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vendredi 3 juillet 2020

Mike Vass

"Mike Vass est un artiste écossais dont ses terres des Highlands peuvent être fières. Auteur, compositeur, arrangeur, producteur, enseignant la musique, il joue enfant du violon, puis de la guitare et du piano. Il se produit sur scène très tôt avec sa soeur jumelle Ali et remarqués illico, ils remportent le prix du meilleur espoir décerné par le Scots Trad Music Awards. En 2008, c'est l'envolée du multi-instrumentiste. Son opus, String Theory, au nom évocateur, paraît en 2010. Il est suivi du travail à quatre mains avec Ali Vass de Waiting to Fly en 2011 où ils rendent un hommage vibrant à leur ville natale Nairn aux confins des Highlands. 2012 le musicien signe DecemberWell et son titre Doors, époustouflant, écrit pour un quintet de cordes et ensemble de cornemuses, inspiré de l'oeuvre d'Aldous Huxley." MikeVassPiggledyPop2019



In the wake of Neil Gunn paraît en 2014 et déclenche une vague de récompenses par ses pairs. Les compositions renversantes de l'album retracent les écrits du romancier Neil Gunn, figure de proue du mouvement littéraire de la Renaissance Écossaise. (...) Le maestro écossais enregistrera le fabuleux Notes from the boat en 2018, album où il invite une pléiade de compatriotes au chant ou parler. Ce bijou mélodieux trace le sillon à Save His Calm, album de cette année 2019 pour lequel Mike Vass non seulement, compose, joue et écrit des chansons impressionnantes de beauté mais aussi pour la première fois assure le chant.



Enregistré et mixé en mai 2020 quand nous étions emprisonnés entre nos murs, l'ep magnifique Man Alone With Himself est peaufiné et sort ce début juin 2020. Mike Vass, toujours aussi passionné, nous concocte des titres majestueux et imprégnés de sa personnalité. L'artiste fait vibrer sur In the Stream où son violon, son archet, son dynamisme lyrique nous offrent un bol d'air et un titre rythmé. Gorgé de notes alternatives, on danse et virevolte sur Shadow in the Flame construit tel une cathédrale mélodique, avec inspiration, finesse et intelligence. Suit le piano somptueux de Solitary People, ses cordes de violon émouvantes, de guitare délicate, qui nous ont nourri, diverti et réconforté quant au besoin de lucidité pendant l'enfermement de certaines populations.



Le parfum d’antan d’une blancheur médiévale de The Day's Length délivre des ondes musicales d'un autre monde, d'un autre temps, plus spirituel et élégant comme si Mike portait un relai, une flamme artistique, pleins de mémoire et de valeurs. L'orchestration pastorale mêle son savoir classique et celui, aiguisé, de technicien. l'Écossais, généreux, nous a offert des heures de concerts en direct sur les supports médiatiques pendant le temps insensé de réclusion ce printemps 2020 et poursuit les cadeaux avec Man Alone With Himself sur bandcamp pour lequel on peut donner une somme dérisoire et contribuer à sa musique. Il est nécessaire de faire vivre la musique ces temps ci car elle est bridée et en souffrance avec festivals, concerts, opéras, choeurs, toute forme musicale en souffrance et menacée de disparition. Merci d'aider Mike Vass, à mes yeux un des plus grands musiciens de notre époque, qui, comprenant l'urgence à protéger son art, laisse le prix libre. Ce geste compte.
MikeVass

mardi 30 juin 2020

Ezrat

Ezrat
, projet de l'auteur-compositeur américain Ezra Tenenbaum, fait paraître ce 1er mai 2020 un album magnifique nommé Carousel qui comme son nom l'indique est un manège virevoltant de chansons que le musicien avait dans sa besace depuis des années, ici sorties pour un enregistrement des murs du Brooklyn's Figure 8 Studios. Ezra peaufine ces titres, leur offre une seconde vie avec son ami batteur Michael Stasiak, travaillant en studio et pour le reste des arrangements, à la maison. L'artiste n'en est pas à son premier galop. Professionnel il est actif sur la scène indie pop depuis une décennie sous l'alias de groupe EZTV dont je parle sur Piggledy en 2017 :



