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lundi 15 juillet 2019

I Saved Latin - Tribute to Wes Anderson


Le réalisateur américain Wes Anderson nous fait planer sur un nuage pop à chaque fois que sort un de ses films. Comme son dernier de 2018 Isle of Dogs, les fameux The Darjeeling Limited, The Grand Budapest Hotel, Moonrise Kingdom, La Vie aquatique, La Famille Tenenbaum, Fantastic Mr Fox (FantasticMrFoxPiggledyPop2010) ou encore ses court-métrages comme Hôtel Chevalier tourné à Paris. Ses origines suédoise et norvégienne sont présentes dans son attrait pour la brit-pop au style et aux racines bien ancrés dans le vieux continent. L'artiste est sacrément amateur de pop et fleurit ses long-métrages d'un esthétisme peaufiné, élégant, visuel et sonore. L'âme de la pop underground nourrit ses images, ses acteurs et la compilation I Saved Latin de 2014, intemporelle, se doit d'apparaitre sur Piggledy Pop dont l'esprit est ex aequo.
Dans la jolie collection de films, le prochain évoque l'aventure de journalistes américains correspondants à Paris The French Dispatch tourné cette année à Angoulême, prévu dans les salles  en 2020.






La compilation I saved Latin compte 26 reprises dont les originaux garnissent la filmographie de Wes Anderson depuis 1996. Elle ouvre les rideaux, légère, sur un premier disque avec le groupe du Missouri Someone Still Loves You Boris Yeltsin et son Margaret Yang's Theme. Il est suivi de Saint Motel, groupe de Los Angeles qui joue le titre de 1966 A Quick One While He’s Away écrit par Pete Townshend. La promenade continue avec le délicieux These Days de Jackson Browne repris par Matt Pond, le génial Let Her Dance de Robert Fuller honoré par les new-yorkais Freelance Whales et Tomo Nakayama s'offre le I Am Waiting titre des Rolling Stones. Arrive le vibrant William Fitzsimmons qui revisite The Wind de Cat Stevens, le talent émouvant de Juliana Hatfield qui s'approprie Needle In the Hay d'Elliott Smith suivi des excellents Generationals et Making Time des Creations. L'envoûtante et amoureuse The Way I Feel Inside des Zombies est interprétée avec brio par Phox avant l'excellent This Time Tomorrow des Kinks assaisonné par les Telekinesis pour enchainer dans la famille Davies avec Dave, et le titre Strangers remodelé par Escondido.



Le second disque est tout aussi fleuri de sonorités indie-pop, rock et sunshine ouvrant le bal avec le sensuel Alone Again Or de Love revu soigneusement par Sara Lov avant le rock enveloppé des violons des Solvents qui revisitent Nothing In This World Can Stop Me Worrin' Bout That Girl des Kinks et la fraicheur du duo féminin Tea Cozies pour une reconversion de Here Comes My Baby signé de Cat Stevens. Puis Kristin Hersh assure de son talent l'interprétation de Fly, titre de Nick Drake, moment de délicatesse poursuivi par Margot & the Nuclear So and So's chantant Ziggy Stardust de David Bowie. Les Elk City sont de retour pour la reprise du titre des Rolling Stones Play with Fire avant le fabuleux Stephanie Says de Lou Reed joué et chanté par Tele Novella.



Le régal continue avec l'âme de John Lennon et son Oh Yoko remis au goût du jour par The Ghost In You. Dans le sillage de notes magiques, Trespassers William offre sa voix de velours pour cristaliser le Fairest of the Seasons originellement écrit par Jackson Browne et Greg Copeland. Puis les guitares rock reviennent via Tomten qui reprend la chanson 30 Century Man de Scott Engel alias Scott Walker. Je conseille au passage le film documentaire sur Scott Walker qui porte le nom de la chanson, filmé par David Bowie et sorti en 2006. Le rock'n roll fait des envolées sur la reprise de Mike Watt & The Secondmen et le musclé Street Fighting Man des Rolling Stones. Puis Santah interprète Five Years de David Bowie (quand on parle du loup), pour inviter Françoise Hardy et Le Temps De L'Amour revu par Marianne Dissard et d'enchainer avec les airs sixties des Tele Novella qui agrémentent Let Her Dance de Bobby Fuller et Joy Zipper, le Ooh La La des Faces. Cette relecture indie est réussie et cohérente, une panoplie séduisante de mélodies qui attise l'envie de revoir les films du grand Anderson.
ISavedLatin



Lachlan Denton

L'auteur-compositeur Lachlan Denton et son frère Zachary Denton déménagent de Wagga Wagga à Melbourne en 2012 et intègrent le groupe d'indie-pop The Ocean Party. Celui-ci gagne un succès fulgurant et signe huit albums détonants jusqu'en 2018 quand Zachary meurt subitement d'un avc à l'âge de 24 ans. Le jeune artiste, batteur, chanteur, également ingénieur et arrangeur, qui forme le projet Ciggie Witch en 2014, parallèlement à Ocean Party, laisse un grand vide. Cette année, le groupe sort l'album The Oddfellows’ Hall qui contient deux titres signés par Zachary décrits comme "two of Zac’s most beautiful songs to date in Home and Rain On Tin". 
Son frère Lachlan lui écrit et dédicace l'album A Brother qui sort aujourd'hui 15 juillet 2019.

