suit offre la même substance pop, une orchestration rafraîchissante et bondissante, un chant magnifique, pour une demande en mariage. La reprise de Eggstone have you seen Mary too? continue la promenade mélodique et va comme un gant à Baron qui apporte de la matière pop à ses compositions avec un charisme indéniable. Sa voix immédiate et belle compte dans le profil élégant des titres comme sur Linus, dédié à son enfant et à l'amour du papa sans faille.



Wildwater se fait langoureux sur son jeu de guitares délicieux et son interprétation merveilleuse avant Light* garni d'arrangements classieux, dans la lignée de la pure powerpop, qui subliment l'écoute. Le tempo énergique revient sur now is the time avec ses guitares flamboyantes et alternatives pour un tourbillon de notes qui poursuivent l'allure galopante sur would you hold me (if I die tonight)?. L'enchantement musical procuré s'achemine vers la fin avec un Summer galbé, enluminé du chant fin et touchant de Den Baron dit le 'king of home-recording'.
Préparant actuellement son prochain album, Swen Keller termine ses nouvelles chansons où il joue aussi de tous les instruments, attelé à son 'devoir pop' pour 2020. Restons aux aguets !
DenBaron
DenBaron(chezHandAndArms)

dimanche 5 janvier 2020

Ride

Ride reign over us…
De retour avec un sixième album studio prodigieux, le groupe d'Oxford triture les cordes et tambourine des mélodies avec la grâce et son panache indie pop qu'on lui connaît depuis 1988. Formé dans le giron de la verte Angleterre par Andy Bell et Mark Gardener, le quatuor qui compte le batteur Laurence Colbert et le bassiste Stephan Queralt marque les esprits avec le premier album Nowhere paru en 1990 avant une série d'autres disques et la séparation en 1996.



Andy Bell devient le bassiste d'Oasis avant de partir vivre à Stockholm, participer à d'autres projets, le sien nommé Beady Eye pendant que Mark Gardener poursuit en solo. Les deux artistes sont des tempéraments et des identités créatrices qui ont fini après un hiatus de vingt ans par se retrouver en 2015, avec le single Home Is a Feeling annonçant leur album de 2017, Weather Diaries.



L'évènement est de taille quand Ride revient en mai 2019 avec This Is Not A Safe Place. Le disque tient du génie tant ses pères sont excellents dans l'écriture et dans l'exécution. La production est peaufinée par Erol Alkan et le mixing par Alan Moulder. Les quatre musiciens anglais signent un album sucré, coordonné et limpide. Les guitares magistrales, les rythmes qui ravinent les oreilles, les arrangements ancrés dans le XXIème siècle, éblouissants, ouvrent les festivités avec le titre introductif R.I.D.E. S'entend le plaisir du groupe à se retrouver, comme sur la mélodie galopante de Future Love qui attire l'attention par son thème optimiste et naïf. Les synthétiseurs de Repetition lancent des notes coldwave sur un tempo pop et des guitares survoltées avant l' énervé et gaillard Kill Switch et ses voix en écho, décomplexées et délicieusement offensives. Le glas indie sonne sur Clouds of Saint Marie, la perle du disque à mes oreilles.



Les métaphores de couleurs, de nuances de lumière habillent les paroles comme pour imager la nostalgie planante sur Eternal Recurrence. La bondissante Fifteen Minutes, autre bijou du disque, rock et brut, qui revient elle aussi sur le passé, ne joue pourtant pas dans la cour des regrets. Jump Jet avec ses envolées de notes pop énergiques et toniques fait voyager dans un monde parallèle comme Dial Up qui suit, au piano et à la guitare acoustique délivrant un chant et une mélodie somptueux.




