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dimanche 17 juin 2018

Adam Ficek

De nouveau je risque fort de ne pas être objective au sujet d'Adam Ficek que j'admire depuis des années. Je parle de lui et de son alias Roses Kings Castles ici en 2008. L'artiste offre ce mois de mars 2018 un EP marquant, efficace, blindé de finesse et d'harmonies. Grignoté depuis sa sortie plus qu'à son tour, Adam Ficek EP1, est délicieux à chaque écoute. L'anglais n'est pas seulement une 'rock star', il est diplômé d'un Masters degree du London College of Music et continue, à côté de ses activités artistiques à se munir de diplômes, étant récemment devenu psychothérapeute. 


"From my work as both a musician and a therapist, I think the most impactful resource we all have is connection. To be able to connect deeply and authentically with another, to feel truly heard, is the most potent thing we have."



RosesKingsCastlesPiggledyPop2008
"Voilà un très joli projet d'Adam Ficek alias Roses Kings Castles, batteur des Babyshambles depuis 2005. Sa renommée n'est plus à faire, il enseigne la batterie dans différentes écoles mais est aussi un brillant pianiste et guitariste, la guitare étant l'instrument de prédilection depuis son adolescence. Ficek écrit des chansons et décide d'enregistrer ses démos de manière "old-school", en acoustique. C'est un choix. Il ne veut pas faire comme tout le monde et fonctionne avec une boite postale pour l'achat de ses disques. Puriste dans l'âme, il compose un style de musique pastorale entre le genre pop des Belle & Sebastian et le genre quixotic-pop de Syd Barrett, les musiciens qui l'influencent le plus, avec les Housemartins et les Smiths.
Quand on écoute ses titres, on comprend tout de la pop. Adam Ficek n'a guère besoin de moyens sophistiqués pour rendre des mélodies jouées à la guitare scotchantes. Elles vous reviennent en tête comme des boomerangs et collent l'envie de les fredonner en boucle. En plus des maracas, du piano, des arpèges pincées et grattées de sa guitare, sa voix vient se poser délicatement et avec beaucoup de justesse."



Adam Ficek forme avec ses acolytes Patrick Walden et Pete Doherty les Babyshambles et connait un succès fulgurant dès 2005. Avec Patrick, Adam fait ses premières armes avec un autre groupe nommé The White Sport qui offre l'album Songs the postman can whistle en 2004 puis c'est l'aventure Babyshambles et le grandiose Down in Albion de 2005 qui commence. Continuellement, même pendant les tournées, il écrit ses propres chansons qu'il ne tarde pas à offrir au public sous le pseudonyme Kings Roses Castles dès 2008 avec l'album Roses Kings Castles (The Sycamore club). Suivra un chapelet de signatures, toutes aussi somptueuses les unes que les autres : Apples & Engines Ep en 2009, Suburban Timebomb, Roses Kings Cassettes en 2010, l'album British Plastic en 2011, B​-​Sides & Demos en 2014 et enfin Adam Ficek EP1 pour lequel l'artiste reprend son patronyme.



J'aime Adam Ficek EP1 parce que l'anglais y concocte des mélodies acoustiques riches de rythmes et de sens. Les paroles de Black Eye sont accompagnées d'une guitare pailletée de cordes pincées et tapées comme il se doit, poursuivant le thème. Ce premier mouvement acoustique excellemment tendu et résolu est suivi du magnifique French Pull, fourni de notes subtiles, dont le pragmatisme, la lucidité, la froideur détachée et la sensibilité chaleureuse donnent froid dans le dos. Le splendide Interlude de presque deux minutes qui suit déploie fleurs et couronnes de délicatesse et d'inspiration. Jigsaw (qui signifie scie sauteuse) continue clairement guerrier, offre un duo guitare-voix qui monte la garde et ressuscite notre esprit véhément. Me fait entrer les claviers et tambourin sur la mélodie pop dansante et entrainante. Adam Ficek chante avec sa belle énergie et grâce sur tous les titres qui rivalisent d'invention, de sujets passionnés et de saveurs pour conclure avec élègance sur celui de l'amour. Sun décline une mélodie fascinante, un chant tempéré mais puissant orné d'une rythmique boisée qui scelle cette collection de 6 titres et mon avis sur le talent d'auteur-compositeur, inné et absolu, d'Adam Ficek. Adam Ficek EP1 est un régal mélodique qui mêle réalité et rêve, le coeur à l'espoir. AdamFicek