Zachary/ Chant, Composition


Ecrit et composé dans les mois après la disparition de Zachary, le disque contient l'émotion vive éprouvée par la famille, la difficulté à poursuivre parmi les autres qui ne connaissent pas cette épreuve. Les neuf titres rendent hommage à la complicité entre frères, explorent et décrivent la peine, l'absence. Les mélodies sont si belles qu'elles ravivent la blessure de ceux chez qui la cicatrice est gravée et toucheront aussi les autres, inévitablement. Lachlan, accompagné par les musiciens amis de Ocean Party ne s'étend pas, ses chansons dignes et élégantes, ne tendent pas à s'apitoyer. A brother est un partage, dessine le 'nous' endeuillé sur des partitions poignantes et dépeint gracieusement la chère intimité de la fratrie, de la famille. Autour de Lachlan Denton, à la composition, chant, guitare et batterie, il y a les talentueux amis Liam Halliwell à la basse, Ambrin Hasnain au clavier, Anila Hasnain à la basse, Rose Kean et Dainis Lacey aux guitares.

Calf ouvre sur la guitare electro-acoustique délicate et la notion de naissance 'i don't remember the day you were born but it changed my life all the same', offrant un morceau cristallin et noble où la voix de Lachlan fait résonner la présence de Zachary jusqu'au magnifique This Christmas, ballade qui décrit sur le tempo de la batterie et de la basse ce moment de l'année, la tradition familiale où la mémoire des êtres chers est ranimée.



Puis c'est l'appréhension du futur sans l'être aimé A brother . Lachlan implore 'you got to carry me' tout en rappelant que lui aussi digne, porte le sang de son frère et se doit de tenir. Do It All Again est sur l'accordéon et la guitare une déclaration dans laquelle Lachlan dit l'avoir aimé chaque jour et qu'il ne changerait rien des rires et des joyeux moments partagés. La batterie menée par Lachlan qui prend les baguettes de son frère battent comme un coeur sur l'excellent et entrainant The Time We Had, marquant l'exercice difficile d'écrire et chanter seul quand cette passion est vécue à deux depuis l'enfance : "The time we had is worth more than anything, Far greater than its length, And for that it’s you I thank". La voix de Lachlan nous apostrophe sur Watching My Back qui évoque le conciliabule de la création musicale à quatre mains, au tempo plein d'espoir quant au regard bienveillant de Zachary, où qu'il soit. La clarté des harmonies subjugue sur Last Year, titre cristallin avec deux pistes de guitares en parallèle qui zigzaguent et se rejoignent comme une escorte perpétuelle. Take It As It Comes joue un air sublime au clavier orné du timbre de voix intime qui égraine les étapes du chagrin et établit avec sagesse l'acceptation de cet état. Sachant la tragédie entrée dans son quotidien, Taking Care et son rythme sautillant rassure et annonce qu'il prendra soin de la famille. Lachlan termine avec Spat Out, chanson écrite par son frère sous l'alias Hobby Farm, éminemment émouvant quand Lachlan chante les mots 'please don't cry, i'll be your eye, you know i love you' écrits et composés par Zachary pour son disque solo Braeside paru en 2015.



A Brother est un hommage magnifique, Lachlan signe un album exploit entièrement dédié à son frère, ce qui à ma connaissance n'existe d'aucune autre manière dans les productions indie-pop. La difficulté est d'autant plus honorable qu'en plus de l'amour sanguin, de la complicité fraternelle, la passion de la musique liait les deux garçons dans l'absolu. A Brother de Lachlan Denton & Studio Magic est rempli de mélodies somptueuses, d'harmonies affectives qui font vivre l'âme de Zachary non pas dans la douleur mais de manière lumineuse. Il tourne une page en continuant courageusement. Amenuisant le bruit du choc, de la fatalité, comme un souffle de tendresse permanente, une douce mesure du temps, A brother est un album d'amour fraternel vibrant. Merci à Gonzalo du fabuleux label Bobo Integral pour son travail précieux qui fait rayonner A Brother de l'Australie, via l'Espagne jusqu'en France, aidant à passer le syndrome de Stendahl à l'écoute de la merveille. 
Je conseille chaleureusement l'album Two Months In Ben Woolley's Room que signe Lachlan Denton en juin 2018, disque que j'écoute en boucle depuis un an.
LachlanDenton



dimanche 14 juillet 2019

Generationals

Edward (Ted) Joyner et Grant Widmer forment le duo Generationals en Louisiane en 2008, signant le premier excellent album Con Law. Il sera suivi en 2011 de Actor-Caster puis en 2013 de Heza et dans l'élan en 2014, Alix. Les quatre sont vraiment épatants. Imbibées de jangle-pop, garage et soul, les mélodies sautillantes et dansantes de Generationals sont tout simplement efficaces, accrocheuses, à l'image de leur débutant single de 2009 When They Fight, They Fight.