Les titres s'enchaînent avec une force d'attaque, des orchestrations en plomb, comme la batterie décisive qui dégaine son tempo sur End Game avant que la sublime Shadows behind the Sun rappelle comme In this Room, le titre choisi pour nommer album. Cette dernière mélopée clôt l'écoute en offrant huit minutes absorbantes et grandioses. Messagers éclairants et mages clair-voyants de la pop, les Ride nous enveloppent de leur talent, de leurs mots et de leur précision dans la tension des cordes. Tendez l'oreille. This Is Not A Safe Place est un disque plein de musicalité, d'originalité, qui illumine derechef le parcours des mythiques Ride.
Ride

mardi 31 décembre 2019

Memento Piggledy Pop 2019



Janvier : Peter Peter
PeterPeter



Février : Kidd
Kidd



Mars : The Loch Ness Mouse
LochNessMouse



Avril: The Proper Ornaments
ProperOrnaments



Mai : Ta Toy Boy
TaToyBoy



Juin : Divine Comedy
DivineComedy



Juillet : The Castillians
Castillians



Août : 27 Mars
27Mars



Septembre : Sans Chateaux
SansChateaux



Octobre : Nick Frater
NickFrater



Novembre : Mike Vass
MikeVass



Décembre : Ludovic Alarie
LudovicAlarie



mercredi 25 décembre 2019

Ludovic Alarie

Auteur-compositeur de Montréal, Ludovic Alarie signe son premier album portant son nom en 2014 suivi de L'appartement en 2017. Ses titres en français sont une immersion élégante dans l’indie-pop galbée de groove atmosphérique, tantôt boisée stylée DeMarco et tantôt electro à la façon MGMT. Ce qui charme franchement sont ses mots, métaphoriques ou dignes de chanson réaliste du XXème siècle, avec du mouvement dans son chant aérien qui se lie majestueusement aux thèmes mirifiques et romantiques.



Tandis que ces deux albums francophones marquent les esprits et séduisent un public de plus en plus large, gagnant des nominations et des récompenses au Canada, Ludovic Alarie pense déjà à son troisième album tout en mettant en place son propre label indépendant. Chouchou Records voit donc le jour et offre l’auto-production, le magnifique nouveau disque We're a dream nobody wrote down paru en mai 2019. Celui-ci compte des titres en français et en anglais, tous sublimes. Le petit bijou pop commence avec le groove chaleureux et duveteux de we're a dream nobody wrote down orné du timbre de voix en accompagnement d’Adèle Trottier-Rivard et la collaboration judicieuse de son ami de longue date et réalisateur, Warren Spicer. A l’équipe s’ajoute le grain de sel de Simone Pace, batteur du groupe new-yorkais Blonde Redhead. We don’t exist suit et accueille un joli mariage de guitare acoustique, rythmique et clavier atmosphérique délicat, finement dosé tout comme l’alliage du français et de l'anglais dans les paroles.



Les mots évoquent l’absence, l’oubli, le rêve et Je te laisse fermer les yeux au tempo enthousiaste et à la basse taquine joue du champ lexical des yeux, de la vue et de l’imagination. Ludovic n’en manque pas. Ses orchestrations d’avant-garde, fraiches et légères sont aussi contemporaines que pleines de nostalgie. Where have you gone joue de l’écho pour imager un départ avant le splendide Et tu reviendras, créant un va et vient dans les sujets et dans l’instrumentation fort sensuelle. Idem sur Nuit qui souligne ce thème de l’abandon et de la disparition via une rythmique en spirale hypnotique. L’écoute se poursuit avec l’instrumental garni de cordes chaleureuses Je te laisse fermer les yeux II qui enchaine avec finesse sur la mélodie suave de Les rivières veulent te prendre dans leurs bras où les guitares se font tendres et épidermiques. Night continue en interlude d’une minute avenante pour nous conduire galamment vers l’amène Je me demande où tu es et ses cuivres fantastiques, ses guitares éthérées, raffinées, pour une fin de disque somptueuse. La dernière partie secrète est à savourer en laissant la platine tourner. Ludovic Alarie concocte un sceptre de coton sensuel et musical vaporeux doté d’un charisme infini et convaincant. Je suis conquise.
LudovicAlarie



lundi 23 décembre 2019

Joyeux Noël !