samedi 16 juin 2018

Mobvibe

Les quatre musiciens de Londres Mobvibe font résonner dans les salles de concerts de la capitale anglaise, mais aussi à Théssalonique où sont leurs racines, leur passion pour les sixties. Chris Roditis au chant, guitare électrique et synthétiseurs, George Cassadrian au chant et guitare acoustique, George Katsanos à la basse, Panos Kofou à la batterie apparaissent en 2010 avec le single Take A Look Around suivi du génial What A Day en 2012 et de Desire en 2013. Le groupe signe le 28 mai 2018 le premier album de quatre titres The NuSixties Invasion Part 1 dont Desire, revu et corrigé, qui grattouille la platine vinyle avec son tempo galopin.





Puis 20th Century Girl suit, avec son parfum d'été, ses rythmes endiablés sous leurs meilleurs aspects traditionnels sixties sauce Beatles. Mobvibe a le bon goût d'augmenter le plaisir en enregistrant de nouveau Chelsea. Une succession de sonorités électroniques et rock progressent le long du titre jusqu'au magique Take A Look Around, avec sa patine lumineuse et chaude. Depuis la version originale, Mobvibe y parsème des samples décomplexés et à la hauteur des attentes suscitées. Les anglais ne se glorifient pas que du passé et revisitent de manière moderne et aboutie des titres que je ne connaissais qu'en version acoustique. Si vous suivez le beau Nusixties Invasion de façon linéaire, le coup de soleil aux oreilles est incontournable. Mobvibe



samedi 9 juin 2018

Jonathan Bree

Pour ses nombreux fans dont je fais partie, l'événement est de taille. Jonathan Bree fait paraitre ce 8 juin 2018 son troisième album nommé Sleepwalking. Les cordes que l'artiste néo-zélandais tend sur son arc sont en nylon, en fer et en or. Ses talents multi-facettes font de lui une pierre précieuse de la pop. Fondateur du label Lil'chief Records, le troubadour compose des mélodies pop qu'il arrange et produit avec dextérité. Sa signature réside dans son univers musical plein d'âme et d'identité, inquiétant, psychédélique et soyeux à frémir.



JonathanBreePiggledyPop2014

"J'écoute Jonathan Bree depuis des années. Ce que j'aime chez l'artiste c'est sa personnalité qui rayonne dans sa musique, ses paroles et sa voix. Peu pliable, son tempérament intègre me séduit. Originaire d'Auckland, il découvre jeune le milieu de la pop indépendante grâce à son cousin Mark Lyons membre du groupe The Nudie Suits. Il crée dès 1998 son premier groupe The Brunettes avec Heather Mansfield qui assure le chant. L'EP Mars loves Venus sort cette même année, puis en 2002 avec son ami musicien Scott Mannion, Jonathan Bree crée le désormais fameux label Lil'Chief Records que j'évoque souvent sur Piggledy Pop. (...) Jonathan continue de créer, de jouer en offrant l'EP Boyracer en 2003 et signe dans le même temps l'excellent album Songbook de The Nudie Suits. En 2004, le label enchaine les signatures dont les californiens de The Ruby Suns exilés à Auckland. Lil'Chief compte dès 2005 une communauté de musiciens notables (...) Edmund Cake, Lawrence Arabia, Little Pictures, The Eversons, Princess Chelsea (autre projet de Jonathan) etc.
Jonathan parallèlement à son label poursuit son écriture et la composition, attaché au style sixties des Beatles, des Beach Boys et surtout à celui de Jonathan Richman dont il est fan depuis qu'il a 10 ans via Modern Lovers. Avec The Brunettes qui accueille dès 2004 Ryan McPhun des Ruby Suns, il signera 9 albums en une décennie."