Après un hiatus de cinq ans, les Generationals nous offriront le 19 juillet 2019 un somptueux Reader As Detective, encore chaud sorti des matrices. Comme le précédent, l'ambiance synth-pop bat son plein avec des claviers bouillonnants qui inondent la platine d'harmonies eighties. Les mélopées dynamiques évoquent pourtant des thèmes plus graves, intimes, comme le single Breaking Your Silence paru ce mois de juin. Les deux musiciens sont avant tout guitaristes et de géniaux interprètes au panache convaincant. Quand ils reprennent le Making Time des Creations, leur brio s'affiche au faîte de la pop.



Les deux amis qui composent des pépites savamment rythmées depuis leurs premières mélopées signées quand ils ont 15 ans, gagnent en maturité de son, arrangements et en expérience scénique. Aimant les Spoon et les Shins, leur style évolue et varie en fonction des disques gardant une base stable d'harmonies ensoleillées dans les voix et dans les guitares. Comme le fabuleux Breaking your Silence, l'autre single I Turned My Back on the Written Word du 7 juillet dernier met l'eau à la bouche et les oreilles en état de frétillement. Les deux musiciens expérimentent en studio de nouvelles palettes. Le résultat au tempo enfiévré fonctionne et délivre une belle énergie.



Gatekeeper, troisième single qui maintient l'envie irrésistible de danser est griffé, alternatif, ascensionnel en tempo et puissant en groove. Comme à l'accoutumée, les paroles épluchent les sentiments, les paysages, les villes mais cette fois-ci le thème éclot d'une rupture. Les notes voltigent performantes pour former des titres tenaces validant leur talent et fleurissant leur parcours qui les mène sur les routes américaines tout l'été pour des concerts quotidiens. Il faut bien que leur label serve à quelque chose parce qu'en matière de communication presse, il est piteux. Generationals, eux, sont stables en inspiration, persistants en travail exécuté main dans la main avec le brillant producteur Richard Swift. Idéal pour l'été!

Generationals



dimanche 30 juin 2019

Cuverville

Cuverville est un groupe de Toulon, conduit par le maestro de french-pop, Alex Telliez-Moreni, également responsable du label Toolong (jeu de mot là...vu?). Déjà actif au sein de El Botcho depuis 2012, l'auteur-compositeur interprète décide de galoper en solo pour la composition sous le pseudo Cuverville et d'écrire en français. Le résultat est si beau et bon que son album Dans le vent, paru ce 31 mai, est à mes oreilles le meilleur album de pop française 2019.

Ce qui percute au prime abord ce sont les guitares rock'n roll, le tempo pop sixties, l'écriture ensoleillée et maritime, amoureuse, offensive, quoi qu'il en soit percutante. Les mots glissent joliment comme ils attrapent l'attention, tout en sonnant parfaitement pop en osmose avec les mélodies. Ce disque grandiose de huit titres contient du XTC, Smiths, Teenage Fanclub, Beta Band ; Il me plait davantage parce qu'Alex nous emmène dans ses mélopées magiques aux histoires variées avec un bel humour et un français plein de charme.



Low, shiny, noisy, power, l'indie-pop y est saupoudrée de ces différentes mouvances pop avec un dosage malicieux. Les mots souriants, francs du collier, sont aussi pop par leur sens que par la voix du musicien, juste et belle quand elle sautille et surfe sur les lignes de guitares. D'emblée Dans le vent fait danser et vriller comme une toupie nirvanesque sur le tempo dynamique et gaillard, ses choeurs power-pop, ses métaphores dynamiques. Le ton est donné et surtout le mouvement. La vie, l'enfance, la nostalgie est frontale, magistrale, dans Le passé. La mélodie vibrante et virevoltante est menée par la basse, guitares, batterie dans une osmose musclée qui alterne avec le chant royal. Le petit chef d'oeuvre frenchy poursuit avec Le silence que je bois comme du petit lait. Comme je suis gourmande, je le passe en boucle. Rock énervé justement exécuté avec une basse splendide, le message est bien vu, tape dans le mille et forme un régal pop qui exige de monter les décibels. Une page suit sautillante et, avec une classe infinie, évoque le passé pour mieux avancer dans un paysage maritime rafraichissant quand Le combat vient à l'abordage, pour vivement séduire.