"2010, l'auteur-compositeur new-yorkais Ezra Tenenbaum enregistre ses chansons en solo sur un 8 pistes dans sa chambre d'étudiant avec sa guitare ou son piano avec l'immédiate envie de les jouer en concert. Il convertit son compagnon de faculté Shane O’Connell qui joue de la basse et Michael Stasiak de la batterie. Michael joue dans Widowspeak et Shane dans Saint Rich, signé chez Merge Records. Tous les trois ont des influences de qualité telles que Magnetic Fields, Beatles, Feelies, Nic Hessler, Big Star, Teenage Fanclub. Ensorcelés par la power pop psyché, EZTV rêvent d'assurer la première partie de Jonathan Richman. Le premier album Calling Out parait en 2015 avec trois chansons de leurs débuts et 9 récentes écrites en 2014." EZTVPiggledyPop2017




Tandis qu'Ezra signe High In Place en 2016 avec son groupe, le troubadour new-yorkais assure tournées et festivals tout en écrivant et composant sur ses temps de pause. Carousel contient toute la personnalité artistique de son auteur, mêlant les sujets de la musique, de l'amour et des ruptures sentimentales. L'album fait aussi resplendir un esprit de camaraderie, Ezra embarquant avec lui pour collaborer à l'enregistrement Kyle Forester (Woods, Crystal Stilts), John Andrews (Hand Habits, Cut Worms) et Michael Hesslein (Mail the Horse). Le disque s'ouvre sur le somptueux Distortions, jangle et power pop, avec son esprit qui remonte élégamment la pendule. Les saisons, le soleil, emplissent les thèmes comme la musique et les déceptions amicales ou amoureuses sur Lost Sounds. Les arrangements ornent délicatement la mélodie pop de Picture Taker où brillent guitare, basse, batterie qui trottinent sur le synthétiseur bucolique. Les particules nostalgiques de Turn The Time remémorent les Left Banke avec les partitions profilées pop psychédélique sixties, comme Yellow Flowers, bourgeonnante de rythmes dansants. Tambourin et orgue donnent du mouvement à Heavenly Highway où les guitares électriques nous invitent au voyage quand la batterie bondissante et panachée de Visions donne envie de sautiller sur le tempo épique.



Endless Holiday dessine une atmosphère langoureuse et cotonneuse avec l'écho dans le chant avant que la ritournelle solidement pop Daylight Star relance les lignes de guitares rock. Le rythme offert par la batterie, alternatif est rutilant sur Leap Year accompagne les métaphores étincelantes pour égrener le temps. La lumière de Moonlit Miles et ses cordes tendues qui cavalent sur les effets de voix saturés fait danser avant Messages, excellent titre garni de l'âme pop new-yorkaise moderne et classique à la fois, efficace en son, tempo, mixing et bien sûr en composition et interprétation. Ezrat à la voix vibrante griffe un Carousel merveilleux et plein de notes pop flamboyantes que je classe dans les meilleurs albums 2020.
Ezrat




lundi 29 juin 2020

The Last Details

Picoré inlassablement depuis septembre 2019, l'ep de quatre titres Places signé de The Last Details est une véritable perle pop addictive et somptueuse. Elle contient tous les atouts pour séduire : mélodies, arrangements, rythmes absorbants, voix sublimes. L'orchestration construite avec préciosité montre le talent solide des deux auteurs-compositeurs de renom associés pour former The Last Details : Erin Moran (A Girl Called Eddy) et Mehdi Zannad (Fugu).



Cet élégant Places fait suite à l'album de 2018 nommé The Last Details constitué de 13 titres magistraux que je conseille et classe dans les pépites Piggledy Pop intemporelles. Erin Moran, musicienne et chanteuse du New Jersey offre son don pour composer des partitions pop baroque folk et jazzy depuis 2004, notamment sous son alias A Girl Called Eddy. Medhi Zannad, pierre brute dans le milieu de la french pop, fer de lance qui actuellement trône au sommet de son art est un auteur compositeur français, producteur, actif depuis 2000 signant sous le nom Fugu. Medhi a plusieurs cordes à son arc dont celle de musique de films.