Avec ce nouveau rendez-vous Sleepwalking, Jonathan ne fait pas de quartier et dégaine des compositions fleuries de basse, son instrument de prédilection, de guitare et de claviers. Brûlants et intenses en sonorités, les arrangements de Jonathan Bree aux commandes sont purement excellents. Les cordes font flotter une tension, son chant profond, invincible perturbe et trouble dès l'ouverture de Sleepwalking. Outre l'utilisation souveraine de la basse, Jonathan manie si bien le thème de la sensualité qu'il crée un alliage musique-voix efficace. Les voix font des loopings troublants sur Boombox Serenade avec son orgue, son tempo langoureux qui de manière alternative nous mène dans un état latent. Cet effet ne dure pas, le titre stoppe brutalement et judicieusement pour enchainer sur la rythmique offensive de You're So Cool. Jonathan fait sa cour, et à ce stade, pose ses jalons en passant à la vitesse supérieure. La voix suprême déclame avec volupté et intimité un texte outrageusement séduisant où l'assaillant est pris dans les mailles du filet de la dame: "I play the devoted butler, Morning coffees by the bed, While all hard fought endeavours, Bring in diminished returns, You're so cool, it's true, You're my kind of girl, Keep you 'till the end". Tandis que la cour assidue fait ricochet sur la servitude et la dévotion, la belle vient répondre sur le charnel Say You Love Me Too avec la présence de Clara Viñals au chant.
Puis le fondant et impressionnant Characters vient accrocher et aspirer l'esprit. Sa construction d'abord pop orchestrale prend la forme de confession amoureuse émouvante, sur des écho de voix divins et la basse, toujours et encore, qui finit d'engloutir l'attention.



Roller Disco poursuit dans la subtilité et la furieuse force mélodique. Les harmonies dans les guitares électriques et les percussions sont véloces et voraces, continuant de perturber les sens sur Valentine et son violon taquin voire funky. En plongeant dans le contexte aussi spirituel que tangible, on passe du rêve au charnel avec la mélodie envoûtante de Static qui précède la tumultueuse Plucking Petals où  Princess Chelsea fait une apparition. Les voix lointaines fantasmagoriques, les guitares en reverb chevaleresques, nous ramènent au titre d'album Sleepwalking avec à son collier des perles mélodiques avant-gardistes singulières. Cette sensation se poursuit sur les cuivres délectables de Coke où là aussi le lexique de gentlemen et de perte de sens, orné de la voix de Jonathan qui croone et vibre, est en symbiose avec l'éloquence des arrangements. Le feu ne s'éteint pas avec le titre qui clôt l'album, Fuck It, aux allures synth-pop cold-wave surprenantes mais bien senties. Jonathan Bree a le don de balancer entre l'ancien et le moderne, mettant en valeur l'orchestration des cordes, des claviers, de batterie typée années 50 et de sa voix magique pour un ensemble qui sonne réel, une acoustique non hybride ni modulée. Le résultat stylé, plein d'âme pop, est une réussite, qui touche et me donne envie de défendre le bastion Jonathan Bree avec ardeur.
En 2014 son premier album solo The Primrose Path est 'album de l'année' sur Piggledy Pop ; Mon point de vue ne change pas et je classe Sleepwalking meilleur album 2018 tant la qualité de l'écriture et de l'exécution est précieuse et rare.
JonathanBree

dimanche 3 juin 2018

Mikah Wilson

Multi-instrumentiste californien, Mikah Wilson compose de la pop sunshine qui plaira aux amateurs des Beach Boys. Il signe son premier single Sweet Jules en juillet 2017 et ses allures old-school sixties éditées sur cassette audio sont un bijou pop qui fleure le ciel bleu et le sable chaud. Digne d'un regard dans le rétroviseur, il contient aussi de la perspective ; Wilson revient ce mois de mars 2018 avec le fantastique Sunshine Grooves qu'il arrange et produit avec l'aide de Brent Randall, alias Gentle Brent, arrangeur et compositeur fameux. J'en parle dans mon billet sur Laura Peek and The Winning Hearts en 2008. Brent Randall signe trois albums magnifiques dont We Were Strangers In Paddington Green en 2009 produit par Jason MacIsaac des Heavy Blinkers.