Les cordes électriques tournoient éclatantes sur un texte solidement offensif, formant un titre homogène qui sans faille marque et envoûte. Le titre Nuit blanche me séduit illico avec ses guitares saturées pour un grunge sensuel à l'image d'un marin au long cours accroc à sa belle inconnue. Logiquement, Jeux ingrats fait suite sur un tempo enflammé pour une prise de conscience sentimentale fort joliment écrite via un thème de cartes à jouer. Les arrangements comptent une pléiade de guitares rutilantes qui se marient absolument à la voix lumineuse et énergique d'Alex. Je souris à l'écoute du mordant et amusant Les mexicains, où batterie et guitares font rayonner les harmonies pour offrir 5 minutes de bonheur pop. Les dernières notes s'envolent majestueuses et le dernier mot de Dans le vent 'heureux' sied à merveille à l'esprit engageant, convaincant et irrésistible du disque. Au panthéon Piggledy Pop et en ligne droite.
ToolongRecords



samedi 29 juin 2019

Electric Sheep

Electric Sheep est un groupe originaire de Chicago mis en place en 2016 par le duo d'auteur-compositeurs Devin Nolan et Jonathan Extract. Après le premier opus The Exciting Sounds of Electric Sheep, les musiciens de génie viennent de signer en décembre 2018 The River Lethe. Des morceaux comme Oh Boy me font sautiller comme un cabri même par 40° celsius. Les guitares au son magistral accompagnent les mélodies solides et d'une auguste pop. Les arrangements y sont intelligemment pop sixties, bossa, folk tout en gardant le style et l'empreinte rock du groupe. Les deux musiciens se partagent l'écriture et l'interprétation ce qui donne un profil original et irisé au disque. D'une ambiance langoureuse, on saute et bondit dans une autre plus psychédélique pour in fine, offrir un résultat distingué, hautement inspiré et techniquement épatant.



Avec le duo d'auteurs, guitaristes, il y a à la basse Leon Nguyen, resplendissant de charisme et le bouillant tempo maitrisé par Anthony Wojtal à la batterie. Etonnemment, une fois de plus, Electric Sheep fait partie de ces groupes indéniablement brillants qui ne récoltent pas de retour des médias. Comme je ne partage plus les mêmes mauvais goûts du tout-venant 'musical' actuel vantés par la presse rock, évantée, je trouve qu'un profil confidentiel apporte un charme supplémentaire.
La rivière Lethe est présente dans la mythologie grecque comme elle existe en Alaska. Le titre The River Lethe est somptueux, ouvrant ingénieusement sur un paysage lancinant et électrique par ses guitares, ses cymbales et son tambourin. Il y a dans la composition juteuse des allures qui raviront les amateurs des Dandy Warhols ou ceux des irlandais Hal. Heaven continue dans le style langoureux, bossa et hautement mélodique. Chant et guitare se donnent la main pour gambader joyeusement sur les arrangements groovy.



I wash My Hands avec ses cordes de basse tendues augmente le tempo sixties mutin maintenu par des loops et des effets de voix. La cascade de guitares revient sur Fallen Soldier où le tandem donne matière et fait résonner de manière fort gracieuse une belle pop alternative. Starry Eyed In Denver et ses deux voix déplie une mélodie magnifique pour orner le thème intime d'une relation à distance quand le virevoltant I Do relance la cavalerie pop rock psyché, comme Telstar qui suit, sacrément galbé pour se trémousser. L'excellent Sunday Comedown ou le petit-déjeuner ressemble à un diner arrive sur la platine avec une basse, guitare, piano et un chant sensuel pour un moment de répit. Idem avec le délicieux She Don't Get Me High tout aussi voluptueux. Les accords de guitares sur Just a Boy jouent une mélodie touchante pour une confession délicate avant que la batterie ouvre la route aux cordes formidables de Lean In. Quand Georgia Guidestones ferme l'album on songe à Harry Nilsson et aux Beatles tant la qualité de la mélopée est de mise avec son texte d'une poésie infinie pour suggérer une fin d'histoire sentimentale. Le titre et ses cinq minutes luxuriantes est enchanteur comme l'ensemble de The River Lethe que je classe dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
ElectricSheep

Freedom Fry

Freedom Fry est un duo franco-américain qui apparait sur la scène indie-pop avec l'EP au nom évocateur Let The Games Begin, année où la parisienne Marie Seyrat travaille en tant que styliste sur une vidéo du groupe Blondfire mené par l'américain Bruce Driscoll. De cette rencontre suivra un mariage et une belle collaboration artistique. Dans leur propre studio, Cactus Garden, où Driscoll est ingénieur son, mixeur, producteur, il compose et écrit des mélopées au panache pop brillant. Le deuxième single Earthquake paraitra pour la saint-valentin 2012.



