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dimanche 14 avril 2019

Saltwater Sun

Saltwater Sun est un groupe de Reading qui comprend cinq musiciens. Dan Kingham l'auteur-compositeur, chanteur et guitariste, Joel Neale guitariste et ingénieur son, Ben Chandler à la batterie et percussions, Robert Carter à la basse et la chanteuse Jennifer Stearnes se connaissent depuis l'enfance, et ont une expérience solide de la scène . Le travail de création est commun, Dan apporte une mélodie, des accords et partitions puis chacun du groupe y apporte sa pierre en matière d'arrangements et Jennifer écrit les paroles. Ils apparaissent en 2015 avec leur premier single Habit On My mind suivi du EP Wild en 2016. En 2018, le groupe signe des mélopées qui accroche illico mon attention. Rock alternatif en béton, les sonorités britpop postpunk inondent les mélodies laissant penser que le club des cinq a été nourri au biberon avec les Blur,  Who, Arctic Monkeys, Cardigans, Black Sabbath, et aussi The National, David Bowie qu'ils aiment ou encore Echobelly offrant un mélange pop des années 80 et années 90.



Les titres Now or Never, Making Eyes, The Wire, Hot Mess seront suivis par les titres récents de 2019 Blood, Trying et The Great Deceiver sorti il y a six jours. Produits par les Saltwater Sun et leur compatriote James Bragg  alias Gengahr, les chansons sont dansantes, rythmées, superbement jouées.
"Apathy vs. rage, A symptom of our age, Been living out our days, Observers not the actors" : Le texte de Wire est aussi musclé que ses harmonies de guitares, ses mots clinquants sur le tempo vitaminé de la batterie. Rob brille à la basse, essentielle et élancée. Tandis que Trying évoque les effets secondaires de produits toxiques qui peuvent dissoudre une relation, terminant sur une note positive, les guitares offensives et la batterie combattante de Blood accompagne un texte qui parle de la mort du père de Jen il y a dix ans, également sans complainte. La sensiblerie ne rôde pas chez les Saltwater Sun qui transforment toute expérience en arme et en atout.
Leur vitalité et leur belle réaction s'entend dans The Great Deceiver aux guitares magiques, à la basse et batterie révoltées exquises sur la voix de Jennifer que j'adore tellement elle resplendit de charisme. Son grain de voix, singulier, habille les lignes de guitares, orne la rythmique élégamment avec ses particules punk et sensuelles à la fois. Saltwater Sun offre une signature qui se classe sur le podium 2019 de Piggledy Pop, parce que addictive et explosive façon puzzle pop.
SaltwaterSun





samedi 13 avril 2019

Golden Daze

Golden Daze formé en 2013 est un duo américain originaire de Los Angeles constitué de Ben Schwab et de Jacob Loeb. Pour d'emblée tenter d'aiguiller sur le genre de leur univers pop, je citerais comme noms Ultimate Painting, Jon Brion, The Clientele et comme adjectif élégant, intime, sucré et éthéré. Le premier album Golden Daze parait en 2016 suivi ce mois de février 2019 du génial Simpatico, cousu d'or harmonique et mélodique. Leurs deux voix à l'unisson touchent, leurs guitares mariées à la basse et la batterie, marquent un tempo chaleureux qui met dans le mille. Le mélange est somptueux, homogène et fichtrement limpide à l'oreille. L'album déploie ses mélopées de manière brillante, voire astrale. Les cordes de violons et la peau du tambourin s'invitent parfois, discrètement pour effleurer les arpèges de guitares et le chant cristallin montrant que les deux artistes sont doués pour non seulement la création mais aussi l'instrumentation et l'interprétation. Quand ce cocktail est réussi, il reste sur la platine une petite tuerie pop.



Ce qui m'a séduite à la première écoute, c'est la basse qui swingue, qui offre de l'ampleur aux guitares et se promène sur tout le disque en le portant avec gaillardise à bout de chevalet. Les mélopées s'ouvrent sur Blue Bell qui sonne le glas de la délicatesse et du temps qui passe, plantant un décor doré de notes romantiques et de voix duveteuses. Amber enchaine sans blanc maintenant cette sensation de matière avec ses métaphores saisonnières impeccables. La chanson remplit l'attention dès l'arrivée de la basse grandiose pour évoquer une relation vibrante dont Flowers crée une continuité forte et efficace. Le titre au groove subtil se fait plus insistant et persistant sur une ritournelle en guise de bouquet de fleurs, puis sentimentale sur Took a Fall où la distance amplifie l'amitié ou la fraternité. Les images physiques, géographiques, en mouvement se font langoureuses sur Lynard Bassman avec sa mélodie pleine de fulgurance et ses arrangements enrichis de cordes. Wayward Tide avance majestueux sur ses accords et arpèges de guitares fins où l'on entend tout le travail de sculpteurs de Ben et de Jacob, idem pour l'excellent Within qui croise divinement l'art de la composition à celui de l'interprétation.