"Medhi se fait connaître dès 2000 avec son opus Fugu 1 ... En 2005, Fugu sort son deuxième disque As Found, pépite power-pop des plus délicieuses. Pour l’enregistrement de l’album, Mehdi s’allie à Tahiti 80"..."2007, Fugu qui se dessine un chemin certain dans le milieu indé et désormais devenu une référence en matière de power-pop change son fusil d’épaule en s’alliant à Serge Bozon et signant la BO de son film La France." FuguPiggledyPop2013 MedhiZannadPiggledyPop2016



Places, Killing Time, Trash Core et Fairweather Friend tiennent de l'excellence, brillants et variés. Le piano, guitare, basse et rythmiques sont mariés pour délivrer avec finesse les partitions déjà établies avec grâce. Le chant d'Erin et de Medhi est cristallin, pastoral. Les arrangements délicats glissent sur les mots nostalgiques et romantiques pour un tout homogène et une ambiance réussie. Le régal est au rendez-vous avec The Last Details dans le haut du classement Piggledy Pop et sur mon chevet. TheLastDetails

vendredi 26 juin 2020

Harley Young

"Harley Young originaire de Brisbane apparaît en 2011 avec le single Brother. Ce troubadour ne reste ni les deux pieds dans le même sabot, ni les mains dans les poches. Il part en 2012 au Canada où il reste un bon moment, travaillant à de nouvelles chansons et rencontrant les Haymakers avec qui il forme le Harley Young & Haymakers. A Montréal, il fait paraître une série de cassettes, une belle collection de mélopées aussi dorées musicalement que du sirop d'érable pop. Ensemble ils sillonnent les routes canadiennes et américaines jusqu'en 2014 quand ils repartent pour une grande tournée australienne. Ils entrent en studio à Brisbane pour enregistrer le fantastique album Flinders Parade, sorti en février 2015."
HarleyYoungPiggledyPop2015



Depuis, le maestro pop ne cesse de signer des chansons comme le single Snowflakes and Interest Rates pour Noël 2016, l'Ep Phone Home en 2017 et les deux titres Counting Song et Barina Jean en 2018 qui annoncent l'arrivée du disque Little Songs For Big People de 2019. Harley Young séduit par son inspiration et sa continuité, ses mélopées fournies de personnages savoureux et attachants. On suit les aventures de Bob Lord, Tina, James, Kate tout en dansant au Green Light Disco ou sous la lune, en chantant des 'papapa' pop pétaradants sur un tempo aussi enthousiaste que rock'n Roll comme sur Counting Song.



Le génie de Harley est de saupoudrer ses titres de lyrisme, d'humour et d'humilité agrémentés de son âme de globe-trotter. Ce Phileas Fogg pop australien pose ses bagages en France en 2015, après son séjour au Canada. De Paris, il part s'installer à Londres en 2017. Son voyage coloré de rencontres et de musique se glisse dans les mélopées, cartes postales indie-pop croquantes qui font boomerang jusqu'à Melbourne en 2019 où Harley vit depuis. Le suivre est un régal, ses chansons fleuries sont fraîches, optimistes, arrosées d'une bonne humeur authentique à retrouver sur sillons ou sur scène absolument.
HarleyYoung

lundi 22 juin 2020

Cécile Adam Art

Les bijoux Cécile Adam Art gage de finesse et du mariage de la sophistication et de la simplicité, s'effeuillent et se découvrent lumineux et colorés. A l'aube de la création de sa marque, la jeune femme invente et réinvente des pièces uniques, sur mesure. Orfèvre avant-gardiste par ses gravures en guise de base sous la transparence de la pierre, elle est animée par son goût de la beauté d'antan, par un savoir-faire artisanal et une volonté de rendre chaque pièce unique avec un emballage personnalisé. Ses premières créations faites à la maison pour le plaisir et par curiosité, heureux hasard, ont récolté un tel engouement et tant de sollicitations que l'expérimentation s'est transformée en nombre de commandes importantes et créations variées, majestueuses, moissonnant les demandes. 