Ca roucoule fort chez les Freedom Fry, ça travaille tout aussi ardemment. Les singles et EP s'enchainent dès lors, Outlaws, Summer in the City en 2012, The Wilder Mile, Shaky Ground (Hey Na Na Na) en 2014, 21 en 2015, Awake, Strange Attraction en 2017, Girl On Fire en 2018 suivi de la sortie du premier album Classic en juin. Le couple aime aussi l'exercice des reprises qu'il assure avec talent et inspiration, rendant hommage à The Smashing Pumpkins, Simon & Garfunkel, Nirvana, Strokes, Alanis Morissette, Elton John, Cranberries, Tom Petty.



Classic s'ouvre avec l'âme nostalgique pop sixties agrémentée d'envolée de cordes et de cuivres sur la batterie rayonnante de punch. Arrangée de manière subtile, dansante, les poppeux 'na na na na' des deux tourtereaux sont efficaces. Les mots colorés et ensoleillés de références californiennes proposent une ambiance bikinis et surfers à gogo. Awake et For You suivent avec un tempo vaillant, des paroles fleuries de sentiments amoureux et d'espoir alliées aux cordes vitaminées de guitare et de banjo. La magnifique alliance de leurs voix rappellent à Lee Hazelwood & Nancy Sinatra avec des envolées pop façon Polyphonic Spree. Cold Blooded Heart et Die Trying généreusement enthousiastes continuent la promenade country pop sur des partitions de cordes chaleureuses et des voix en chorale flamboyantes. Tandis que la batterie mène la danse sur Wild Child, les orchestrations de cordes se font élégantes sur Tidal Wave, pour se rencontrer encore plus puissantes sur Past Lives.



Everybody Thinks The Love Is Gone est somptueusement arrangé, offrant des boucles et des virages dans le mixing sur un ensemble de violons virevoltant sur la chorale fournie avant le piano émouvant de Old News, une touche intime dessinant une vieille complicité. Ticking nous emmène en voyage, pour un hiatus dans le temps et pour danser sous les tropiques sur une mélodie idéale pour les vacances. Loin du monoi, Easy Street, avec sa basse et guitare envoûtantes, fait le point sur l''american dreams' pas forcément mirifique pour tout le monde. Freedom Fry propose un Classic superbement ficelé, avec des titres cartes postales comme le duo sait si bien les faire, rythmés et chaloupés, à emporter sur les routes cet été!
FreedomFry





dimanche 23 juin 2019

Kishi Bashi

Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, multi-instrumentiste, est un maestro américain d'origine japonaise qui fait resplendir le genre indie-pop orchestrale. L'artiste a comme instrument de prédilection le violon avec lequel il excelle au sortir de Berklee College of Music, accompagnant sur scène d'autres musiciens comme Of Montreal et Regina Spector . Arrangeur, ingénieur, il écrit, compose pour son premier groupe Jupiter One en 2003 à New-York puis commence l'aventure solo à Athens où il vit en signant son premier galop, l'EP Room for Dreams en 2011, suivi du vinyle 7" Box Set dont les six titres comprennent une reprise des Talking Heads. Dès l'arrivée de l'opus 151a, la reconnaissance et l'admiration sont au rendez-vous. Lighght, le deuxième volet est signé en 2014, puis Sonderlust en 2016. Kishi Bashi, lancé sur sa route, frappe encore plus fort de disque en disque. Depuis ce 31 mai 2019, le troisième album Omoiyari est paru, un bijou pop symphonique absolu, désarmant de qualité.



Outre ses atouts infinis de musicien, Kishi Bashi sait écrire des partitions symphoniques en les arrangeant de manière pop alternative et en les couvrant d'une poésie lyrique sublime. Ce fils d'immigrés japonais a dédié cet album aux 120 000 innocents civils victimes de la barbarie américaine, enfermés dans des camps, entre 1942 et 1946. Un tiers d'entre eux japonais, les deux autres, des natifs américains d'ascendance japonaise. La traduction du mot Omoiyari vient de compassion et signifie empathie. Le message de l'artiste distribué, certainement pas introspectif, se penche sur l'histoire d'autres, signant des mini scenari en guise d'hommages. Chaque titre revient sur les aventures des êtres et des relations humaines de cette époque, dans ce contexte historique. Usant de magnifiques métaphores Kashi ouvre ce disque somptueux avec Penny Rabbit and Summer Bear, évoquant l'amour sur une instrumentation dosée et pourtant fournie, un chant sucré délicat lui aussi, envahissant. A ses côtés, il y a Nick Ogawa au violoncelle et le 1093 String players, offrant des partitions de violons, d'altos, éblouissants sur F Delano. Ce titre rappelle le contraste entre l'image lissée avec sa morale 'droit de l'hommiste' de Franklin Delano Roosevelt qui entretenait en parallèle les camps d'internement pour japonais. Marigolds déploie ses ailes chamber pop pour offrir un feu d'artifice de cordes et des voix magnifiques qui s'adressent à celle qui vient du siècle passé.