Sentimental Mind et son tempo indie solide poursuit l'ambiance ballades pop soyeuses, qui avancent en s'encastrant et se répondant parfaitement faisant perdre la notion du temps quand Drift sautillante, rythmée par le tambourin et les cymbales ajoute à l'intelligence et à la musicalité une sacrée dose d'optimisme. Arrive ce qui est à mes oreilles la perle du disque, la formidable Where You Wanna Be. Simpatico, chanson qui offre le titre de l'album est, pour terminer l'écoute, la chanson phare, par son sens et sa construction. Folk, lo-fi, indie pop alternative, tous les éléments sont là et bien malaxés pour créer un titre brillant. Le travail effectué sur les deux voix reflètent la complicité de Ben Schwab et de Jacob Loeb, ce qui est voulu et recherché. Le résultat élégant est atypique parce qu'il est rare de pouvoir savourer une telle pépite pop écrite à quatre mains traitant du thème de l'amitié. Golden Daze signe un Simpatico beau, musclé d'harmonies, lumineux de fraternité et équilibré de sentiments positifs. Je le conseille fermement.
GoldenDaze



samedi 6 avril 2019

Marius Ziska

Marius Ziska, auteur-compositeur des Iles Féroé, petit paradis autonome au royaume du Danemark, situé entre l'Écosse, la Norvège et l'Islande, où les indigènes aiment la nature, le rugby, la musique, mais pas trop les perturbateurs, signe son premier album Recreation en 2012 et son second en 2015, nommé Home/Heim. Son univers artistique est notable parce que riche de mélodies, brillant de technicité, joliment inspiré par l'amour de sa famille et de son territoire, orné de sa voix qui contient de la grâce et du charisme.



Les notes cristallines de Going Home qui ouvre délicatement ce deuxième disque font immédiatement voyager. Les mots somptueux sur les cordes élégamment titillées sont une invitation à découvrir ce pays magique, cet havre de grâce et de chaleur, discret et secret. 'The greeting clouds and naked hills are calling. Stones feel soft, hard rain is falling. The colours of home sets us all in motion, carried by the winds across the ocean...' Le disque qui contient des titres en anglais et en féroien est suivi en juin 2018 par le grandiose Portur, troisième volet entièrement en langue natale et locale. Le langage du gentilé est un mélange de danois et d'islandais, fort lyrique, il sonne musicalement et résonne magnifiquement. L'archipel qui ne compte qu'à peine 50 000 habitants est un vivier d'artistes, un endroit qui inspire les musiciens comme Gudrid Hansdottir ou Teitur et qui offre tous les étés le G! Festival pour ses milliers de festivaliers qui viennent de toute l'Europe.
GFestival



Marius Ziska est influencé enfant par son père avec qui il écoute beaucoup de vinyles et qui lui offre une batterie quand il a 9 ans, puis une basse, une guitare. Il formera son premier groupe au collège. Jouant sur scène désormais et arpentant les routes européennes (ce mois d'avril en Allemagne avec des dates quotidiennes), Marius Ziska a sans cesse besoin de rentrer aux iles, où il se ressource et puise son inspiration pour ses futures compositions. Portur qui est 100% féroien dévoile pour la première fois l'homme artiste grâce à sa langue maternelle qui permet d'ouvrir des portes plus personnelles, d'évoquer des sujets solides qui de manière immarcescible, sont plus émouvants qu'en anglais. La pépite pop Portur démarre sur la rythmique envoûtante et dansante de Silvurlín où claviers, batterie, basse galopent sur le chant somptueux qui évoque une mystérieuse et impénétrable Silvurlín décrite avec des métaphores de chevaux indomptables et de fleurs sauvages. Les textes aussi colorés qu'une palette de peintre et poétiques sont ornés d'arrangements finement brodés comme sur Góðvarin Mynd qui décrit le sentiment de bien-être sur ses terres, loin du cynisme et de la violence urbaine.



L'ambiance sereine poursuit excellemment avec le tempo pop sautillant de Til Kærleikan, duo formé avec les compatriotes des Féroé Guðrun & Bartal, génial groupe pop constitué de Guðrun Pætursdóttir Haberg et de Bartal Augustinussen. Suit le très touchant Longsul, sa batterie vibrante, offensive, qui fait marcher au pas sur les violons et les claviers mariés sur la voix combattante de Marius qui 'né dans l'ancien temps' demande et supplie 'Do you hear me now, call on you'. Les cuivres et cordes forment un alliage sacré sur le tempo synth-pop de Dansa í Náttini, alternative, en ascension, pleine de sonorités pop lumineuses qui parlent du profil noir et sombre du monde contemporain versus son monde plein d'espérances et de beautés, idem sur Flóttin qui suit avec sa douceur harmonique et lyrique. Le tempo reprend du service avec la batterie et le chant martelé de Vald qui signifie 'pouvoir' soulignant la petitesse des businessmen, sortes de coquilles vides à l'esprit rase-mottes. Portur vogue noblement vers la conclusion où Ongin Er Orsøk, arrangé intelligemment est interprété avec une splendeur raffinée. Marius Ziska signe un album de huit titres attachants, ronds d'espoir, aussi forts de poésie que d'idées fertiles pour les harmonies. Un plaisir mélodique certain et sans fin!
MariusZiska