Chris Wilson, son frère, fait paraitre en 2015 l'album de 10 titres Christopher Playground gorgé de mélodies sucrées sur lequel Mikah Wilson joue et fait les arrangements, méticuleusement fournis de clarinette, violon, violoncelle, trombone et de saxophone. La même instrumentation brille sur Sweet Jules et Look at the Way, garnis de tambourin, de piano et de guitares rutilantes. La voix de Mikah Wilson est somptueuse et mixée avec dextérité pour un effet chorale formidablement réussi. Toujours inspiré, le musicien ne désarme pas et sort ses cartouches bubble et power-pop en présentant Sunshine Grooves ce printemps, juteux plein de cordes et de cuivres. La sonorité souriante et psychédélique est pourtant extraite d'un travail d'orfèvre sérieux. Mikah Wilson, passionné, peaufine ses pépites du début à la fin de la chaine de production, scellant le tout de sa voix chaleureuse et cristalline que j'espère retrouver sous forme d'album bientôt.
MikahWilson



samedi 2 juin 2018

SAMT

SAMT est un duo composé de Minki Mumu au chant et batterie (membre du groupe pop Cry Baby) et de Stefan Geissler, au chant, qui vivent respectivement à Vienne et en Haute-Autriche. D'abord réunis en duo pour être DJ les deux amis se lancent dans la production.

Ils signent ce mois de mai 2018 un premier EP I wü Di/Geh schleich Di chez l'excellent label bavarois Kleine Untergrund Schallplatten (FriedrichSunlight, GoldenEaves, BVs, Zimt, LuxembourgSignal, PaleLights, Botschaft, Endlich Blüte etc.



Les deux artistes SAMT fondent dans leur pop punk fournie d'une âme synth-pop des années 80, des paroles issues du dialecte alémanique bavarois. Le titre I wü Di, petite pépite provocatrice et amoureuse, attire immédiatement. Les claviers tranchants s'allient au chant fort à propos et à la rythmique frénétique pour déclamer 'Don’t be so coy, I am alone and you are alone, Don’t be so coy, I can’t control myself when I see you, I want you so much I can’t take it anymore.' Quant à la face B, Geh schleich Di, le message est moins romantique mais reste fort direct et divinement aiguisé. La langue locale enrichit le style austro-pop musclé, aussi limpide que l'air de ses pics. Littéralement, la traduction allemande est proche de Please Leave Now, mais la connotation est plus incisive dans la montagne autrichienne, correspondant davantage à la formule littéraire 'va te faire foutre', en plus clair, 'go fuck off'. Piggledy Pop, sensible à ce style, accueille avec joie ces deux talents brillants SAMT à suivre absolument. Mordue par leur pop au profil rock, j'attends avec hâte la suite déconcertante et éloquente, sans aucun doute. Les deux musiciens ont participé à un concert hommage à Kurt Cobain en mars dernier, remodelant avec talent Where did you sleep last night. Sans rougir ni se prendre les pieds dans la difficulté de la reprise, a contrario SAMT tape dans le mille et au meilleur escient.
SAMT

Oum Shatt

Jonas Poppe est un maestro de l'underground berlinois qui ventile des mélodies pop garage, electro, psyché jouant avec le tempo, jonglant entre les beats extasiés et le son de clavecin baroque des temps anciens. Compositeur et arrangeur de musiques de films, son palmarès depuis 2001 est impressionnant. L'aventure musicale commence au début des années 2000 avec Kissogram, projet délicieusement varié en styles qu'il crée avec son compère Sebastian Dassé. Ils sont accompagnés du batteur Joe Dilworth (batteur de Stereolab et Cat Power). Après des EP géniaux comme I'm Absolute en 2002 et Forsaken People Come To Me en 2003, Kissogram signe en 2004 The Secret Life de Captain Ferber, suivi en 2007 de Nothing Sire! et de Rubber and Meat en 2009. Les deux amis en rejoignent d'autres ponctuellement en 2001 pour enregistrer un EP sous le pseudo Sitcom Warriors où l'esprit amusé 'borderline' se déploie dans une ambiance garage mods ponctuée d'arrangements électroniques qui à l'époque séduisent notre ami John Peel.