Puis le radieux A Song For You, aussi touchant et vibrant, fait répondre le chant et les instruments dans une orchestration fleurie grandiose pour évoquer la mémoire érodée par la séparation. Les guitares s'envolent et Pip the Pansy resplendit à la flûte, électrisant l'atmosphère romantique et folk comme sur Angeline qui souligne le sentiment d'un homme emprisonné loin de sa belle. Ce thème continue sur Summer of '42 qui accueille la section de cuivres et de cordes du Nu Deco Ensemble pour concocter un titre émouvant qui m'hypnotise. Ce titre d'une finesse exigeante délivre des arrangements de rêve pour évoquer ces hommes 'japs' enfermés et enrôlés dans l'armée américaine qui ne pourront jamais rentrer chez eux, ne plus revoir leur femme, leur famille. Kishi Bashi ne lâche pas prise. Son hommage devient intense et perturbant de beauté avec Theme From Jerome (Forgotten Words). La violoncelliste Emily Hope Price le rejoint, ainsi que son épouse Keiko Ishibashi pour assurer la voix japonaise de la mère éloignée et désespérée de ne plus jamais revoir son fils passé au Jerome War Relocation Center en Arkansas (comme les Relocation Center dans le Wyoming, Californie, Arizona, oregon, Hawai et Washington). Et les mélodies foudroyantes de beauté se suivent pleines d'émotion. Greg Hankins brille à la guitare A Meal for Leaves accompagné de l'ensemble de cordes, de la flûte, des voix divines d'Andrea DeMarcus, Claire Campbell, SJ Ursrey et sur celle de Kishi qui gagne toute mon admiration sur Violin Tsunami. Le musicien est éclatant de talent, au violon, au chant, en chef d'orchestre, sur ce titre qui tel un cri d'alerte rappelle à la vigilance contre la tyrannie qui frappe aux portes de l'occident.



La vidéo qui déroule les aquarelles du couple Julia et Mike McCoy va comme un gant au thème. La somptueuse chamber pop compte également Mike Savino du groupe Tall Tall Trees qui assure le banjo et la basse, Dave Kirslis l'orgue, Ryan Oslance la batterie et JoJo Glidewell, piano et Hammond. Tous sont alliés au banjola pour le dernier Annie, Heart Thief of the Sea, enregistré live en studio, montrant l'étendue artistique du musicien. Kishi Bashi, élégant, ne critique, ni ne se fend de morale ici mais peint simplement l'histoire, sans faiblir dans l'élégiaque en offrant un grand Omoiyari, keepsake pop symphonique efficace et respectueux des faits : Dans le top 5 des disques Piggledy Pop 2019. A venir, le film documentaire qui marie musique et histoire, la gestation du disque, sa création et le salut de ces milliers de japonais incarcérés aux USA pendant la seconde guerre mondiale effaçant leur identité et remplaçant leur culture. Le troubadour Kaoru Ishibashi nous invite à la piqûre de rappel avec le magistral Omoiyari the Songfilm prévu en 2020.
KishiBashi



samedi 15 juin 2019

Butcher The Bar

Depuis hier est paru le sublime album III de Butcher The Bar, groupe de cinq musiciens de Manchester conduit par Joel Nicholson. Le nom du disque apparait de manière simple puisqu'il fait suite aux deux premières productions en solo du musicien, Sleep At Your Own Speed en 2008 et For Each A Future Tethered en 2011. Le hiatus semble long mais III a été écrit entre 2013 et 2015. Ce moment a compté de multiples concerts en Europe intégrant les musiciens qui forment aujourd'hui la troupe officielle. Joel, auteur-compositeur, à la guitare, chant et piano, est désormais entouré de Peet Earnshaw à l'orgue, Matt Grayson à la guitare, Andrew Cheetham à la batterie et Gavin Clarke à la basse.



J'ai la chance de savourer cet pépite pop depuis des mois grâce aux amis de Bobo Integral, label espagnol au goût réjouissant et efficace, qui le signe. Je ne m'en lasse pas. Le disque est garni de mélodies qui me font frétiller les oreilles. Les instrumentations sont ficelées sur des textes et un chant qui rappelle l'excellence des saxons pour honorer ce genre musical. Ce gigantesque III s'ouvre sur Lying qui ne tend pas du tout à faire carpette. Il monte en température et fait jeter les tapis par la fenêtre pour lustrer le parquet en dancefloor. Trompette, guitares, batterie se passent le relais sur 5 minutes délicieusement pop avant le tempo langoureux de la balade Haunts où le piano, l'harmonica et la basse voguent harmonieusement et sereinement.



Pour accompagner ce saut dans le passé, le clap-hands ne freine en rien l'envie de danser qui repart même de plus belle sur Clarky avec ses lignes de guitares gaillardes, ses choeurs beatlesiens, son clavier gracieusement groovy. Andrew fait un travail magique en jonglant avec ses baguettes et mène un tempo virevoltant et scindé comme sur le romantique Rosa et sa guitare electro-acoustique monumentale. Les harmonies alternent avec idée, les titres variés et de qualité s'alignent sans aucune anicroche. Les arpèges zigzaguent goulûment et forment un univers pop que je rapprocherais de celui des Badly Drawn Boy, Shins, Jon Brion et The Beta Band.