dimanche 24 mars 2019

Tugboat Captain


Véritable groupe indie-pop de Londres, la clique de six musiciens apparait en 2016 avec le mini-album Tugboat Captain EP, suivi de l'album Tugboat Captain et d'une suite colorée d'EP édités sur l'album Everybody Seems To Think That I'm A Raincloud (Bonus Edition) de 2017. Enregistré lo-fi, les musiciens précisent avec humour que depuis ils ont acheté un autre microphone. Ce qui caractérise la troupe c'est l'atmosphère de scoutisme, satellite fourni d'amis et de la famille, l'utilisation de multiples instruments violon, accordéon, banjo, cornet, maracas, basson etc, ainsi qu'un bien bel esprit indie fleuri de simplicité et de drôlerie qui anime leurs chansons.



Tugboat Captain, The Captain (Alex Sokolow) qui chante, écrit et compose, sa soeur Honeyglaze (Anoushka) Jesus Big Boy (Josh) à la basse, Sloppy Giuseppe à la sitar et basson, Boatswain Joe à la batterie, Papa Isaac à la guitare, ne cesse de produire des titres solides et trace sa route infiniment pop. La joyeuse ambiance des enregistrements clopes-guiness à la maison dissimule de la créativité, de la finesse et du travail. Le groupe est sur la route depuis quelques jours pour une tournée qui sillonne le Royaume-Uni, tout en continuant leurs études et autres activités en parallèle.
A l'écoute de True Love paru en 2016, se distinguent des influences allant des Beatles au Guided By Voices, notamment les techniques d'enregistrement de Sgt Pepper, avec la simplicité de la mélodie, des paroles qui sonnent musicalement tout en ayant du sens, et des arrangements orchestraux, variés, fournis et limpides. L'harmonica et le banjo de Ikea Mirror conduisent la mélodie qui malgré les moyens d'enregistrements pas encore lissés, dessine à l'oreille un talent évident à la composition. C'est en 2017 que le tournant se fait côté son avec une qualité des pistes et des bandes enregistrées.



Dès l'arrivée de Don't Want To Wake Up On My Own, du formidable Until Now avec ses cuivres rutilants ou les guitares merveilleuses de Rabbits, les effets saturés créent une intimité charmante réussie. Artifiacially qui suit la même année séduit de la même manière avec ses deux titres blindés d'harmonies qui zigzaguent, tournoient sur la voix d'Honeygaze qui profile le titre façon Camera Obscura ou Pastels comme pour la seconde chanson Sundried Tomatoes au tempo pop mené sublimement par les guitares, batterie et claviers. Grace suit en octobre 2017, proposant trois titres incroyablement beaux. L'écriture brit-pop indie et l'ambiance traditionnelle mêlées modèlent un ensemble mélodique offensif et lyrique avec des vagues de romantisme et d'humour dans les mots qui montrent une sacrée maturité et de l'esprit franchement appréciables. What Comes Next fait partie de ces titres somptueux, intemporels, qui rappellent The Smiths, Orange Juice, Belle and Sebastian, The Orchids, The Trash Can Sinatras, tous ces groupes indie-pop qui feraient muer les amateurs du genre en monstres sanguinaires la nuit tombée.





En février 2018, Tugboat Captain continue la croisière pop avec l'excellent deux titres Distance et 1003. L'EP fait danser sur l'amoureux Distance et ses guitares taquinant le clavier, la basse faisant des bonds de kangourou sur les cymbales, avant l'émouvant jeu des guitares de 1003 qui à lui seul, avec ses ondes onctueuses et éminentes de pop-song, se classe dans le panthéon des chansons Piggledy Pop.
Ce mois de décembre 2018 sort Record Time, cousu d'or, aux thèmes propres à la joyeuse troupe, la mer, l'amour, la musique, avec des arrangements géniaux, dans l'ensemble plus typé rock. Les cuivres et les cordes alliées sur des compositions alternatives accrochent et restent en tête un bon moment. Depuis le 15 mars 2019 et la sortie de Be Strong, Smoke Less, Tugboat Captain surfe, swingue, sautille sur la route du succès, en étant joué par des centaines de milliers d'internautes mais aussi en apparaissant sur la bande-son de la série japonaise de Netflix Terrace House. Ne lézardant pas, jouant quasi quotidiennement de Manchester, Glasgow, Brighton à Cardiff jusqu'à cet été, Tugboat Captain qui se qualifie de DIY Band est à découvrir absolument en live et/ou sur vos platines.
TugboatCaptain