27 Mars - Rovaniemi


Rivulets - this Christmas


Jeremy Waterman - Time of the Season


The Love language - White Christmas


The Decibels - Christmas wish


Don't call me ishmael - White Winter Hymnal


Jenny Owen Youngs - Maybe Next Year


The Lost Brothers - Seven Days before Christmas


Alec Duffy - Every Day is Christmas


samedi 21 décembre 2019

C Duncan


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C Duncan est le nom d'artiste de l'écossais Christopher Duncan. Agé de 27 ans, il signe un premier album en 2015 du joli nom d'Architect après le succès du single For qui parait en 2014. Le jeune musicien de Glasgow est nominé au Mercury Music Prize pour le meilleur album de l'année.
Né de l'union de ses parents musiciens d'orchestre classique, l'adolescent apprend à jouer de la guitare, de la batterie et de la basse avant de devenir étudiant au sein du Royal Conservatoire of Scotland. Les compositions de C Duncan sont concoctées avec imagination et talent liés au savoir-faire et à la réelle connaissance de la musique. Elles balaient et explorent divers styles comme la dream-pop, l'electro-pop avec une griffe mellow et romantique. (...) Imaginez Brian Wilson mixé à Sigur Ros ou à Radiohead pour donner un résultat de pop dansante et fleurie de choeurs angéliques amalgamés à des accords dreamy parfois organiques et alternatifs. “
CDuncanPiggledyPop2016



J’évoque donc C Duncan il y a presque quatre ans. Depuis The Midnight Sun est paru en 2016 et l’artiste écossais à l’oreille absolue et aux talents techniques alliés à une imagination fournie nous revient ce mois de mars 2019 nous délivrer le somptueux Health. L’album est mis en lumière par le producteur et membre du groupe Elbow Craig Potter, qui a peaufiné également les albums de Steve Mason, Editors et I am Kloot. Tandis que Christopher Duncan assure le piano, la basse et les guitares, Liam Chapman est à la batterie et Janina Duncan ajoute du violon alto. Le disque accueille aussi les musiciens du Hallé Orchestra et son Hallé Youth Choir, fameux orchestre de Manchester crée par Sir Charles Hallé en 1848.



Health lance la cavalerie rythmée de boules à facettes disco avec Talk Talk Talk et ses arrangements florissants, fort entrainants pour avancer dans une histoire sentimentale aux conversations prégnantes et stériles. Le tempo se fait plus moelleux et rétro sur Wrong Side of the Door effleurant l’inévitable rupture. Les harmonies forment comme une trame de film des années soixante ou de vieille comédie musicale, parfumées à la gomina, autant cousues d’or que le modernisme électronique comme sur Impossible et ses violons qui galopent dans les envolées de voix.



Puis He came From the Sun arrive comme une météorite mélodieuse qui subjugue de finesse et de verticalité. Le titre ne cesse de réveiller les sensations à chaque écoute. Ses mots colorés et spirituels sont déposés sur les partitions perlées de pop muant en missel musical avant que l’âme boogie de Holiday Home déménage les guitares et fasse danser sur les tables. Le chant cristallin et clair de C Duncan est un bonbon sonore qui glisse limpide sur les notes légères et aériennes. Puis Health entre dans le bal avec ses touches de piano qui aimantent et alimentent l’essence du texte profond et grave. Somebody Else’s Home continue logiquement dans le genre groovy mais aussi dans le sens philosophique poursuivant avec le jazzy formidable de Blasé qui coupe et tranche comme il se doit ‘If you don't like what I came here to say, Do me a favour and turn the other way’ sur des arrangements de cordes élégants et épiques.



Quand joue Reverie, deuxième petite bombe à mes oreilles, juste et majestueuse dans ses atours lyrique et sa construction panoramique, elle marie les instrumentations et de manière vibrante, les choeurs au grain de voix de C Duncan. Le rythme de Pulses & Rain fait rayonner l'art de C Duncan ; Mélange de classicisme et de pop-electro qui lance une course effrénée disco sur Stuck Here With You remémorant les leitmotivs du fief et de l’exil.

Care, tout en émotion et grâce avec le Hallé Youth Choir gagne refuge dans les coeurs. Ce titre d’une douceur infinie boucle une oeuvre majeure d’un grand musicien, qui croque son époque tout en la nourrissant de la musique du passé pour nous envoyer une carte postale musicale de rêve. Health cadeau passionnant, obligé dans ma discographie est classé en haut du chapeau Piggledy Pop.
CDuncan

La pochette est une peinture de David Hockney auquel C Duncan, également peintre, est sensible :  "Je souhaitais que l’œuvre ait une apparence « saine » : très légère, fraiche et naturelle. Pourtant, il y a un vide étrange dans ces peintures, ce qui est également audible dans la musique, qui est claire et aérienne en surface, et marqué par une noirceur plus nette en profondeur".



jeudi 19 décembre 2019

Pierre Daven-Keller

Le nouvel album Kino Music de Pierre Daven-Keller est exquis. Je suis une fidèle fan depuis des années, et je pense objectivement que l'auteur-compositeur français ne cesse de produire un travail époustouflant. Il a le don de la composition peaufinée, l'inspiration fleurie et pour couronner ce joli tout, l'endurance qui appelle le respect et l'admiration.