The Elevator offre un ensemble de cordes pour lier une instrumentation des plus élégantes, sans cesse en mouvement pour une élévation réussie. Suit l'émerveillement des voix en chorale de Agree, petit bijou britpop qui oscille entre la patience, la sensualité et l'explosion de rythmes, l'invasion d'une armée d'accords de guitares, comme sur Toulouse, la France à l'honneur. Furieusement fourni de tempo et de tambourins, la mélopée enveloppe déjà quand la magnifique tornade de violons sur Wire ferre la séduction. Sans s'épuiser, la pop folk et indie poursuit sa cavalcade brillante avec Crime qui s'immisce tant en tête que la culpabilité fait du bien. La guitare électrique s'en donne à coeur-joie pour couronner le morceau qui poursuit sans blanc sur le nommé ... Les cuivres scintillent, les guitares mènent un interlude lancinant et lumineux avant de recharger les batteries et mitrailler l'air bondissant sur le texte mordant de Go, avec ses caisses victorieuses et son orgue vigoureux. Cordes et cuivres concluent si bien l'album en fanfare que l'effet brelan gagnant donne envie de réécouter le disque illico. Les talentueux Butcher The Bar filent directement dans le panthéon de Piggledy Pop tant III est une tuerie pop, impressionnante et chavirante.
ButcherTheBarIII


Woods

Woods est l'alias du multi-instrumentiste et auteur-compositeur écossais Johnny McFadzean. Son premier EP The Start de 2015 est d'une beauté infinie. Les titres pop folk atmosphériques sont typés et stylés, habités d'une âme symphonique et ornés de la voix somptueuse de l'artiste. Ces deux éléments sont le sceau de Johnny qui est reconnu dès son plus jeune âge comme chanteur lyrique au sein d'un choeur qui parcourt la planète pendant 10 ans et se produit sur d'illustres scènes comme le Sydney Opera House ou sur la BBC broadcast. Décrit alors comme un chanteur prodigieux, le jeune homme qui quitte son Ecosse pour vivre sa passion du chant classique revient récemment mêler ses atouts, ses connaissances, au bénéfice de son écriture et de ses créations. Il compose des harmonies solaires qui voyagent entre la délicatesse folk et sa voix puissante, élastique, sur des arrangements contemporains électroniques. L'atmosphère des titres Curly, The Start, The Raer et Lost Your Crown est pleine de pop, de soul et de mots émouvants inspirés par la nature, Ecosse oblige, mais aussi par l'écrivain Ralph Waldo Emerson dont la philosophie, à la croisée du romantisme et du puritanisme, est un repère crucial dans la musique et le quotidien de Johnny. 'Trust thyself: every heart vibrates to that iron string...In the woods is perpetual youth'.



The Start de Woods est vite remarqué et les radios britanniques s'en régalent. Les concerts s'alignent, à Edimbourg (vidéo), Londres, puis Woods réintègre les studios pour peaufiner le disque Night Silk Threads paru ce 17 mai 2019. Le formidable label Lost in the Manor travaille à sa destinée avec brio. Mes oreilles sont absorbées par le tempo alternatif, les claviers sincères, le timbre de voix pleine d'arrondis qui s'envole autour du micro pour se poser avec charme sur les arpèges de guitare. L'impression d'évasion saisit dès l'ouverture de Stand Down, invitation à la réflexion sur des arrangements envoûtants avant les rythmiques boisées et musclées de Greater Than The Parts. Le titre explore les possibles et le pouvoir de diriger son destin en dégommant les cyniques et serpents qui tentent de s'approcher. Le tempo intime, mélodieux et élégant illumine les harmonies hypnotiques. Le chant s'élance en slalomant magistral et magique, maintenant la tension et l'attention comme sur Night Silk Threads avec des reliefs éblouissants dans le rythme et les voix superposées, en écho. Quand le clavier sautillant de Starstruck déroule une myriade de voix sensuelles c'est pour nous guider sur l'instrumental Beat A Retreat Woods s'amuse à modeler des sons pop psychédéliques et electro, décomplexés et épiques. Woods continue l'aventure et l'exploration de sonorités folk et électroniques avec une facilité et une aisance qui promettent une suite surprenante et des concerts magnifiques à noter : Londres en juin et Inverness en juillet, à la maison.
Woods




lundi 10 juin 2019

Arnold Turboust

J'aime notre auteur-compositeur normand sur qui j'écris ici il y a 11 ans : "Arnold Turboust est le petit prince de la pop en France. C'est en grande partie grâce à lui si les popeux frenchy peuvent garder la tête haute. Françoise Sagan a dit de lui "en plus de sa diversité musicale, il y a chez Arnold Turboust cette exigence indulgente qui ne s'exerce ni aux dépens des autres, ni aux dépens de la vie et qui est une des formes d'humour les plus rares et les plus séduisantes". Sagan, en plus d'avoir une excellente oreille a vu juste. Quand Turboust arrive dans les années 80 avec le titre Adelaide au bras de Zabou, le pays entier dodeline du chef.