Nées presque accidentellement, ses petites oeuvres d'art spontanées ont gagné un profil particulier et singulier, que l'on ne retrouve nul part ailleurs. Elles portent leur style et c'est ce que j'aime énormément dans ce monde de l'art et de la mode uniformisé où tout est cloné et déraciné. Quand on voit un de ses bijoux, reconnaissable par tous, on peut s'exclamer au premier coup d'oeil " c'est un Cécile Adam! "



Depuis toujours, Cécile dessine et passe son enfance sur un coin de table avec des pinceaux et des aquarelles. Ayant délaissé son don quelques années pour suivre la route plus conforme des études, diplômée des sciences humaines et de psychologie sociale, son écoute et sa patience nécessaire à ses travaux universitaires se retrouvent dans ses bijoux généreux. Son diplôme de psychologie en poche, elle prend des cours aux Beaux-Arts de Paris et dans les ateliers de l'école Duperré. Puis elle travaille comme graphiste dans l'édition, l'industrie, tout en exposant quelques aquarelles dans des salons parisiens et tâtonnant d'autres matières plus brutes comme la gravure sur bois et la linogravure.




Ce beau don la rattrape l'hiver 2019. C'est par la linogravure, travaillant des imprimés et motifs, dans le cadre d'une collaboration au design et visuel d'un label de musique parisien que Cécile souhaite donner vie à ses essais et aquarelles. Elle a l'idée de les utiliser dans des cabochons et en faire des boucles d'oreilles montées sur support en argent. Elles récoltent un tel succès que des bagues et des broches suivent.
Son don artistique prend son envol et dévoile même un talent inné supplémentaire, celui de la création du bijou qui plaît et séduit illico les femmes.



Du cristal de roche, en passant par le quartz rose et l’améthyste, ses cabochons qui superposent ses gravures offrent à ses dessins des reflets irisés, surprenants en fonction de la lumière, d'un ravissement et d'une élégance uniques.



" A ce moment-là je me suis rendue compte que les motifs et les pierres pouvaient créer des harmonies, de couleurs et de formes." La gamme de bijoux depuis grandit, belle et audacieuse, avec ou sans gravure. Il y a des choix de pierres, de gemmes de couleurs magnifiques montés sur des apprêts en argent, retravaillés et sculptés avec une préciosité et une élégance impressionnantes. Des Gaulois au Moyen-Age, de la couronne de Charlemagne à Saint-Eloi, des joyaux de la cour de Versailles admirés jusqu'en Russie aux camées de Marie-Antoinette et améthystes pour l'impératrice Eugénie signés Mellerio, l'orfèvrerie est un grand et dynastique art français.



La créatrice Cécile Adam avec ses dons entre dans l'histoire de la bijouterie française avec ses petits trésors qui n'attendent que d'être portés. Faisant venir les pierres d'Italie, d'Inde, ses papiers en coton fabriqués à la main d'Espagne pour les supports gravures, la préciosité de ses pièces se situe également dans les pigmentations peaufinées avec la technique du moyen-âge, comme pour le choix du lapis-lazuli. 




Matières nobles et tonalités ravissantes mariées aux motifs de flore stylés sur des ornements argentés délicats créent une symbiose qui est la griffe de la joaillerie Cécile Adam. Ayant rêvé petite de devenir vitrailliste ou enlumineur, Cécile fait voyager dans l'espace et dans le temps avec sa collection, qui, cerise sertie sur le gâteau, se vend à des prix très raisonnables, offrant de la beauté au Commun et à la portée de tous. A tous points de vue, sublime!
CecileAdamArt
CecileAdamArt2





mercredi 17 juin 2020

Elrichman

Elrichman
est un as de la pop stylée Roxy Music qui cingle ses mélodies en leur offrant une dose musicale inspirée de Jonathan Richman, The Goon Sax, The Go-Betweens et Orange Juice. Multi-instrumentiste, menant les groupes Germaphobes, Goosebump, Gay et jouant dans Ducks Unlimited, Paul Elrichman, basé à Toronto, est une sorte de savant fou de la pop. Drôle, poète pudique utilise l'humour décalé pour dévoiler son univers. Son originalité est transposée dans ses compositions alternatives, surprenantes, non conformes aux schémas couplets-refrains, mais pleines d'atouts indie-pop sophistiqués séduisants. L'artiste signe de son nom l'album fabuleux de cinq titres Clarity en 2012. Galbé de cuivres, de guitares, d'ambiances précieuses jazzy et d'histoires contées avec un humour propre à l'auteur-compositeur, il est suivi par le brillant Young, Healthy, and Wonderful en 2014.