samedi 23 mars 2019

The Fisherman and his Soul

The Fisherman and his Soul est le magnifique projet de Sebastian Voß qui vient de faire paraitre ce 20 février 2019 l'album Lakatos. Une belle amitié nous lie avec Sebastian et avec ceux qui participent au disque. J'ai eu l'honneur d'assister au process avec confiance et coeur mais cela ne compte pas pour être capable de formuler un avis objectif dans cette chronique. Les proches le savent puisque je ne chronique pas systématiquement sous prétexte d'amitiés. C'est la politique claire de Piggledy Pop mes 'petits lapins' et elle offre l'avantage de ne pas avoir besoin d'envoyer l'armée.




J'évoque le travail de Sebastian l'an passé ici au sujet du groupe Nah... : "Nah... est un duo jangle-dream-pop constitué de Sebastian Voss, auteur-compositeur et guitariste allemand et de la chanteuse néerlandaise Estella Rosa, également chroniqueuse sur son blog d'indie-pop Fadeawayradiate. Sebastian est inspiré, fertile à souhait, sur la scène depuis 1992 avec son premier groupe Stars Play Music, suivi de The Grindcore Poppies en 2000 crée avec son ami et complice musicien André Bosse. Viendra le groupe The Delicious en 2002 où Sebastian assure de façon fantastique les instruments. A côté de tout cela, il est aussi bassiste et batteur pour Lancaster, dans le sillage des Wedding Present et Pastels. Il met en place son superbe projet synth-pop The Fisherman and his Soul et offre le dernier album en date A Certain Kind of Hug en 2017." Nah...PiggledyPop



Lakatos comporte tout ce qui me plait. La qualité, la singularité, un son net et propre qui signe l'univers artistique du multi-instrumentiste, une âme européenne avec la présence de l'italienne Maria Capozzi qui chante et écrit les paroles pour deux titres, la présence délicieuse d'Estella Rosa sur un titre, l'auteur-compositeur anglais Ed Ling et un autre du clan est présent pour la pochette, l'anglais Percy Stewart. Imre Lakatos qui apparait en photo sur le volet du très joli objet est un épistémologue hongrois, logicien, philosophe des mathématiques du début du XXème siècle, disciple de la mathématicienne russe Sofia Yanovskaya. Illustre chercheur physicien, sa vie tumultueuse, son courage inspirent le disque à Sebastian qui utilise des claviers, des samples, sirènes, bord de mer, clochers d'églises, dans une ambiance stylée sixties, psyché ou orchestrale ornée de sons de machines funky, soul et dance élégantissimes. La formidable vague easy-listening arrive aux oreilles dès l'ouverture de cinq minutes maritimes via And with the silence all over the place...Theme from Lakatos avec la voix excellente de Kev Robertson. Les mots y sont aussi sensuels que le son de la guitare acoustique sur des synthétiseurs cold wave, soufflant le chaud et le froid dès l'ouverture des rideaux. Le décor est planté et il n'est pas mielleux.



Arrive le tempo trottinant The Machines #1 (La Piazza) avec Maria qui chante en italien laissant percer le soleil. L'effet continue avec la mandoline, les cuivres et la basse de Ekki Mass qui font fondre les claviers atmosphériques. Le rythme évolue encore davantage avec Spark on boxing dayEd Ling ajoute son groove dans la voix sur le beat disco seventies aux formes généreuses, dignes d'un Moroder, signé de Sebastian montrant de manière décisive son talent de compositeur. The Machines #2 (Crisis) et les 'papapa' sucrés d'Estella amorcent la superbe On the shore, dansante, gonflée de reliefs, du chant pop et élancé de The Fisherman and his soul. La synth-pop poursuit ses montagnes russes sur l'instrumentale Trainride et How to stop a machine, formidable titre à l'architecture groovy où Pelham Super Hero assure un chant loin d'être farouche. Dans le même esprit The Machines #3 (A Beach Beauty) suit avec Maria Capozzi pour la partie vocale et les harmonies de Sebastian Voß qui redonne ses titres de noblesse à l'easy-listening en faisant claquer les synthétiseurs, vibrer basse, guitares, cymbales, apportant par petites touches torrides une envie sévère de danser. Le savoir-faire de Tobias Mennemeyer au mixing, les arrangements et la production de Sebastian forment un bolide de haute qualité avec le dernier titre amphétaminé Holy Lights, Holy Lights! qui termine de séduire et d'envelopper l'attention. Clavier, batterie, basse, flûte et guitare s'harmonisent pour un cocktail splendide, une harmonie musicale à la logique mathématique brillante. L'agencement contemporain de The Fisherman and his soul distribue aussi des particules sixties, seventies, soul, groove, funk, pour un Lakatos electro-pop aux allures rétro minutieuses. Les éclats cristallins de Lakatos, imbibés de tendresse, taillés dans le brut, s'enchainent pour former une pierre précieuse pop qui se faufile donc dans le top 10 des disques Piggledy Pop 2019.
TheFishermanAndHisSoul