Jonas Poppe continue avec le nouvel alias Oum Shatt pour lequel il compose, arrange et mixe tout en créant son propre label. Apparait en 2013 le premier EP Power To The Women Of The Morning Shift / Madame O. Plus que jamais, sa passion pour le cinéma envahit les titres. L'artiste allemand tricote des textes polychromes et modèle des ambiances très différentes selon les thèmes comme s'il mettait en écheveau des scènes de film. 2016, Oum Shatt signe le magnifique Gold To Straw. Jonas est un musicien habité et généreux qui refuse clairement de faire de la 'RealPolitik', n'aimant pas utiliser le support pop pour éditer une morale, préférant parler d'amour. J'adhère à son point de vue et me régale d'autant plus à son écoute. Les arrangements parfois cold, solidement pop surprennent et chaque piste se fend d'un renouveau perpétuel, d'un souffle d'air frais, à l'image de l'inspiration étendue de Jonas ; L'enivrant Silent Girl respire toute l'atmosphère sensuelle de Godard et son emblématique Nouvelle Vague, façonné de la main de fer et de velours d' Oum Shatt où plume, notes lumineuses et grain de voix envoûtant transforment le titre en petit trésor.

Jonas chante, assure guitare, piano et claviers, accompagné de Hannes Lehman, Chris Imler, Jörg Wolshina à l'enregistrement. Les mélopées immédiates sont accrocheuses, dansantes, étourdissantes de candeur et plairont aux amateurs des Franz Ferdinand ou de Jonathan Bree. Jonas se désempêtre avec classe des oripeaux DJ electro berlinois en composant des chansons sculptées et diablement mélodieuses. Agé d'une quarantaine d'années, l'artiste nous comble de son expérience de la scène, des studios d'enregistrement, doté d'une oreille absolue et de son inclinaison pour la littérature et le cinéma. Les arrangements sont habillés de percussions, du son brut et boisé des guitares qui s'harmonise à la densité des paroles et de la musique à fleur de peau. Oum Shatt dont je suis fan signe un Power to the Women of the Morning Shift élégant, éthéré, à l'identité stylée, dont l'efficacité fait résonner les notes éblouissantes et soutenues.
OumShatt



lundi 21 mai 2018

Anthony Rochester

J'évoque Anthony Rochester et son travail il y a 10 ans sur Piggledy Pop.
"Anthony Rochester nous vient d'Australie avec de la pop gentle, brillante et efficace dans sa besace. Il offre en 2001 Music for Listening & Relaxation. Sur cet album, Anthony assure seul le piano, guitare, violon, basse, batterie. Le tout est orné de tambourin, glockenspiel, flûte, claviers et choeurs. Des invités et amis ont participé à l'enregistrement. Parmi eux, sa famille, et le norvégien Christer Jensen de Micromars, l'écossais Matt Jones alias Norman De Plume des Hepburns. Il y a aussi Christoffer Schon de Remington Super 60. C'est d'ailleurs avec eux qu'il assurera la tournée internationale pour son second album sorti en 2005 Music for Librarians. Depuis 2006 Rochester se produit sur scène, voguant de la Scandinavie aux Etats-Unis, et depuis nous a concocté de nouvelles mélopées qui sortiront cette année (2008) sur un nouvel album Music for in the Spaceship."
AnthonyRochesterPiggledyPop2008



Suivront les albums Hot Hits '96 en 2010 et The Anthony Rochesters en 2012. Ce dernier ajoute un 's' au nom Rochester simplement parce qu'il s'agit d'un enregistrement live avec son groupe, au sein d'une église à Hobart chez lui, en Tasmanie, expliquant le titre Singing in the church et la vidéo de Keep your eyes on the prize filmée dans l'édifice. Nombre de musiciens de pop indépendante aiment le son et la spiritualité qui émanent des églises. Anthony est aussi un producteur accompli et travaille sur le nouvel album In the Mean Time d'avril 2018 du groupe suédois The Hepburns, nimbé et émaillé de son d'orgue d'église, de sunshine sixties dans la veine de Burt Bacharach.