Ce mois de septembre 2020 prochain paraîtra son somptueux Heaven's Mayor chez l'efficace et amical label de Madrid, Bobo Integral . Arrangé avec soins et inspiration, le disque est habillé d'instruments à cordes, de cuivres, et toujours de cet esprit piquant et sarcastique délicieux qui photographie notre siècle en perte de repères, raccroché fébrilement aux branches en faisant tout et son contraire. Par exemple, la fabuleuse Cop On A Horse qui ouvre le disque avec panache et lyrisme, évoque la police montée au Canada qui utilise le cheval de façon ridiculement anachronique pour circuler dans les voies cyclables le téléphone mobile à la main. L'ironie scintille, les harmonies voltigent sur la voix de Elrichman qui fait des pirouettes de maestro. Les notes bondissantes font danser sur I Mostly Consume, deuxième single en écoute. Ecorchant la société de consommation actuelle avec drôlerie et légèreté, le musicien offre des mélopées arrangées d'orchestrations de cordes sur des harmonies pop rythmées et typées années 80 concoctées avec sa personnalité et son identité resplendissante. La sortie de Heaven's Mayor est à noter sur les agendas !
Elrichman

mardi 16 juin 2020

Louise Thiolon

Son premier album qui est une auto-productions, N'obéir qu'à la terre, m'accompagne depuis un an. Je le picore et y reviens souvent, le découvrant sous de nouveaux angles à chaque écoute. Louise Thiolon l'a brodé d'une multitudes d'instruments et d'harmonies, mêlant des parfums classiques et pop. L'artiste parisienne au piano, guitare, percussions, charango, écriture, composition et chant s'entoure de Lisa Cat-Berro au saxophone, Delphine Troton à la clarinette, Lehna Sam au violon, Jasmine Collet à l'alto, Guillaume Latil au violoncelle, Jules Duchet à la trompette, Lucas Spiler au trombone, Manu Domergue au mellophone et cor d'harmonie, Pierre Legay à la contrebasse et basse, Bar Zalel aux guitares acoustique et électrique, Meivelyan Jacquot à la batterie.



Louise qui apprend le piano enfant puis la guitare baigne dans une ambiance musicale à la maison. Elle joue sur scène dans un groupe depuis 2010, puis en solo, signe l'EP Louise Thiolon en 2017 qui fait apparaître son goût du rythme, des mélodies, des mots colorés et fleuris. Ses mélodies douces et souriantes serpentent entre une nostalgie comme une peinture d'impressionnisme et un rêve de lendemains radieux. L'album N'obéir qu'à la terre est un réel bijou plein de notes, de lyrisme et de légèreté. L'univers de la musicienne est poétique, nourri de la nature, du temps, des sentiments et d'une cascade d'orchestrations toujours dosées et délicates offrant des embardées jazz par moments.



L'élément primordial à l'élégance et à la musicalité qui émanent du disque est la voix de Louise qui ouvre les festivités dès l'opus Les Couleurs du ciel. Son chant touche infiniment sur Hurle-moi ton nom, au tempo alternatif, sautillant sur les partitions de cordes et de cuivres. La notion du temps y est dessinée avec charme et celle du mouvement avec finesse. La rythmique entêtante de Réveille-toi aussi jongle avec les gammes et les métaphores magnifiques avant qu'entre le piano somptueux de Seulement orné d'une poésie pudique et émouvante.



Souris moi délivre un tempo chaloupé ensoleillé et dansant, qui met un air cuivré samba en avant ainsi qu'un chant lexical plein de parcelles du corps, d'émotions et de danse, reflétant l'ambiance générale du disque. L'air rétro délicieux de Folle à lier avance sur la pointe des pieds pour inviter l'esprit à divaguer dans un décor bucolique d'antan. L'horloge continue de nous entraîner dans le temps avec La Mouche et sa rythmique chaleureuse qui mène jusqu'au petit matin dans Paris. Le charango, le claquement de mains, la contrebasse de Pour que tout s'enlace forment une instrumentation lumineuse pour fermer le volet N'obéir qu'à la terre à la tenue classe et efficace. Louise Thiolon avec sa personnalité artistique singulière et attachante offre un bien bel objet qui me rend impatiente pour la suite et qui bien sûr entre dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
LouiseThiolon