dimanche 17 mars 2019

Le jeans

Il était une fois au XVIème siècle, en Italie, dans la république de Gênes, une toile de lin tissée avec de la laine, de couleur ocre et brune, qui servait à la fabrication des voiles pour les bateaux. Cette étoffe croisée vient de la futaine qui elle date en Europe du XIIème, sera utilisée dans la confection de certains vêtements d'extérieur au XIVème siècle. Dès le XVème siècle les étoffes génoises voyagent sur les routes maritimes jusqu'à Londres où le vocable 'Gênes' est prononcé 'Jeanes'. Puis certaines de ces étoffes seront acquises un peu plus tard par Henri VIII, et seront après sa mort inventoriées au nom de Jeane, faisant référence précise au lieu d'origine de fabrication. L'expression apparaît sur nombre de documents du commerce dès le XVIème siècle comme par exemple sur l'acte d'achat d'une propriété du Comte d'Oxford à l'italien Benedict Spinola dit 'merchant of Jeane' (marchand de Gênes).
Certains historiens s'accordent à dater le 'blue jean' dans la première moitié du XVIème grâce à la toile utilisée en 1538 par le peintre Teramo Piaggio pour son récit de la Passion du Christ sur toiles bleues en fibre de lin teintes à l'indigo. 



Elle sera par la suite fabriquée en France, notamment à Nîmes. Cette toile italienne à l'origine, devient la 'toile de Nîmes' ou sergé de Nîmes aux fils de coton croisés, qui voyage et arrive en Angleterre où on la nomme 'denim'. Ce n'est que bien plus tard, au XIXème que cette toile, alors nommée 'jean' en Europe depuis des siècles, fait une entrée outre-Atlantique, notamment via le commerce du bavarois Lévi Strauss en 1860 qui en fait venir du vieux continent jusqu'à San Francisco pour faire du vêtement.

J'écoutais hier un jeune et sympathique avocat, sensiblement de droite conservatrice, qui vantait une préservation de l'identité et de la culture française, face à l'américanisation de l'Europe en lui donnant comme exemple le port du jeans. Un petit désarroi m'a inspiré cette petite chronique.
Primo, parce que l'art de la mode, de la confection de tissus (Jouy, Mayenne, Nîmes) fait partie de notre culture et qu'il est plus classe de le connaitre. Secundo parce que les américains, sans leur manquer de respect, n'ont rien inventé du hamburger (allemand) au donut (français), de la voiture, du train (Angleterre) à l'aviation (France). Manger un burger en portant un jean ne tient pas du fantasme américain. Tertio, cette sensibilité au vêtement, matérielle et moderne, me fait sourire. L'habit ne fait pas le moine, comme la casquette NY ne fait pas le fiché S.













The Loch Ness Mouse II


Extrait de mon billet l'an passé : "The Loch Ness Mouse est un groupe mené par un maestro de la pop norvégien Ole Johannes Åleskjær. Loin d'être débutant, Ole est un actif sur la scène indie depuis plus de 18 ans et cette année, il signe son cinquième album éponyme The Loch Ness Mouse, véritable keepsake musical qui marque notre époque, dessinant l'actualité avec poésie et des mélodies galbées, sculptées pour danser. Ole compose des airs alternatifs, pop, rock d'abord dans un premier groupe formé en 1992 avec son frère Jørn Åleskjær et dès 1999 sous le nom The Loch Ness Mouse avec Christina Høgetveit qui l'accompagne magnifiquement au chant, ils signent l'album Flair for Darjeeling, suivi en 2002 de Key West, en 2004 Cargo-An Introduction To The Loch Ness Mouse puis New Graffiti en 2009. Jørn signe en 2014 un bien bel album vinyle à découvrir, I´m So Glad I Spent This Day With You, produit par Ole, sur lequel il invite des amis en duo comme Gary Olson des Ladybug Transistor et les musiciens de I Was A King. Jørn offre ce mois de juin 2017 la très belle reprise du titre Shouldn't Have To Be Like That de Fra Lippo Lippi qui plaira inévitablement aux amateurs des années 80."
LochNessMousePiggledyPop2018



Ce que j'aime particulièrement chez The Loch Ness Mouse, c'est que quelque soit le disque, son profil, les personnalités qui gravitent autour de Ole Johannes Åleskjær, l'écoute de ses chansons me fait systématiquement l'effet d'ouvrir un roman. J'apprécie ce côté charmant littéraire qui émane des mots, le tempo pop chaloupé et dansant des arrangements et la limpidité de la production comme des voix. Le travail de création de Ole est toujours plein de l'âme scandinave, de chaleur simple et harmonieuse dans les mélodies stylées eighties, d'instruments panachés, d'un immuable résultat fort élancé. Le 15 mars 2019, l'artiste norvégien signe The Loch Ness Mouse II un album reprenant d'anciens titres remodelés, revisités et des nouveautés formidables. Le chapitre s'ouvre sur The Tea House (Teehaus Im Englishen Garten), onctueux, foisonnant de cordes duveteuses et soul, offrant un tempo futé et alternant avec des loopings de voix qui accrochent l'oreille. La nouveauté sucrée Dee C.Lee avec la voix magique de Christina Høgetveit et la basse somptueuse, taquine nos sensibilités nostalgiques des années 80 : Clin d'oeil à l'année 87 et au groupe Style Council formé et conduit par Paul Weller avec son épouse, la chanteuse Dee C.Lee.