Toutes ces activités de production et de mastering n'ont pas essoufflé Anthony Rochester qui pour notre plus grand plaisir revient ce mois de février 2018 avec son magnifique Anthony Rochester Sings For You, signé chez Jigsaw Records. L'album est un réel régal. L'ambiance et les thèmes poussent à danser et à chanter. Les titres évoquent la musique, la chanson, l'amour évidemment, le temps qui passe, bordés d'une bonne dose d'humour. L'auteur-compositeur dépose de l'esprit dans les mots et dans les notes pour offrir un disque de 9 titres printaniers, fleuris de rythmes bossa qui font groover les mélodies pop. Le bal commence avec la somptueuse et iodée Sing us a seaside song où les samples de cris de mouettes viennent valser sur la basse et la grosse caisse avant la cavalcade de guitares au tempo vigoureux de Parasep discothèque. La chanson voltige sur un thème qu'Anthony connait sur le bout des doigts, celui des laboratoires de recherche, de la psychologie, la microscopie doté d'harmonies sunshine-pop jouées par Michael Herbert à la harpe. La basse, la harpe, le tambourin, les guitares brillantes s'allient glorieusement à la partition de trompette bugle assurée par Tim Byrnes sur le tempo envoûtant de My dancing days are done.



Les flûtes soprano sortent leur grand jeu grâce à Michael sur la furieuse et délicieuse Burkholderia où Anthony siffle accompagné de la harpe nous entrainant dans un univers merveilleusement sixties. Helen Rochester vient prêter sa très belle voix sur A walk in the zoo ; L'ambiance intime et familiale poursuit avec Toronto song aux notes de flûte fabuleusement boogie. Les mots sont imagés, les couleurs courent le long des notes après l'écureuil dans la neige canadienne ou le chat Milo dans Cat Food. Le titre Emotional song #3, plus eighties avec ses claviers est très convaincant, suave et épidermique dans le son de la basse, de la guitare, du piano ascensionnel qui crée de l'élévation, inévitablement de l'émotion. Cet effet réussi produit continue sur le dernier titre de rigueur, Let's make love happen Peter Joseph Head qui a écrit les paroles, chante accompagné de Tim, rutilant à la trompette. Le style disco-pop clôt avec une classe infinie l'album sculpté dans des particules musicales positives où l'archer Rochester décoche une pluie de mélodies sunshine avec une dextérité qui nous manquait. Anthony Rochester émeut nos délicates oreilles avec ce superbe Anthony Rochester Sings For You, d'ores et déjà sur mon chevet, qui scande autant de mélodies pop authentiques et spirituelles qu'il comblera les fans et autres mélomanes.
AnthonyRochester

dimanche 13 mai 2018

The Clay Hips

Il était une fois The Fairways, une belle et joyeuse troupe de San Francisco ornée des auteurs-compositeurs Brent Kenji (ex The Young Tradition) et Andrew Leavitt, guitariste, producteur, accompagnés du pianiste Keiko Kayamoto et du bassiste Jen Cohen (ex Aislers Set) . Le groupe propulse un single dès 1998, deux EP en 2000 dont un partagé avec les Aislers Set puis en 2001 un autre partagé avec Three Berry Icecream pour signer en 2004 un album pop jusqu'au bout des ongles, élégant et sculpté, au titre évocateur This is Farewell. Vous l'avez deviné, le groupe se sépare. Les deux maestro Kenji et Andrew quittent les Etats-Unis et partent vers deux différents pays européens. Mais les deux amis en contact continuent de composer et nous offrent en 2011 sous le pseudonyme Clay Hips l'EP Clay Hips et son titre I Won't Say qui superbe surprise, commence l'album Happily Ever After qui paraitra le 1er juin 2018.

Quelle joie de recevoir ce somptueux album des deux amis qui l'ont concocté de leurs bases, Kenji à Augsbourg et Andrew à Dublin. Pour les curieux, leurs aventures sont à retrouver dans mes billets de 2016 et 2018 sur les deux autres projets de Kenji Kitahama TheGoldenEaves et FriedrichSunlight