mardi 9 juin 2020

Theatre Royal

Theatre Royal
, originaire du Kent, différentes villes, différents châteaux, fait briller sa pop depuis 2009 avec à son actif quatre splendides albums From Rubble Rises en 2010, At The End Of A River, The Sea en 2012, We Don't Know Where We Are en 2014 et le dernier en date ...and then It fell out of my head de 2017, agrémentés de plusieurs EP et singles. Les quatre musiciens Oliver Burgess et Robbie Wilkinson qui se partagent la composition, le chant et les guitares, Brendan Esmonde à la basse et Jon Gibbs à la batterie jouent une pop vive et dévorante dans la manière de l'interpréter au chant et dans l'instrumentation fièrement nourrie de britpop.



Les influences vont du Velvet Underground, Beatles, The Pale Fountains, Blur à New Order et le quatuor retranscrit avec sa veine cette jolie sève artistique. La musique irradie d'harmonies, avec une belle immédiateté et spontanéité. Porteur de l'âme indiepop et armé de courage pour enregistrer la plupart du temps en direct par manque de budget, le résultat sonne frais et naturel, pas alambiqué ni prétentieux. Les titres en gagnent une belle énergie et une valeur certaine. Theatre Royal, constant, a en bonus, une pléiade de mélodies efficaces dans son escarcelle."



Au mois de Novembre dernier, les anglais ont signé l'EP de quatre titres, Incidental Friend pour lequel j'ai repris ma plume tant il est époustouflant. Avec cette impression de facilité déconcertante de se renouveler, de composer de nouveaux bonbons pop sans tourner comme des toupies et en rebondissant sans cesse, ils reviennent ce 15 mai 2020 avec le somptueux single TV Blind . Appliqué à divertir et séduire tout en faisant resplendir sa joie de jouer sa musique, Theatre Royal signe derechef une mélodie solide, des arrangements efficaces qui présagent d'un sacré bon album nommé Portraits à venir ainsi que des concerts ! A vos casques et à vos agendas ! TheatreRoyal

dimanche 7 juin 2020

Randolph's Leap

Piggledy Pop 2012
: "Ce jeune groupe détonnant qui sévit depuis octobre 2009 avec l’ep Seaside. (...) Les ep que présentent les Randolph’s Leap débordent de musicalité. Les ménestrels empruntent leur nom de groupe à une région d' Ecosse garnie de pinèdes, de cascades, de falaises où cohabitent de façon joviale écureuils et mouettes. L’ambiance et le décor sont plantés. L’univers artistique de Randolph’s Leap est pastoral, champêtre et bucolique. Le ep Crisps paraît en novembre 2009; L’ep Squeamish, dansant, fourni d’une flûte virvoltée sort en janvier 2010, avant la reprise Everybody Got d’Ivor Cutler, écrivain et poète écossais qui tient le rôle du chauffeur du car dans le Magical Mystery Tour des Beatles, sortie en juillet 2010 et qui sera suivie par l’ep Special en août 2010. Enfin en novembre 2010, le bijou de cinq titres Battleships & Kettle Chips voit le jour. En mai 2011, dans la veine des Lucksmiths, swinguant de trompettes et de guitares, de claviers audacieux et psyché, sort le magnifique ep au titre de bon aloi pour des écossais, Counting Sheep. Février 2012, Randolph’s Leap qui compte huit personnes en son sein, Adam Ross au chant et guitare, Gareth Robert Perrie aux claviers, Ali Hendry à la trompette, Iain Taylor à la batterie, Andrew MacLellan au violoncelle, Vicki Cole à la basse, Heather Thikey à la flûte et Fraser Gibson au trombone signe un génial The Curse of the Haunted Headphones comprenant 15 morceaux des plus délicieux et qui présagent du meilleur."
RandolphsLeapPiggledyPop2012