Dirty Realism continue de nous faire tomber amoureux sur la voix mélodique de Ole, le clavier et la batterie alliés à la guitare délicate. L'envie de danser ne prévient pas quand le saxophone joue sa mélodie soyeuse. Puis Hayland paru en 2000 est ici revu sur un orgue, piano et basse glorieux pour muer en un petit canon esthétique et sophistiqué. La chanson fait voyager dans le petit écrin boisé et préservé de Skulerud où les Loch Ness Mouse ont grandi. Simple Song for a Suzuki est une courte embardée avant qu'attaque la rythmique pétillante de Unwarranted, originalement plus down tempo sur l'album New Graffiti, resculptée ici avec une fougue persistante pour ce retour charmant dans le passé et l'évocation de souvenirs. Puis on revient dans le présent avec le nouveau titre Evelyn et ses notes de guitares fulgurantes, ses références à James Joyce, l'ambiance fleur-bleue d'une rencontre  lors d'un voyage entre Liverpool et Manchester. Les arrangements pop blindés me séduisent et plairont aux amateurs du grand Loyd Cole. La promenade se poursuit avec By Piccadilly Station I Sat Down And Wept, magnifique reprise du titre de Tracey Thorn de Everything But The Girl qui maintient l'idée du voyage en train et offre la présence du guitariste Rhodri Marsden membre du groupe anglais post-punk des eighties Scritti Politti.



La balade pop trottine vers sa fin avec A Name For 2002 (komorebi) où la chanteuse japonaise Miori qui prête sa voix rappelle que l'album The Loch Ness Mouse II est signé sur le label norvégien Voices Music & Entertainment mais aussi sur le japonais P-Vine. Pour terminer en osmose avec les années 80, le dernier coup d'oeil dans le rétroviseur est Curt & Roland, titre qui fait référence aux deux musiciens des Tears for Fears. Les cordes, les cuivres et les flûtes mariés au grain de voix de Christina qui accompagne l'harmonica brillant et les guitares grandioses bouclent l'odyssée pop The Loch Ness Mouse II. L'ensemble gracieux et précieux est dû au travail de Gary Olson des Ladybug Transistor, de Nick Terry (Primal Scream, Bernard Butler, Epic Soundtracks) et de Paul Savage des The Delgados au mixing. Tout le talent de Ole Johannes Åleskjær sans cesse renouvelé depuis vingt ans resplendit dans les pépites pop de Loch Ness Mouse II dont la couverture d'album est une peinture faite en 1954 par l'artiste suédois Olle Zetterquist, aujourd'hui âgé de 91 printemps.

2 Conseils de Piggledy Pop soufflés à vos petites oreilles affûtées : l'écoute de l'EP de 2003 Friends & Fenders que j'adore, produit par Gary Olson et derechef, l'album I'm So Glad I Spent This Day With You du frère de Ole, Jørn Åleskjær, blindé de groove et de soul et dont je suis fan! LochNessMouse







mercredi 13 mars 2019

Dayglow

Aux amateurs d'electro indie et disco pop à la manière des versaillais Phoenix ou du new-yorkais Darwin Deez, le projet Dayglow est pour vous. Mélange de production lissée, tenue de mixing intelligent et d'excentricité garnie d'humour dans les mots et leur interprétation, l'album Fuzzybrain paru en septembre 2018 est entièrement concocté par le musicien Sloan Struble alias Dayglow qui l'enregistre seul chez lui, assurant tous les instruments. Autant dire et reconnaitre le mérite et le travail époustouflant de l'artiste, déployant son énergie depuis seulement un an. Même le joli frontispice de l'album est une photo d'une sculpture de Sloan, qui n'ayant jamais tenter cet art auparavant, se lance dans l'entreprise pour s'amuser, inspiré par le sculpteur londonien Wilfrid Wood. Il obtient un résultat assez original, joli et amusant qui colle à la perfection à l'esprit de son album Fuzzybrain.



Les capacités techniques sont ici mises à l'oeuvre grâce à l'oreille innée et absolue de l'auteur-compositeur qui ne manque pas non plus d'idée, d'inspiration, du sens de la composition et des arrangements pour écrire de très belles chansons. Sloan Struble réunit à lui seul tout ce dont rêvent les musiciens exécutants : la capacité de création pour un résultat lucide, désopilant et effroyablement efficace.