Des coups de maître comme celui-ci, l'éternel jeune homme au spoiler flamboyant en a à foison. On lui doit beaucoup, des titres de Daho et pas des moindres: La Notte, Tombé pour la France, Pop Satori, Epaule tatoo, Vies martiennes, l'album Eden, des groupes: Marquis de Sade, Private Jokes au côté de Daho, des productions pour Brigitte Fontaine, Vartan, Cédric Atlan, Jacno, et l'artiste travaille aussi pour des télévisions. Il chante sur l'album de la comedie musicale Emily Jolie en duo avec Daho en 1998. Toujours avec sa finesse, son humour et son talent, il sort en 1988 son 1er album, Let's Go à Goa, en 1996 le très beau Mes amis et moi avec son ami Bally et Bertrand Burgalat aux manettes et en avril 2007, Toute sortie est définitive. L'album là encore est une réussite, drôlissime, on saute du coq à l'âne, de La Pompadour à Hillary Clinton sans tabou ni prohibition. Un délice de maniement de cigare !"



Après Toute sortie est définitive, il nous offre en 2010 le génial album Démodé. L'album avale illico l'attention par ses mélodies pop somptueuses, ses paroles toujours aussi chargées de charme, d'histoires touchantes et de chant chaleureux. Le grain de voix émouvant se colle parfaitement aux titres amusants ou romantiques, dans les mots comme dans les orchestrations french-pop à souhait. Comme son single de 2009, reprise de la chanson de Serge Gainsbourg Les mots inutiles le montre, tous les termes choisis par Arnold sonnent et résonnent, ne sont certainement pas le fruit du hasard. Il joue avec les mots comme un jongleur, agile et inspiré et modèle les touches de son piano tel un sculpteur amusé.



En 2016, le magicien pop signe Estrada. Là encore, le disque est sublime. Les titres sont brillants, tous aussi savoureux, sucrés et salés. Le prix de mon silence, pépite envoûtante, ouvre le disque, drapée de 'duel' et de 'vengeance', de notes qui vont et viennent avec des silences sur les touches du clavier. Le talent de Monsieur Turboust envahit les oreilles dès que sa voix caressante lance les piques pop. Le rythme martelé au piano, même langoureux, fait danser. Le chanteur apporte du tempo dans ses mots soyeux et poétiques. En rêve poursuit sur la pointe des pieds avec l'atmosphère antinomique des voix et du silence avant que le rythme, de nuit comme de jour, prenne son envol avec la basse majestueuse de Ma danseuse. L'envie de buller en sautant comme un cabri ne cesse à l'écoute de Bubble Gum où les guitares élèvent la mélodie panachée de claviers.



La voix grandiose d'Arnold vient faire des loopings dans Sous blister qui prête à l'accompagner en chantant des 'padapadapada', réanimant le passé comme sur En King Size qui nous embarque pour une escapade énergique et pressée. Le noble clair-obscure de Le soleil et la lune rendant hommage à Charles Trenet et Albert Lasry précède l'amoureux Souffler n'est pas jouer, chanson magique par ses mots, sa voix, ses arrangements et sa douce beauté. Les touches de piano sur Que la fête commence scintillent et reconduisent délicatement, par la main, à un endroit et une époque regrettés. Tout est flou invite à suivre une piste lumineuse sur les notes gracieuses et les voix cristallines en écho jusqu'à Invisibles où l'incognito dévoilé du thème inquiétant et triste déroule une mélodie magnifique. La sucrée Effemine au style jazzy, est couronnée de l'esprit de Boris Vian ou de Michèle Arnaud. Ma septième vie énumère une rencontre prévue et écrite, avec une fille des Andelys, pas encore gommée des grimoires ni de la mémoire de l'artiste qui signe une mélopée si belle. Code SPG marque la fin du disque sur un tempo electro-pop qui va comme un gant métallique au thème sous-tendu et sous-entendu. Estrada d'Arnold Turboust est classé hors du panthéon Piggledy Pop, parce que simplement sur mon chevet tant je l'écoute. Au même titre que Jean-Louis-Murat, Bertrand Burgalat, Arnold Turboust fait partie des auteurs compositeurs français contemporains extraordinaires, certainement légendaires. Cette année 2019, le musicien offre le somptueux Trois questions pas plus qui accueille la présence au remix de Julien Barthe alias Plaisir de France. Derechef, la grande classe! ArnoldTurboust