En 2013, paraît le mini-album Real Anymore suivi du grandiose album de vingt et un titres The Isle of Love, évoquant le retour d'Adam à la nature, dans les hautes terres écossaises. Départ de la ville ou retour aux sources, c'est selon, mais le résultat est un bol d'air frais, ode au paysage qui a forgé l'artiste, aux racines qui l'inspirent. Adam ne se laisse pas distancer par des barrières ce mois de mars 2020 et persiste dans son art, signe le brillant (You Can't Put The) Brakes On Love. Le troubadour est prolifique, généreux et travailleur, offre en bonus, des chansons enregistrées dans son home studio (puisque le home était contraint autant le muter en studio) et pour notre plus grand plaisir, signe en bonus ce mois de mai 2020 dix titres revisités, Howling At The Sun, avec une nouveauté fantastique. Cette nouveauté, Hautausmaa, est une pépite langoureuse de cinq minutes miraculeuses. La ballade évoque un voyage dans le grand Nord, tout en douceur, comme un duvet de flocons de neige, avec des loups, des paysages féeriques, et des arrangements ficelés de cordes de guitares feutrées et électriques, ascensionnelles et vibrantes.



(You Can't Put The) Brakes On Love démarre sur les chapeaux de roues avec le dansant Snow Upon A Blue Sky, voltigeant, savamment rythmé et alternant entre l'énergie des mots et les orchestrations indie pop sublimes. Bien sûr, Adam resplendit au chant, impressionnant de panache. La même volonté lumineuse qui donne envie de dodeliner frénétiquement du chef poursuit sur Be Useful plein d'idées cossues et de notes cousues de lyrisme rock. Le titre habillé d'humilité dans les mots est paré d'une orchestration divine. Suit le fourni d'incisives Clown vs Genius avec sa forme indie savoureuse avant le magistral titre phare, bondissant de notes sixties revigorantes, mon coup de coeur 2020 (You Can't Put The) Brakes On Love.



Self-Isolation montre par sa structure, son tempo d'envergure et sa flamboyance que l'isolement est bénéfique et fructueux. Du même bois, Socially Distant, instrumental élégant nous emmène vers Gimmick, sculpté délicatement à la guitare acoustique pour décrire le profil inhumain d'Internet et sa sociabilité de surface. Petrichor, son piano romantique, son tempo balançant et aérien, annonce un au-revoir joliment donné dans la neige et sous le soleil. L'envie de danser est saisissante avec les notes joviales de Sustainable qui fait prendre un bel envol à la mélodie. Le dernier titre, nommé avec humour Distantly Social, est un instrumental gorgé d'âme écossaise et de sonorités pop psychédéliques gonflées de vitalité et d'harmonies fleuries. Adam Ross, devenu nécessaire à ma discographie, impérial à la composition, l'instrumentation et au chant signe un (You Can't Put The) Brakes On Love que je classe dans le top10 des productions 2020.
RandolphsLeap

dimanche 31 mai 2020

Gary Olson

En 1995, quand Gary signe son premier disque Marlborough Farms, nom de son propre studio dans la banlieue verdoyante de New-York, rien ne prédisait la carrière impressionnante du musicien américain. Aujourd'hui, ses fans sont nombreux, les groupes se battent aux portes de son studio de producteur pour bénéficier de son savoir, et l'auteur-compositeur de Brooklyn se fraie un chemin dans l'histoire du rock, à la manière de ses pairs Bowie, Lou Reed, Kevin Ayers. Son groupe Ladybug Transistor compte ses complices Julia Rydholm, violoniste et bassiste, et Kyle Forester, ce dernier guitariste et clavier, membre des Crystal Stilts depuis 2003. Kyle est sur Piggledy Pop pour son nouveau travail en solo :
KyleForesterPiggledyPop2020

Gary transmet et influence, aime s'entourer en pédagogue pop d'autres talents comme Jeff Baron du groupe Essex Green et sa soeur Jennifer Baron de Saturnine pour signer Beverley Atonale en 1997. 
Interview de Jennifer :
JenniferBaronInterviewPiggledyPop2013
Interview de Gary :
GaryOlsonInterviewPiggledyPop2009



La troupe new-yorkaise The Ladybug Transistor en 1999 brille à la conception de The Albemarle Sound. Suivront les albums Argyle Heir en 2001, Ladybug Transistor en 2003, l'album The Unfairground de Kevin Ayers de 2006 produit par Gary sur lequel on retrouve tous les musiciens de Ladybug Transistor, Can't Wait Another Day de 2007 pour lequel se joint à la joyeuse clique Ben Crum du groupe Great Lakes puis sort le fantastique Clutching Stems en 2011.