Les thème du départ, de la séparation rôdent langoureusement tout au long de Happily Ever After. Avec des personnalités curieuses, acharnées dans le travail, Kenji et Andrew ont ce besoin vital de rencontres, de mouvements, de résultats, de sensations qu'ils déposent harmonieusement dans leurs mots et leurs partitions. I Won't Say plane et glisse avec son profil expérimental riche de sonorités et de sens. Puis Failure arrive aux oreilles avec ses choeurs velvetiens délicieux et la voix de Kenji, ensoleillée, son texte d'une poésie vibrante. On plonge dans la nostalgie, le sujet de la fragilité du couple. Disappointed dans le même esprit du constat d'échec sentimental invite à danser avec son rythme qui s'envole grâce à la dextérité du batteur Marc Frank et à la présence magique de la chanteuse Beth Arzy (ex de Trembling Blue Stars, The Luxembourg Signal, Jetstream Pony et Aberdeen). The Mayfair Hotel poursuit dans la désillusion et la perfection mélodique dans le jeu des talentueux violoncelliste et violoniste Matthias Fahn et Philipp Müller.



Le tempo mélancolique est rondement mené avec le tambourin et l'effet slide de la guitare country avant de repartir au trot avec le boogie de Someone Who Wanders où la voix touchante de Kenji s'amuse sur la rythmique brillante de Mark. Le titre The Bridge (A Song for Augsburg) juxtapose la lumière à la nuit, passe d'une rive à l'autre pour imager le manque et l'éloignement "Eighty-two degrees in Fahrenheit, Drifting off to sleep in black and white, Look after my friends, But she doesn’t know the train is coming in, 'cause she doesn’t know a different track". Les arrangements de mandoline créent une atmosphère traditionnelle irlandaise et montrent l'étendue du talent d'Andrew à la composition. La notion du temps et du regret se mêlent à celles du retour et des retrouvailles, excellemment mis en musique, où la chaleur de la communion transpercent les notes. Violon et guitare font jaillir la mélodie de I Can’t Say It’s Love où instruments et voix s'amusent et jubilent sur la succession pop de 'kiss kiss' qui éveille l'envie de chanter et de danser. Andrew Leavitt et Kenji Kitahama coopèrent en symbiose pour libérer un Happily Ever After vif en indie-pop, ardent et précieux. L'amitié des Clay Hips aboutit à un album en mutation, qui pour la fan que je suis est le résultat évident d'une ascension épanouie, un des meilleurs albums 2018 que je chéris. Happily Ever After est digne d'une bande-son de film riche d'identités, de style, de mélodies pop et d'amitiés avec un doux parfum de 'Happy End'. Merci Clay Hips et Annika Records pour ce travail esthétique magnifique! Annika

La couverture et la calligraphie sont peaufinées par une artiste espagnole que j'admire, Lupe Núñez chanteuse de Amor de Días, Pipas et The Clientele.
AmorDeDiasPiggledyPop2012
AmorDeDiasPiggledyPop2011



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vendredi 11 mai 2018

Distant Shore

Découverte vrombissante, attachante, les deux splendides chansons de Distant Shore sur l'EP April '18 paraissent sur le net il y a un mois . L'auteur-compositeur Ben Siddall concocte seul ces deux titres, Former Life et A Quick Goodbye, assurant guitare, basse, rythmique, chant et la production. Le mixing est parfait. Ben Siddall est un producteur affûté et averti et l'ambiance que Ben crée gagne toute sa place dans la grande brit-pop. La voix, la mélodie et les arrangements s'accordent et glissent naturellement comme chez ses compatriotes Adam Ficek, Pete Doherty ou encore Alex Turner. Il y a de la rêverie et du lyrisme dans l'écriture, de la musicalité perçante qui à l'évidence retient les chevaux, dotées de cet accent anglais charmant qui envahit avec aisance la mélodie. Le musicien du Yorkshire, qui enseigne la musique dans le privé, travaille actuellement sur un autre EP qui paraitra bientôt et déjà se dessine l'album pour la fin de l'année 2018. En attendant, je savoure la qualité pop du premier April '18, subtil, harmonieux et à certain égard, impressionnant pour un premier galop où Distant Shore se révèle éminemment prometteur. DistantShore