"Rares sont les artistes français qui savent écrire dans leur langue et cette scène nantaise a apporté beaucoup à la musique indépendante dans la fin du XXème siècle. Daven Keller écrit par exemple le titre 100% VIP de Katerine, dont il a arrangé l'album Robots Après Tout. En 1995, le musicien breton fait ses valises pour Paris, y retrouve Miossec pour qui il arrange l'album Le déménagement et Katerine avec qui il travaille sur l'album Les Créatures. Entrant sur le label Village Vert, avec une écriture exceptionnelle, Pierre signe son opus Ramdam en 1999 puis poursuit son oeuvre d'arrangeur pour Dominique A, l'amie de ce dernier Françoiz Breut et signe la bande originale enregistrée à Sofia avec le Bulgarian Symphonie Orchestra pour le film La Répétition, sélectionné au festival de Cannes en 2001. C'est en 2003 que Quelqu'un Quelque part parait, puis sort Réaction A en 2008 suivi de Reaction B qu'il écrit, compose, arrange et produit offrant une atmosphère plus électrique, disco-pop, funky, toujours efficace et superbement ficelée. Ce mois d'avril 2015 arrive le génial Réaction C qui mérite un zoom sur la trilogie". DavenKellerPiggledyPop2015



L'artiste, arrangeur pour Anna Karina qui vient de nous quitter, ajoute à ses productions de bandes originales celle de 2011, No Man's Land, film de Thierry Jousse. 2019, il dévoue son amour au 7ème art en signant le magnifique Kino Music. Dédié au cinéma par son titre, le disque entier est une ode à la musique cinématographique. La France a perdu Michel Legrand, mais avec Gondry et Tiersen, elle hérite d'une nouvelle 'nouvelle vague' de compositeurs de bandes originales de films. Pourvu qu'elle sache en reconnaitre la dimension.



L'album s'ouvre sur Champ Magnétique au piano champêtre sur la basse sensuelle et addictive. D'emblée, l'ambiance suave plante un décor de cinéma des années soixante à soixante-dix. Corniche Kennedy fait entrer le clavecin, l'ensemble à cordes magistral du Bulgarian Symphonie Orchestra et les cuivres caressants pour orner la mélodie galvanisante. Melancholia offre un tempo bossa magnifique, savamment arrangé par un maitre du rythme puisque Daven-Keller est le prince de la baguette et des caissons. Helena Noguerra vient donner de son grain de voix sur La fiancée de l'atome avant la flute guillerette et la guitare raffinée du musicien français Poppincourt sur Intermezzo Retro qui donne sacrément envie de danser.



Suit Dakota Jim qui avance son groove solide, habillé d'un tempo stylé, griffé du panache de son auteur qui continue de briller avec Jerk où les arrangements sixties et la présence de Claire Tillier au choeurs sont fort réussis. Daiquiri nous invite à siroter un air dans la veine Bacharach, au glockenspiel dandy, à la trompette et aux cymbales romantiques. Arielle Dombasles fait swinguer Salvaje Corazon comme une balade solaire aux amériques latines quand revient la pop juteuse avec Farfisa et sirupeuse avec Sirocco. Les évidentes influences de Morricone se glissent à l'oreille quand la voix cristalline saupoudre Tatoo Totem sur des arrangements rayonnants d'élégance.



La patte éminente Daven-Keller reprend la main sur Easy Tempo, morceau sublime éclairé de clavecin, de cornet et de la batterie pour conduire efficacement vers Cuore Selvaggio, chantée par Mareva Galanter et son sourire gracieux dans la voix. Kino Music, signé sur Kwaidan Records, label tenu par Marc Collin de Nouvelle Vague, montre derechef le talent coloré et réel du maestro nantais. Pierre Daven-Keller, alias DK, est exact et impressionnant, nécessaire dans le paysage musical français et à mes oreilles. Je classe Kino Music dans les meilleures productions de la décennie.
DavenKellerKinoMusic