Comme je le souligne en 2018 : " Avec son style délicat et sophistiqué, en fournissant les morceaux de clarinette, de trompette, tambourin, flûte, claviers et guitares électriques, le multi-instrumentiste Gary Olson se place dans la lignée des grands compositeurs de chamber pop. L'américain ne cesse de travailler, produisant une pléiade de groupes, de projets, de la Suède, à l'Australie en passant par les USA et l'Allemagne, très demandé mais disponible, il concocte enfin des chansons de sa griffe, aussi belles et impressionnantes. Après presque vingt ans de carrière, jamais il ne paraît blasé. Au contraire, avec un appétit vorace pour la composition, il ajoute de nouvelles cordes à son arc délivrant deux joyaux pop ce 22 novembre 2018 en collaboration avec Ole Johannes Åleskjær et son frère Jørn Åleskjær du groupe The Loch Ness Mouse."
GaryOlsonPiggledyPop2018
TheLochnessMousePiggledyPop2019



Grande nouvelle ce 29 mai 2020 ; Gary Olson signe un nouveau bijou pop portant son nom. C'est en travaillant entre son studio de Marlborough Farms et celui en Norvège des frères Åleskjær que Gary enregistre le nouveau disque. L'ouverture Navy Boats nous emmène sur les flots mélodiques qui attisent délicatement la curiosité. Giovanna Please est une ode à la pop, par son orchestration fleurie et veloutée et par ses mots imagés et gorgés de l'élégance délicate sixties. Violons, guitare, harmonica, basse et rythmiques s'allient pour former une orchestration scintillante avant la dansante et absorbante Some Advice qui nous ramène à un délicieux mois de décembre sur une cavalcade d'arrangements alternatifs brillants.
Le voyage maritime se fait subtil sur la guitare ensoleillée et la mémoire ravivée par un retour aux sources sur Postcard From Lisbon. L'aventure continue avec All Points North en glissant l'index sur la mappe monde, traçant une ligne qui croise une autre à un point précis où convergent les rythmiques, les cuivres et le grain de voix symphonique du maestro pop.



Tandis que le duveteux et pluvieux instrumental Initials DC est aparté dans les saisons et les lieux, le virevoltant et pétillant Afternoon into Evening relance le tempo à rendre folles les aiguilles de la boussole et celles de l'horloge. On replie bagages avec le magnifique Diego it's Time; Avec une orchestration stylée seventies à la barre, on passe les eaux et les heures pour partir vers de nouveaux horizons. La trompette royale de A Dreams for a Memory galope enthousiaste sur ce titre majestueux qui contient toute la personnalité artistique du musicien. La nostalgie et la poésie y sont enthousiastes sur les envolées de notes pop aériennes et magiques. Les lignes, les parallèles, les tracés sur la carte de Tourists Taking Photographs dessinent une distance et un éloignement vains, qui même en tentant d'effacer les traces du passé, quelques soient les pôles, laissent les mêmes questionnements intimes. La rythmique chaleureuse de la guitare et du violoncelle sur le chant émouvant saisissent et enchantent quand le disque nous ramène à New-York avec The old Twin. J'évoque le titre touchant dans une chronique ultérieure "couronnée de vivacité, zigzague, forgée dans une veine indie-pop endiablée et donne envie de chanter les 'tadadata' poppeux à l'unisson sur les guitares scintillantes et sautillantes des deux frères norvégiens. Des quatre coins cardinaux de la ville, le métro roule jusqu'au cornet de la trompette, rappelant joyeusement celui des Pale Fountains". Gary Olson offre toujours des émotions, réussissant sans faiblir à surprendre par la qualité de son oeuvre, à charmer par son inventivité, griffant des mélopées qui suspendent le temps, les lieux, gravées dans l'Histoire de la musique indie et rangé au top des disques de chevet Piggledy Pop. Immuablement.
GaryOlson