jeudi 10 mai 2018

The Occasional Flickers

The Occasional Flickers et leur album Sleep And The Time In Between sont un des coups de coeur Piggledy Pop, du genre à persister et à me tenir compagnie de manière constante. Ce magnifique album signé en 2017 se dévoile être au fil des écoutes encore meilleur . Ce qui émane des titres, c'est le style singulier , la personnalité inspirée de l'auteur-compositeur et chanteur Giorgos Bouras. Le style indie-pop plein de panache sixties et orchestré précieusement semble inné chez son auteur. Giorgos écrit son premier EP Rain Until Monday en 2003 à Athènes, sa ville. De façon twee, il enregistre en 2006 son opus Scattered Songs à la maison, dans la parfaite et puriste tradition bedroom-pop où le sens de la mélodie est primordial. Il est suivi du single When The Sky Looks So Gray en 2007. Avant de faire paraitre son deuxième album en 2011 Home Is A Four-Letter Word, Giorgos Bouras quitte la Grèce et part vivre en Ecosse, à Edimbourg, où le groupe Occasional Flickers s'agrandit avec Panayotis Baras à la batterie, Fraser Hughes à la basse et Robin Campbell Oliver à la guitare. Avec l'aide de musiciens locaux, l'album peut offrir une pléiade d'instruments et d'arrangements pour habiller les mélodies pop clairement dans le sillage des Camera Obscura, Belle and Sebastian, et Dexys Midnight Runners dont la chanson Occasional Flicker inspire ici le nom du groupe.



Se glissent donc dans les titres, des notes d'harmonium, de trompette, de sitar, orgue, harmonica, violon, Wurlitzer et un ensemble de cordes sur l'excellent A Young Explorer conduit par Nikos Nikolakopoulos. Les amateurs d'étoiles, de télescope, de destin nébuleux et d'aventures astrales seront aux anges avec ce titre croustillant. 2012 parait le trois titres déroutant et intemporel A Simple Song où Giorgos revisite avec sa belle et convaincante intention, le She Belongs to Me de Bob Dylan. 2013, le titre Capitalism Begins At Home apparait. Je suis séduite par son atmosphère pop alternative et sa silhouette garage pop galopante efficace.

L'hiver 2017, The Occasional Flickers revient avec le fabuleux Sleep And The Time In Between et l'album prend de plus en plus de signification et de présence au fur et à mesure de son passage. Le groupe a la délicatesse de l'ouvrir sur A Simple Song où Bouras et Campbell Oliver subjuguent aux guitares comme sur Myself qui est resplendissant par sa musicalité, sa griffe pop montée en chantilly grâce à ses guitares offensives, sa batterie, ses trompettes et saxophone rutilants menées par Ailig Hunter, Tom Irvine et Laurie Irvine. Panayotis Baras est un magnifique prestidigitateur avec ses baguettes, gérant le tempo allié aux guitares sautillantes et à l'orgue de A Sparrow. La rythmique pop mods ne désarme pas sur Half Know où la voix de Giorgos échappée d'une lyre, carillonne énergique et chaleureuse. Most of the Time arrive avec son profil Velvet Underground pour un moment mélodique magique qui tape la mesure et prend de l'ampleur au fil des notes et des mots admirablement touchants.



Les images qui inondent l'écriture sont poétiques, naives, amoureuses, comme sur le titre phare Sleep And The Time In Between, au relief pop joyeux et enthousiaste. Puis le piano et l'orgue se marient lumineux à la guitare de Bouras sur l'instrumental 9/5 Meadowbank Avenue Blues avant le langoureux harmonica de Before You Break A Mirror, sa saveur, ses couleurs, ses reflets mélodieux déposés dans les deux voix mêlées de Giorgos Bouras et de Ola Rek qui se répondent . Le génial single Visions Of Geraldine mène vers la fin d'album avec son style country vintage printanier et impétueux avant Winter Waltz, de toute beauté, pour conclure sur une note bucolique au coin du feu grâce au brio de Sergios Voudris à l'orgue et au piano droit qui dégaine sa mécanique à baïonnettes, suivi par tous les instruments en cascade pour se fondre en un corps mélodique. Sleep And The Time In Between des Occasional Flickers, enregistré dans une église au sud de Glasgow, fait partie pour moi de ces albums tendres et pertinents qui accompagnent et font vibrer des années, sur le chevet Piggledy Pop.
OccasionalFlickers