L'envie de danser saisit dès que l'excellent Fuzzybrain attaque les premières notes de False Direction et son sarcasme délicieux sur les idées préconçues, l'aveuglement des prétentieux, sujets dressés par le dynamisme des guitares, des synthétiseurs athlétiques et nerveux. Les mots 'go around, go around, go around' ouvrent le bal avec des envolées mélodiques qui illico montrent le niveau étoffé et accrocheur. Cette sensation ne cesse pas quand Can I Call You Tonight? arrive aux oreilles. Le titre passe en boucle sur les ondes de radio décrochant un beau succès. Et même si désormais pour tout média américain, série tv, film, musique et pub, le téléphone est devenu vital, greffé à la notion du bonheur, 'give me a phone call', 'here's my number', 'call me', 'where's my fucking phone', objet quasi indissociable de la culture, j'avoue qu'ici, une fois n'est pas coutume, la recette fonctionne sans m'agacer.



L'énergie du mouvement poursuit et séduit avec Hot Rod qui là aussi joue du thème des choix, de la vérité parfois violente, du regret sur une répétition de notes musclées, une alliance guitare-clavier pop brillante. Le superbe Run The World!!! est toujours aussi rythmé de touches de claviers galopantes, de boucles de guitares qui plaquent les oreilles au casque. Puis suit le sublime Fair Game où Struble s'amuse à faire zigzaguer son chant, à alterner la mélodie, à surprendre en dégainant une palette de sonorités variées, dansantes et décapantes. Dear Friend est le moment de douceur du disque sur le thème de l'amitié qui rappelle la majesté des arpèges de Old Friends de Paul Simon ou encore le Dear Friend de Paul McCartney. La musicalité et les harmonies sucrées et finement modelées en ascension de Fuzzybrain se marient aux mots poétiques, aux effets de voix un peu lo-fi, un peu crooners, et à l'air percutant avant le tempo groovy de Junior Varsity, qui fluctue et évolue en mélodie orchestrale pop pleine de cordes et de cuivres pour finir en feu d'artifice. Dayglow offre un Fuzzybrain rempli de ritournelles magnifiques, meilleures à chaque écoute, qui sonnent spontanées tout en étant sophistiquées, prélude d'une belle aventure pop.
Dayglow



mardi 12 mars 2019

Jo Schornikow

Jo Schornikow, Joanne, est une musicienne australienne, qui écrit et compose à la guitare et au clavier, sa formation initiale étant organiste d'église et pianiste de jazz. Originaire de Melbourne, elle vit désormais aux Etats-Unis avec son compagnon musicien, Matthew Houck de Phosphorescent avec qui joue Jo lors des tournées du groupe. Ils ont deux enfants nés en 2014 et 2015. L'artiste apparait comme signature de musiques de films en 2009 pour la bande originale de Alexander The Last et en 2011, elle écrit et compose la musique du film New Skin du réalisateur français Vladimir de Fontenay.



Joanne quitte Melbourne en 2001 pour aller faire ses armes à New-York où au côté de Keith Zarriello, elle intègre le projet naissant The Shivers. Ils signent plusieurs disques et joueront ensemble jusqu'en 2011. En 2012 Jo Schornikow fait paraitre son premier album solo, le grandiose First Time, Long Time. Parallèlement, elle joue piano et clavier sur scène en accompagnant d'autres artistes comme Hugh Jackman, Bobby Rydell, Lana Del Rey, M Ward, The National, Kelli Scarr, l'écossais King Creosote avec qui, en 2013, elle enregistre sous le nom de Jokes l'EP With Punchlines. Puis suite à une tournée avec Phosphorescent, projet du multi-instrumentiste américain Matthew Houck, Jo et Matthew ne se quitteront plus, devenant rapidement parents. En 2018, Phosphorescent signe l'album au nom français évocateur, C'est la vie.



Riche d'expériences, musicienne et compositrice de talent, inspirée et prolifique, Jo revient en alliant toutes ses facettes et surtout la dernière, la maternité, avec le somptueux album Secret Weapon, qui sortira le 29 mars 2019 chez Keeled Scales label. Les mélodies, son chant subtil, intime et émouvant, l'ambiance pop ambiant et shoegaze, jouée aux synthétiseurs et guitare électro-acoustique m'ont beaucoup émue dès la première écoute. Il y a dans ses textes de l'amour, du partage et de la transmission, beaucoup de féminité avec sa force et ses peurs, de la quiétude et du danger, de la joie, de l'espoir et du mystère. Musicalement, les titres sont simplement beaux. L'album resplendit entier de grâce, de maturité et de musicalité. “Like everyone, I've experienced loneliness, rejection, loss, joy, insane confidence and love,” dit Jo. “Listening to it now, the album sounds like a conversation amongst my various selves.”



Secret Weapon pose ses jalons avec la douceur monumentale de Alright. La voix parfaite et sensible de Jo n'attend pas avant d'entonner une ode à l'amour planante, colorée d'astres, de lumière sur l'orgue atmosphérique magique. When You Come Around arrangé d'un chant intime, d'une guitare en écho tisse un air d'une minute qui précède le somptueux Incomplete, rond d'une délicatesse électronique et soul pour évoquer le temps qui passe, le temps en suspend, le regard adopté sur soi et sur l'autre après une rupture. Le titre enchaine joliment sur Only One. Là, les cordes de guitares se font moelleuses et le chant caressant nous plonge dans un bain de soleil accentué par les notes de claviers atmosphériques.



Puis Martingale arrive sur la pointe des pieds pour un moment de croyance, d'espérance, au style vintage et métaphorique qui me touche. En l'absence de batterie ou autre rythmique, les cordes y sont généreuses, comme le chant, enveloppant et bouleversant. Les images poétiques sont variées, le vent, la lumière, vivifiants sont couchés sur les partitions avec les ombres et les fantômes qui ramènent au passé enfumé et silencieux, comme sur Ghosts. Les guitares boisées y jouent des harmonies amples, très attachantes sur la voix toujours tremblante et troublante de Jo. Elle dit au sujet de sa chanson: "is about people who move from being important presences to little ghosts who live in memories and the past". 
Will you Miss Me telle une brise légère souffle une mélodie de quatre saisons, au coin du feu-folk et à la lisière du bois-twee. La subtilité y est romantique, pas loin d'insuffler une ambiance de troubadour, sentimentale et à l'écoute du clair et envoûtant Home, on ne peut que fondre. Interspecies boucle l'écoute avec les orgues et les voix en chorale donnant un profil autant épidermique que spirituel au titre. L'allure et le mouvement en surface nostalgiques deviennent au fil de l'écoute enthousiasmants, lissés à Secret Weapon, armé d'émotions et de pureté, qui montre la fragilité de la vie et in fine, toute sa valeur.
JoSchornikow



lundi 11 mars 2019

Peaness

"Trio féminin basé à Chester en Angleterre, Peaness apparait en 2014 avec un premier EP nommé No Fun signé en août 2015 donnant l'effet inverse: la ferme impression que les filles s'amusent. Elles jouent divinement bien guitares, basse et batterie, sans prétention dans les textes qui prônent la naiveté et la simplicité propres à la twee-pop. " (PiggledyPop 2016) La bassiste Jessica Branney, la guitariste Carleia Balbenta, toutes les deux chanteuses, et la batteuse Rachel Williams signent l'année 2016 le single Oh George qui est suivi de Same Place en 2017 et du EP de cinq titres Are you sure. Tous les disques, cds, vinyles et cassettes partent comme des petits pains, sont 'sold out' en quelques jours comme les badges et les tee-shirts. Les Peaness ont une vague de fans et le phénomène s'accentue, légitime et mérité à la sortie de Are You Sure. Le disque s'ouvre sur le titre Oh George, solide en mélodie, énergique dans les harmonies de voix et pop à souhait. Les paroles évoquent une rupture avec un certain George, gogo dépravé, déliée sur des volées de cordes musclées et scintillantes, une basse et une batterie bien ciblées pour un tempo dans le mille.



L'ambiance dansante et  iodée enchaine sur la guitare électrique élancée et la batterie vigoureuse de l'excellent Seafoam Islands. La mélodie groovy et accrocheuse alterne entre les couplets funky et un refrain plus rock.  Les musiciennes réussissent à modeler un titre pop magnifique. Les voix en chorale ou en solo cristallin, sont toujours dosées, puissamment vitaminées où elles se trouvent. La batterie produit elle aussi une force aux titres comme sur Same Place qui illico donne le tempo, acharné et volontaire, aligné au sens des paroles. La tonalité des accords solides et ajustés montre une belle maturité et un charisme certain quant à la maitrise des instruments allant élégamment avec les mots candides, créant cette alliance indie-pop faussement naïve que les amateurs du genre apprécient tant. Skin Surfing continue à enflammer la rythmique, dynamitant des riffs sur la batterie qui mitraille équilibrée et impressionnante, et ses voix soutenues, incisives créent un morceau habile et fulgurant. Clairement british, le son de Ugly Veg nuancé entre la pertinence funky de la basse et les guitares rock, entraine dans une spirale dansante pour évoquer le thème de l'écologie avec anticipation et fermeté. Les Peaness offrent toujours une bouffée d'authenticité qui enchante, des mélodies animées, heureuses et des mots couchés parfois énervés et mordants mais tellement bien affûtés que leur énergie exécutée sur Are You Sure? fait merveille. J'ai grande hâte d'écouter la suite de leurs compositions qui seront à n'en point douter, brillantes.
Peaness
PeanessPiggledyPop2016